• Affaire de mœurs

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    [À Jacques Grugeaud qui m'a inspiré ce texte unique, et qui, par humilité, a refusé de le cosigner]

    Le cadavre d’Hector se raidit peu à peu

    Sorti de ma torpeur je réalise enfin

    Moi si frêle et si doux je n’en crois pas mes yeux

    Me voilà devenu meurtrier d’un vaurien

     

    Il y a quinze jours par la grille d’entrée

    Il a fait irruption brusquement dans ma vie

    Arrogant et viril insolent de beauté

    Ce frisson dans mon dos je l’ai compris depuis

     

    Protecteur et galant Hector s’est installé

    Il n'a saisi en moi que l'aspect féminin

    Mon allure équivoque a sans doute allumé

    Son instinct séducteur mais je n’y suis pour rien

     

    Et soudain ce matin sa toilette achevée

    Sans la moindre pudeur lascif on ne peut plus

    Il s’est jeté sur moi avec lubricité

    Aveuglé par la peur je me suis débattu

     

    Je pense avoir frappé à la tête et au cœur

    Animé par la rage et par l’indignation

    Légitime défense qui fait de moi l’auteur

    D’un crime passionnel sans préméditation

     

    Notre maître est absent et je crains son retour

    Il va me condamner mais c’est sa faute aussi

    Peut-on mettre en présence enfermés nuit et jour

    Deux mâles vigoureux au comble de l’ennui

     

    J’aurais dû c’est certain négliger mon plumage

    Me hisser par le bec au bord de la mangeoire

    Affûter mes ergots aux barreaux de la cage

    Mais je chante si bien du haut de mon perchoir

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks

  • Commentaires

    1
    Jeudi 15 Mars à 23:09

    Merci à jacques Grugeaud, mon ami disparu trop tôt, qui m'avait persuadé de faire de sa nouvelle une chanson.

    Je n'oublierai jamais tes invitations à dîner à l'improviste, simplement parce que tu avais envie de me voir et de me régaler de tes talents culinaires, de tes recettes exotiques, exquises, issues de tes nombreux voyages, mais dont l'Unesco, ton employeur, est,  sans le vouloir, la responsable de ta disparition prématurée.

    Je ne t'oublierai qu'au moment de mourir.

    2
    Vendredi 16 Mars à 19:00
    J'aime enormemce texte mon Marceau. J'ignore pour qu'elle raison, je ne peux l'écouter. Dommage!cette belle histoire méritait d'être entendue. Mille baisers tendres et doux.
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :