• (Auteur : Marceau Piana / Compositeurs : Marceau Piana et Jacqueline Vanhoorde)

    Une larme sous les yeux

    Les mains autour de son cou

    Elle chante et dans ses yeux

    Je vais plonger tout à coup

     

    Mais que dira-t-elle ensuite

    Lorsqu'elle s'arrêtera

    Je lui ferai prendre fuite

    Non je ne plongerai pas

     

    Le soleil dans ses cheveux

    Dénoués par le grand vent

    Elle dort et dans ses cheveux

    Je vais m'étendre un moment

     

    Mais que dira-t-elle ensuite

    Lorsqu'elle s'éveillera

    Je lui ferai prendre fuite

    Non je ne m'étendrai pas

     

    Quelques fleurs sur ses genoux

    De ces frêles fleurs des champs

    Elle rêve et sur ses genoux

    Je vais m'asseoir un instant

     

    Mais que dira-t-elle ensuite

    Lorsqu'elle m'apercevra

    Je lui ferai prendre fuite

    Non je ne m'assiérai pas

     

    Si elle ne me disait rien

    Et si j'écoutais mon cœur

    Si elle s'en trouvait bien

    Elle aurait raison d'ailleurs

     

    Alors tant pis si je plonge

    Si je m'étends et m'assois

    C'est facile quand j'y songe

    Mais... personne n'y croira 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeurs : Marceau Piana et Michel Pierozzi)

    Dans le froid de sa chambre il songe

    Devant sa feuille de papier

    La peur du lendemain le ronge

    Il ne peut plus s'en libérer

    Malgré la faim et les blessures

    Il ne regrette rien vraiment

    Voilà des années que ça dure

    Il ne sait pas faire autrement

    L'apprenti chanteur

     

    On le regarde quand il passe

    Il est la star de son quartier

    Pourtant tous ses amis se lassent

    De le voir ainsi végéter

    Dans cet équilibre incommode

    Il accumule des chansons

    Qui de jour en jour se démodent

    Au fil de son inspiration

    D'apprenti chanteur

     

    Depuis le temps qu'on le refuse

    Il a perdu quelques cheveux

    Il sent que sa jeunesse s'use

    Qu'attend-il donc pour être heureux

    Il ne recherche plus la gloire

    N'a pas la notion de l'argent

    Mais il voudrait encore y croire

    Et vivre un peu de son talent

    L'apprenti chanteur 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeurs : Marceau Piana et Michel Pierozzi)

    Lorsque j'étais enfant curieux de toute chose

    Quand j'ai réalisé qu'elle n'était qu'à moi

    Je l'ai domestiquée car loin d'être morose

    Elle avait des élans si fantasques parfois

     

    Bien qu'elle fût rebelle et peu volumineuse

    J'appris à m'en servir dès l'âge de raison

    Au hasard de mes choix j'avais la main heureuse

    Elle atteignait son but avec pénétration

     

    Si un jour elle était paresseuse ou paillarde

    Moi pour ne pas céder à la médiocrité

    Je la tenais au frais je la mettais en garde

    Contre les flagorneurs et la vénalité

     

    Maintes fois j'ai eu mal de l'arborer si raide

    Pour la troquer j'aurais trouvé mille alibis

    Pourtant je répugnais à recourir à l'aide

    D'une habile prothèse ou de la chirurgie

     

    Aujourd'hui je n'ai pas grand sujet de m'en plaindre

    Beaucoup l'ont effleurée tendrement de leurs doigts

    Par pudeur je n'irais certes pas jusqu'à peindre

    Son profil identique à tant d'autres ma foi

     

    Puis viendra le moment sénile et pitoyable

    Du ramollissement qu'on ne contourne pas

    Mais j'espère qu'alors d'un geste charitable

    Avant que je la perde on me la coupera

     

    Ne regardez pas ma braguette

    C'est de ma tête

    Qu'il s'agit là

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeurs : Marceau Piana et Michel Pierozzi)

    Pélagie de Malissoire

    Vous gouverniez un fortin

    Stratégique observatoire

    Pour vos funestes instincts

    Tels un conquérant ses armes

    Un braconnier ses appeaux

    Vous utilisiez vos charmes

    Pour traquer les jouvenceaux

     

    Je ne vous connais Pélagie

    Que par un portrait imprécis

    À l'instar de vos aventures

    Dans le vieux musée Pélagie

    Vous m'apparaissez si jolie

    Emprisonnée dans votre armure

     

    Pélagie de Malissoire

    Vos gantelets sont frappés

    D'une dague et d'un ciboire

    Sous un rameau d'amandier

    Votre innocence impassible

    Se teinte en vos yeux pourtant

    D'ironie imperceptible

    Sous la patine du temps

     

    Je ne vous connais Pélagie

    Que par un portrait indécis

    Dédaigné par les antiquaires

    Mais je ne vois pas Pélagie

    De femme qui soit aujourd'hui

    Plus fascinante de mystère

     

