• (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    [À ma mère]

    Tu es faite des bois que rajeunit l'orage

    Tu es de ces refrains chantés à la veillée

    Tu es peinte des fleurs que j'épargne au passage

    Senteurs hors de saison sous les feuilles rouillées

     

    Tes bras se multiplient au-dessus de ma tête

    Charmille improvisée à mes pas ombrageux

    Ton rire est un écho en harmonie parfaite

    Avec un cri d'espoir inondant un ciel bleu

     

    Je ne t'ai jamais dit je t'aime

    Ce serait superflu je crois

    Je ne t'ai jamais dit je t'aime

    Trois mots galvaudés tant de fois

     

    Tu es de ces ruisseaux dont la voix désaltère

    Et de ces champs de blé que décoiffe le vent

    Tu es cette oasis où je mets pied à terre

    Pour quêter un peu d'eau et dormir un instant

     

    Si les ans ont froissé de leurs doigts ton visage

    S'ils ont griffé tes mains aux épines du temps

    À mes yeux ils n'ont pas corrompu ton image

    Celle qui a pour moi la fraîcheur d'une enfant

     

    Je ne t'ai jamais dit je t'aime

    Mais ne le sais-tu pas déjà

    Je ne t'ai jamais dit je t'aime

    Cette chanson le fait pour moi 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Philippe Kireeff)

    Quand le marin part en voyage

    Il abandonne sur le port

    Ses vieux parents et son village

    Une autre vie l'attend à bord

     

    Accoudé sur le bastingage

    Au soleil couchant il choisit

    Parmi ses copains d'abordage

    Celui qu'il mettra dans son lit

     

    Quand le soldat part pour la guerre

    Il quitte à regret sa maison

    La fille du garde-barrière

    Une autre vie l'attend au front

     

    Avec son arme en bandoulière

    Il s'en va d'un pas triomphant

    Une main sur sa cartouchière

    L'autre dans celle du commandant

     

    Quand je m'éloigne de la France

    J'ai la nostalgie de chez moi

    Mais je fais preuve de patience

    Une autre vie m'attend là-bas

     

    Je passe de sages vacances

    À me refaire une santé

    Dans le repos la continence

    Et vous envoie de doux baisers

     

    Vous attendiez-vous à autre chose ? 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Le petit vieux n'a pas vingt ans

    Il se suicide tout le temps

    Et s'ennuie à longueur de jour

    Il manque d'air et puis d'amour

    La fillette a quatre-vingts ans

    Elle renaît à chaque instant

    Ses jours lui paraissent trop courts

    Cousus de joies tissés d'amour

     

    Dans une prairie voisine

    Poussait un tendre chardon

    Qui tenait dans ses épines

    Une vraie fleur de coton

    Sur le flanc de la colline

    Dans le plus total abandon

     

    Le vieil enfant fume le cigare

    Boit des cocktails un peu bizarres

    Il a deux rides entre les yeux

    Ses lendemains ne sont pas bleus

    La jeune vieille aime les pralines

    Boit du sirop de grenadine

    Ses joues se plissent quand elle rit

    Ses rêves ne sont jamais gris

     

    Dans une prairie voisine

    Poussait un tendre chardon

    Qui serrait dans ses épines

    Une vraie fleur de coton

    Oubliés par les machines

    Épargnés par les fenaisons

     

    Lui la regarde s'amuser

    Tandis qu'elle a le dos tourné

    Et ferme les volets sans bruit

    Dès qu'elle s'endort sur le tapis

    Elle redoute de lui manquer

    Pourtant ça ne saurait tarder

    Et voudrait qu'il se lasse avant

    Qu'elle ne s'éteigne doucement

     

    Dans une prairie voisine

    Poussait un tendre chardon

    Qui griffait de ses épines

    Un cœur de fleur de coton

    Tout le reste on le devine

    N'est que pure imagination

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Je n'invite pas à danser

    À chanter en chœur avec moi

    Les hurlements les poings levés

    On ne m'a pas conçue pour ça

    Je suis là pour être écoutée

    Je ne vous ferai pas l'affront

    De quelques onomatopées

    Je laisse à d'autres sans façon

    Le soin de vous crétiniser

     