    Pélagie de Malissoire

    Quand ils vous avaient comblée

    Vos amants bien provisoires

    Étaient tous assassinés

    Par vos soins expiatoires

    Se retrouvaient embaumés

    Dans votre laboratoire

    D'herboriste consommée

     

    Je ne vous connais Pélagie

    Que par un portrait incompris

    Qu'aucun historien ne célèbre

    Mais pour vous aimer Pélagie

    J'aurais volontiers fait partie

    De votre collection funèbre 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeurs : Marceau Piana et Michel Pierozzi) 

    Qui sont tes parents ma mère

    Quelle histoire ont-ils vécue

    Je me souviens que ta mère

    D'Aragon était venue

    Souvent je te la rappelle

    Lorsque mon œil devient noir

    Et qu'alors je bats des ailes

    Comme un sombre oiseau du soir

     

    Qui sont tes parents ma mère

    Je les ai si peu connus

    Tu racontes que ton père

    De Lorraine était issu

    On dit que je lui ressemble

    Quand je m'amuse d'un rien

    Ce curieux menton qui tremble

    C'est de lui que je le tiens

     

    J'aurais pu naître nancéien

    Être nancéien

    Mais voilà ce n'est pas de chance

    Pas de chance

    Je suis un peu saragossin

    Un véritable enfant de France

     

    Qui sont tes parents mon père

    De quel amour es-tu né

    De l'Auvergne de ta mère

    Quel penchant m'as-tu légué

    Tu m'as donné son courage

    Et puis sa ténacité

    Mais à l'instant du partage

    Tu t'es sans doute lésé

     

    Qui sont tes parents mon père

    Tu m'en as si peu parlé

    Je sais pourtant que ton père

    Du Piémont s'est exilé

    Il était l'intelligence

    La probité incarnées

    Ça m'inquiète quand j'y pense

    De quoi donc ai-je hérité

     

    J'aurais pu naître clermontois

    Être clermontois

    Mais voilà ce n'est pas de chance

    Pas de chance

    J'ai un quart de sang turinois

    Bref !

     

    Je suis un pur enfant de France

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  • (Auteur-compositeur : Marceau Piana)

     

    Je marche pieds nus et nu-tête

    Étincelle éméchée

    M'embrase comme une allumette

    Aux flammes de l'été

     

    Le vent tournoie dans la poussière

    Le soleil est si bas

    Que les ossements et les pierres

    Éclatent sous mes pas

     

    Il fait déjà très chaud

     

    Sur les rochers des formes sombres

    Dans le ciel un vautour

    Infidèle et fourbe mon ombre

    Fait soudain demi-tour

     

    La touffeur brûle mon visage

    M'effondre et me foudroie

    Mes illusions se font mirage

    Et se moquent de moi

     

    Pourquoi fait-il si chaud

     

    Parvenu au bout de ma route

    Le temps s'arrête là

    Désormais je n'ai plus de doute

    Ailleurs n'existe pas

     

    Moi qui cherchais de l'herbe verte

    Un étang bleu de nuit

    Je ne vois qu'une porte ouverte

    Sur le vide infini

     

    Il fait vraiment trop chaud

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeurs : Marceau Piana et Michel Pierozzi)

     

    Je rêve dans ton lit

    Mais les yeux grands ouverts j'écoute le silence

    Sur l'oreiller meurtri

    J'effleure de ma joue ta suave fragrance

    C'est si doux

    C'est si bon

    C'est si fou

    J'épelle ton prénom

    J'appelle ton prénom

     

    Je marche sur ton lit

    En méandres confus j'emprunte ton sillage

    Mes doigts suivent les plis

    Qu'ont laissés sur le drap ton corps et ton visage

    Plus charmant

    Plus parfait

    Plus aimant

    Qu'il ne le fut jamais

    Qu'il ne sera jamais

     

    Je parle dans ton lit

    Mais c'est avec ta voix que je dis ma douleur

    Je murmure des cris

    J'imite ton plaisir et je ris de mes pleurs

    Tout tremblant

    Tout fiévreux

    Tout brûlant

    Je me vois dans tes yeux

    Je te noie dans mes yeux

     

    J'habite dans ton lit

    Il flotte autour de moi un air d'invraisemblance

    Ni le temps ni la vie

    Ne rendent plus léger le néant de l'absence

    Il fait gris

    Il fait froid

    Il fait nuit

    Le jour ne viendra pas

    Je m'endors attends-moi 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeurs : Marceau Piana et Michel Pierozzi)

     

    La pyramide de Chéops est toujours là

    Depuis longtemps elle trône dans le salon

    Je me souviens du jour où tu me l'apportas

    Gage d'amour à la mesure de ta passion

     

    Je possédais déjà le temple d'Artémis

    Quand on me livra par coursier babylonien

    Accompagné d'un mot signé Sémiramis

    Le mode d'emploi pour suspendre ses jardins

     

    Mes anniversaires

    Me pèsent comme des corvées

    Si tu pouvais les oublier

    Tu cherches à me plaire

    Mais pourquoi ne comprends-tu pas

    Que mon plus beau cadeau c'est toi

     