    Je suis une chanson

    Qui revendique l'intention

    De vous parler droit au cœur

    Sans artifice et sans heurt

    Je suis une chanson

    Je veux être au creux de votre oreille

    Vous tenir en éveil

     

    Je suis malicieuse ou naïve

    Comme vous pouvez l'être aussi

    Provocante ou récréative

    Je dépeins des tranches de vie

    Je réhabilite des mots

    Que l'on avait presque oubliés

    Au profit d'un système idiot

    De langue stéréotypée

    Qui se répercute en écho

     

    Je suis une chanson

    Je n'ai pas besoin d'un canon

    Pour vous redonner du cœur

    Un certain goût du bonheur

    Je suis une chanson

    Il ne tient qu'à vous que je sois belle

    Rendez-moi immortelle

     

    N'attendez pas que je me nomme

    Ni que je vous cède mes clés

    J'ai du respect pour vous en somme

    Quand je répugne à bêtifier

    Je ne suis pas un chant guerrier

    Un air de ralliement mondial

    Je me refuse à répéter

    Ce que vous dit votre journal

    Essayons de nous envoler

     

    Je suis une chanson

    Qui reconnaît son ambition

    De vous chatouiller le cœur

    De vous emmener ailleurs

    Une simple chanson

    Si vous parvenez à m'adopter

    À me perpétuer

    Alors j'aurai... gagné

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Quand ton sommeil est le plus fort

    Je ne te reconnais jamais

    Je sais que ton amour est mort

    Sinon tu te réveillerais

    Pourtant je ne peux pas y croire

    Les apparences m'ont trompé

    Puisqu'il me reste cet espoir

    Qui ne veut pas m'abandonner

     

    Tu es la larme sur ma joue

    Tu es le cerne sous mes yeux

    De tous les rôles que tu joues

    C'est celui qui te va le mieux

    Je voudrais tant pouvoir me dire

    Que j'ai l'impression de t'aimer

    Par caprice ou simple plaisir

    Par crainte de te remplacer

     

    Tu es le mur de ma prison

    Infranchissable et quotidien

    Faut-il que j'y heurte mon front

    Ou dois-je rebrousser chemin

    Mon seul effort en attendant

    Consiste à me tenir debout

    Si je te hais le plus souvent

    C'est pour ne pas devenir fou

     

    Je t'aime et j'en meurs lentement

    J'ai mis une arme entre tes mains

    Et tu t'en sers inconsciemment

    Le moindre de tes mots m'atteint

    Chaque jour plus indifférent

    Quand il ne se fait pas moqueur

    Ton regard me blesse en passant

    Aussi froid qu'une balle au cœur

     

    Ton regard me blesse en passant

    Aussi froid qu'une balle au cœur

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    J'ai détesté mon nom

    Dès lors que je t'ai vu entrer

    J'ai compris que ce serait toi

    J'étais au bout de la rangée

    J'ai craint que tu ne me voies pas

     

    Avant que tu parviennes à moi

    L'un de mes compagnons pouvait

    Te charmer mille et une fois

    Je connaissais tous leurs attraits

     

    J'ai détesté mon nom

    Non je n'ai pas eu droit

    À Mariette ou Manon

    Pierrette ou Paméla

     

    Je m'étais résignée déjà

    Quand devant moi tu t'es dressé

    Puis tu m'as désignée du doigt

    Dans tes bras on m'a déposée

     

    Ce qui avait guidé ton choix

    Je l'ignorais sur le moment

    Depuis je sais que je le dois

    À mon beau manteau noir et blanc

     

    J'ai détesté mon nom

    Pourquoi pas Joséfa

    Juliette ou Jeanneton

    Babette ou Barbara

     

    Je m'abandonne à tes caresses

    Mais c'est toujours toi qui ronronnes

    Si mon corps brûle de tendresse

    C'est pour l'amour que tu me donnes

     

    Nous restons très indépendants

    Sans pourtant nous quitter des yeux

    Et je me demande souvent

    Quel est le plus félin des deux

     

    J'ai détesté mon nom

    Emprunté à Zola

    J'ai changé d'opinion

    Puisqu'il me vient de toi

    Je m'appelle Nana

    Na !

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Veux-tu être mon ami d'enfance

    Le mien s'est bien trop mal conduit

    N'a pas donné signe de vie

    Ne m'a pas suivi jusqu'ici

     

    Je te dirai le ciel qui m'a vu naître

    Les matins bleus dans le jardin douillet

    Les mots naïfs de tes précieuses lettres

    Quand tu partais pour le mois de juillet

    Je te dirai nos jeudis pigeon-vole

    Nos yeux gourmands à l'instant du goûter

    Les punitions et le maître d'école

    Qui sentait l'encre et l'éponge mouillée

     

    Veux-tu être mon ami d'enfance

    Celui qui ne m'a pas quitté

    Qui a grandi à mes côtés

    Mais m'a toujours un peu manqué

     

    Je te dirai les chaudes promenades

    Dans les rochers au-dessus de chez moi

    Les doigts noircis par le jus de grenade

    Les cris des filles et nos premiers émois

    Je te dirai nos fâcheries faciles

    Nos beaux détours pour nous réconcilier

    L'oreille en feu et la main malhabile

    Sous les draps frais des troubles nuits d'été

     

    Veux-tu être mon ami d'enfance

    Celui qui défiera l'oubli

    Qui réinventera nos vies

    Nos souvenirs à l'infini

     

    Dis, tu veux bien ?

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Le cadavre d’Hector se raidit peu à peu

    Sorti de ma torpeur je réalise enfin

    Moi si frêle et si doux je n’en crois pas mes yeux

    Me voilà devenu meurtrier d’un vaurien

     

    Il y a quinze jours par la grille d’entrée

    Il a fait irruption brusquement dans ma vie

    Arrogant et viril insolent de beauté

    Ce frisson dans mon dos je l’ai compris depuis

     

    Protecteur et galant Hector s’est installé

    Il n'a saisi en moi que l'aspect féminin

    Mon allure équivoque a sans doute allumé

    Son instinct séducteur mais je n’y suis pour rien

     

    Et soudain ce matin sa toilette achevée

    Sans la moindre pudeur lascif on ne peut plus

    Il s’est jeté sur moi avec lubricité

    Aveuglé par la peur je me suis débattu

     

    Je pense avoir frappé à la tête et au cœur

    Animé par la rage et par l’indignation

    Légitime défense qui fait de moi l’auteur

    D’un crime passionnel sans préméditation

     

    Notre maître est absent et je crains son retour

    Il va me condamner mais c’est sa faute aussi

    Peut-on mettre en présence enfermés nuit et jour

    Deux mâles vigoureux au comble de l’ennui

     

    J’aurais dû c’est certain négliger mon plumage

    Me hisser par le bec au bord de la mangeoire

    Affûter mes ergots aux barreaux de la cage

    Mais je chante si bien du haut de mon perchoir

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Veux-tu me faire un enfant

    Conjuguer le meilleur de toi

    Et ce qu'il y a de mieux en moi

    Je veux te faire un enfant

     

    Il saura d'un sourire

    Attendrir nos réveils

    D'un seul trait colorier

    Nos premiers cheveux blancs

    Il prendra du plaisir

    À courir au soleil

    Et voudra se mêler

    Aux oiseaux dans le vent

     

    Inventif et poète

    Il fera des voyages

    Sans sortir de chez lui

    Ni se prendre au sérieux

    Il mettra dans nos fêtes

    L'ironie des mirages

    Et pour nos matins gris

    Ses yeux deviendront bleus

     

    Veux-tu me faire un enfant

    Conjuguer le meilleur de toi

    Et ce qu'il y a de mieux en moi

    Je veux te faire un enfant

     