    Je reçus la statue de Zeus d'ivoire et d'or

    Ce n'est pas pour moi que l'avait sculptée Phidias

    Et pour mes vingt-cinq ans que je déplore encore

    Tu me donnas le mausolée d'Halicarnasse

     

    L'année d'après ce fut le phare d'Alexandrie

    Que tu m'offris dans du papier sulfurisé

    Au pied du colosse de Rodhes où je m'ennuie

    Je ne trouve plus la sortie de mon musée

     

    Mes anniversaires

    Me font regretter d'être né

    Ce n'est pourtant pas compliqué

    Si tu veux me plaire

    Garde ces merveilles pour toi

    Sois la huitième et viens chez moi 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeurs : Marceau Piana et Michel Pierozzi)

     

    Mozabite

    À croupetons dans ta gandoura qui se mite

    Tu médites

    Les murs de ta pauvre chambre d'hôtel s'effritent

    Malgré le papier peint jonché de marguerites

    Sans limite

    Ta solitude a fait de toi un vieil ermite

    Qui se contente des litanies qu'il débite

     

    Mozabite

    Tu t'es perdu dans cette France où tu habites

    Dans ta fuite

    Cramponne-toi toujours à l'espoir qui t'abrite

    Ton oasis en plein désert que tu mérites

    Tu hésites

    Ce que les gens t'ont raconté n'était qu'un mythe

    Tu la voyais tout autrement ta réussite

     

    Mozabite

    Dans ton lit où chaque soir tu te précipites

    Tu t'agites

    Tu fais le tour de tes amours bien insolites

    Brèves étreintes qui ne sont jamais gratuites

    Tu invites

    Cette matrone ou cet éphèbe parasites

    Qui jouent le jeu de la tendresse et qui te quittent

     

    Mozabite

    Ne reste pas dans cet univers hypocrite

    Rentre vite

    Prends ton burnous ta gargoulette de terre cuite

    Songe au gourbi où Yasmina te ressuscite

    Tout de suite

    Avant que ta joie d'exister ne soit détruite

    Ghardaïa c'est plus riant que Maisons-Laffite 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeurs : Marceau Piana et Michel Pierozzi)

     

    Je suis un chien à ce qu'on dit

    Je monte la garde et je chasse

    Bien que fidèle et tendre aussi

    Je sais mordre si l'on m'agace

    Je me souviens d'une autre vie

    Hasard de la métempsycose

    Où lévrier d'Anatolie

    Je rêvais de métamorphose

     

    Né sous le signe des Gémeaux

    Ascendant Bélier de surcroît

    Pour parachever le tableau

    Il ne te manquait plus que ça

     

    Je suis un chien de compagnie

    Mais je n'ai pas trouvé de maître

    Bien que caressant et gentil

    J'inspire la crainte peut-être

    Pourtant si vous avez envie

    De saisir le bout de ma laisse

    Sachez que j'ai un parti pris

    Contre les coups de pied aux fesses

     

    Né sous le signe des Gémeaux

    Ascendant Bélier de surcroît

    Pour parachever le tableau

    Il ne te manquait plus que ça

     

    Je suis un chien bien élevé

    Pourvu qu'on m'aime et m'encourage

    Mais je perds toute dignité

    Pour peu que l'on me mette en rage

    Alors que tigres et dragons

    Seraient de ceux qui m'apprivoisent

    Je n'ai connu que des cochons

    Selon l'astrologie chinoise

     

    Né sous le signe des Gémeaux

    Ascendant Bélier de surcroît

    Pour parachever le tableau

    Il ne te manquait plus que ça

     

    Il ne me manquait plus que ça

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeurs : Marceau Piana et Michel Pierozzi)

     

    Lorsque par hasard elle se montre

    Elle m'oblige à baisser les yeux

    Éberlué par cette rencontre

    Je crains de ne pouvoir trouver mieux

    La beauté c'est vertigineux

     

    Elle côtoie parfois l'insolence

    La cruauté mêlée d'impudeur

    Son souvenir est une souffrance

    Un douloureux pincement au cœur

    La beauté

    La beauté c'est ensorceleur

     

    Quand elle est demeurée insensible

    Je me console en me rabâchant

    Que c'était un rêve inaccessible

    Et fragile aux épreuves du temps

    La beauté c'est inconsistant

     

    Elle s'éloigne un peu dédaigneuse

    Comme un idéal concrétisé

    Le précipice entre nous se creuse

    Et j'ai mal de la laisser passer

    La beauté

    La beauté c'est démesuré

     

    Je la sens malgré moi qui m'inspire

    Me fascine et pourtant j'en ai peur

    C'est un monde inconnu qui m'attire

    Quelque chose de moi qui se meurt

    La beauté c'est dévastateur

     

    Mais il faut me rendre à l'évidence

    Au risque de paraître méchant

    Je dois dire en mon âme et conscience

    Que je ne l'ai pas croisée souvent

    La beauté

    La beauté c'est décourageant 

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