    Il aura de l'amour

    Jusqu'au bout de ses doigts

    Pour donner du bonheur

    À la moindre caresse

    Il chantera les jours

    De langueur ou de froid

    Pour conjurer sa peur

    Et clamer sa jeunesse

     

    Il aura le courage

    Que je lui léguerai

    Un peu de ta candeur

    Comme une fleur aux dents

    Cette pudeur sauvage

    Que je ne peux cacher

    Porté par ta ferveur

    Il marchera devant

     

    Veux-tu me faire un enfant

    Conjuguer le meilleur de toi

    Et ce qu'il y a de mieux en moi

    Je veux te faire un enfant 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Véra Cité - Éva Porey

    Lily Pucien - Lucie Férien

    Éloi Nieumant - Henri Chissan

    Otto Cuiseur - Harry Cobeur

     

    Marie Vodage : « Manque un peu de naturel. »

    Rose Opansan : « Intelligente. »

    Juste Milieu : « Se maintient dans la moyenne... »

    Jean Transène : « Doué pour le théâtre. »

    Côme Toulmonde : « Rien à ajouter... »

    Théo Logy : « Lève les yeux au ciel au moindre reproche...  »

     

    Sophie Stiké - Emma Sculey

    Inès Tétic - Milly Métrique

    Christiane Hizé - Prosper Itey

    Manu Tansion - Daisy Lusion

     

    Pierre Abriquet : « S'enflamme pour un rien... »

    Annie Malcull : « Trop effacée... »

    Jacques Assery : « Très bavard en classe... »

    Hélène Histic : « À orienter vers le latin. »

    Guy Niolet : « Sous influence... »

    Charles Attan : « Noie ses mauvais résultats sous un flot de belles promesses... »

     

    Annie Versaire - Pat Hibulaire

    Éric Assez - Béa Tiffier

    Rémi Nissence - Éva Naissance

    Anna Tommy - Jean Darmery

     

    Larry Mériche : « Finira poète... »

    Manu Military : « Agressivité à modérer... »

    Henri Bambel : « À isoler... »

    Jeanne Hissère : « Disciplinée. »

    Martin Gall : « Préfère le jeu à l'étude... »

    Alain Provist : « Me réserve parfois la surprise de sa présence... »

     

    Eddy Torial – Gilles Éparbal

    Blanche Hissery – Yves Rognerie

    Marthe O'Pikeur – Maud Hulateur

    Ali Mentère – Élie Coptère

     

    Paco Tille : « Tendance à se dévaloriser... »

    Pierre Kiroul : « Insaisissable. »

    Nick Ottine : « Fume dans les toilettes... »

    Tony Truant : « À surveiller de très près... »

    Vic Torieu : « Attention, trop sûr de lui... »

    Et Pat Attra : « … Je tombe de sommeil, j'arrête là, on verra demain ! »

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    J'aimerais bien me rencontrer

    Pour la toute première fois

    Pouvoir un jour me dédoubler

    Entendre le son de ma voix

    Me découvrir sans crier gare

    Et me demander mon chemin

    En plein soleil sur le trottoir

    Je voudrais me serrer la main

     

    Comme si je ne savais pas

    Ce que je fais ce que je suis

    Si je ne me connaissais pas

    Serais-je l'ombre d'un ami

    Aurais-je envie de me parler

    Si je me croisais dans la rue

    Me serais-je au moins remarqué

    Au milieu d'autres inconnus

     

    Ne serait-ce qu'un court instant

    Je voudrais subir mon regard

    Le trouverais-je intelligent

    Me sourirais-je par hasard

    Savoir de quelle sympathie

    De quelle angoisse au fil du temps

    De quel attrait de quel mépris

    Je suis l'héritier inconscient

     

    J'aimerais m'être présenté

    Par quelque voisin au grand cœur

    Pouvoir à l'aise m'observer

    Sous le nez dans un ascenseur

    Pour connaître alors mes pensées

    Je donnerais n'importe quoi

    Même si je devais y laisser

    Le peu d'espoir que j'ai en moi

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Quand je sais que tu dois venir

    Aussitôt je deviens vitrine

    Je m'invente alors des sourires

    En un clin d'œil je m'illumine

    J'apprends les mots qu'il faudra dire

    Tu les attends je les devine

    Je me déguise avec plaisir

    En moi tel que tu me dessines

     

    Je suis l'acteur de complément

    Qu'on ne regarde pas

    Celui qui perd son temps

    Devant les caméras

    Silhouette en deçà

     

    Je veux me ressembler pour toi

    Être fidèle à cette image

    Que tu te fais toujours de moi

    Qui tangue et résiste aux naufrages

    Si tu me reviens quelquefois

    C'est que tient bon le maquillage

    De ce comédien que l'on voit

    N'incarner qu'un seul personnage

     

    Je suis l'acteur de complément

    Qu'on ne remarque pas

    Qui se fond simplement

    Dans le décor là-bas

    Où il s'endort parfois

     

    Lorsque tu partiras vraiment

    Quand quelqu'un aura pris ma place

    J'abandonnerai doucement

    Mon ancien rôle et mes grimaces

    Tant pis pour les grands sentiments

    Que l'on préserve et qui s'entassent

    Il y a déjà trop longtemps

    Que je ne me regarde en face

     

    Je suis l'acteur de complément

    Que l'on n'applaudit pas

    L'éternel figurant

    Qui ne sortira pas

    De son anonymat 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Les chats ne chassent plus ils cherchent à se cacher

    L'hiver vociférant violente la vallée

    Des cris criblent les cœurs de leurs cordes cassées

    Des bombes rebondissent au bord des barbelés

     

    La guerre existe

    La guerre existe

     

    Le vent voit s'envoler des vautours éventrés

    Des corps comblent les creux des caveaux cabossés

    Des bras branlent brûlants sur des barreaux brisés

    Des formes floues s'effondrent à demi disloquées

     

    La guerre existe

    La guerre existe

     

    Des mains s'emmêlent immondes en armée momifiée

    Leurs doigts scandent une ronde où dansent les damnés

    Les fusils qu'ils fourbissent enflamment les bûchers

    Où nos filles effarées s'affaissent crucifiées

     

    La guerre existe

    La guerre existe

     

    Ma mère emmène-moi aux mers immaculées

    Dont tu parlais parfois pour te faire pardonner

    Je tombe de ces tombes où tu n'es pas tombée

    Sauve-moi de mes rêves et viens me délivrer

     

    La guerre existe

    Ha tu croyais m'épargner

    Mais la guerre existe

    Que ne suis-je mort-né

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Le vent s'étire et souffle sur la ville

    Éparpillant les spectres de la nuit

    Les oiseaux noirs vont se cacher dociles

    Le jour se lève et ils ont peur de lui

     

    Pendant ce temps tu te réveilles

    Loin de chez moi et tu t'en fous

    Au même instant je me réveille

    Je pense à toi et puis c'est tout

     

    Le vent s'emporte et se heurte aux falaises

    En dissipant la touffeur de midi

    Le soleil frappe au zénith et s'apaise

    Comme un enfant que l'effort étourdit

     

    Pendant ce temps tu te promènes

    Loin de chez moi et tu t'en fous

    Au même instant je me promène

    Je pense à toi un point c'est tout

     

    Le vent se calme et se mêle aux nuages

    Ébouriffant les senteurs de la nuit

    Les oiseaux noirs s'échappent de leur cage

    Le jour s'en va délivré de leurs cris

     

    Pendant ce temps tu t'abandonnes

    Loin de chez moi et tu t'en fous

    Au même instant je déraisonne

    Je pense à toi et voilà tout

    Et voilà tout 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Philippe Meoni)

    Qui es-tu pour moi face aux autres

    Une énigme qu'ils ne sont pas

    Je n'ose interroger les autres

    Ils répondraient n'importe quoi

     

    Qu'as-tu donc de plus que les autres

    Un quelque chose qu'ils n'ont pas

    Que je recherche chez les autres

    Que je ne retrouve qu'en toi

     

    Que fais-tu de mieux que les autres

    Quand tes yeux se posent sur moi

    Ils me regardent aussi les autres

    Tandis que c'est toi qui me vois

     

    Que m'apprends-tu plus que les autres

    Pour que je n'entende que toi

    Ils te dénigrent un peu les autres

    Mais je n'écoute que ta voix

     

    Je ne sais pas auprès des autres

    Qui je suis si tu n'es pas là

    Dis-moi pourquoi les mains des autres

    N'ont pas la douceur de tes doigts

     

    J'abandonnerais tous les autres

    S'il ne fallait garder que toi

    Ils n'ont qu'un seul défaut les autres

    Celui de ne pas être toi

     

    Ils n'imaginent pas les autres

    À quel point je n'aime que toi

    À quoi bon l'avouer aux autres

     Tu restes mon secret à moi

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Maigre comme la mort

    Vous m'êtes apparu

    J'ai heurté votre corps

    À l'angle de la rue

     

    Vous ne sentiez pas bon

    Vous étiez mal rasé

    Vous frôliez les maisons

    Pour ne pas tituber

     

    Je venais de croiser

    Un être qui fut beau

    Que l'on a cru aimer

    En lui brisant le dos

     

    J'ai su que vous n'étiez

    Déjà plus parmi nous

    Je me dois d'avouer

    Que j'ai eu mal pour vous

     

    Vous n'espériez plus rien

    Sur ce triste trottoir

    C'était votre chemin

    Celui de chaque soir

     

    J'aurais voulu au moins

    Vous voir ouvrir les yeux

    Vous prendre par la main

    Et vous parler un peu

     

    Le temps de réagir

    Trop tard me retourner

    Je vous ai vu franchir

    La porte d'un café

     

    Comment vous oublier

    Il se pourrait bientôt

    Que vous me retrouviez

    Dans ce petit bistrot

     

    Comment vous oublier

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Du sommet de la tour de garde

    J'aperçois l'ombre des créneaux

    Sur la grève aux lueurs blafardes

    L'étrave brisée d'un bateau

     

    Plus bas sur le chemin de ronde

    Juste au-dessus du pont-levis

    Se profile la fin d'un monde

    Un crépuscule aux cheveux gris

     

    J'aimerais tant qu'on m'abandonne

    Et qu'on me livre à mes pensées

    Je ne veux de mal à personne

    D'ailleurs je ne fais que passer

     

    Les pas des chevaux de halage

    Rythment le chant des troubadours

    Sur les sentiers du voisinage

    On entend battre les tambours

     

    Le prisonnier saisi de froid

    Enchaîné au mur de la cour

    Lève son visage vers moi

    Son regard m'appelle au secours

     

    Il faudra bien qu'on m'abandonne

    Et qu'on me laisse à mes pensées

    Je n'ai plus besoin de personne

    Puisque je ne fais que passer 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Ton cœur est agile

    S'accorde tous les droits

    Jongleur et habile

    Il se moque de toi

    Il fait l'imbécile

    Te file entre les doigts

     

    La reine est folle du roi

    Le roi est fou du fou

    Moi je suis fou de toi

    Toi tu te fous de tout

     

    Ton cœur est agile

    Il faut le voir jouer

    Véloce et gracile

    Dans son jardin privé

    Il semble inutile

    De vouloir le dompter

     

    La reine est folle du roi

    Le roi est fou du fou

    Moi je suis fou de toi

    Toi tu te fous de tout

     

    Ton cœur est agile

    Lorsqu'il s'agit d'aimer

    Rien n'est plus fragile

    Que sa fidélité

    Dans sa tour d'argile

    Il fait des pieds de nez

     

    La reine est folle du roi

    Le roi est fou du fou

    Moi je suis fou de toi

    Toi tu te fous de tout

     

    Ton cœur est agile

    Il saute par-dessus

    Les toits de la ville

    Funambule et sans but

    Ce n'est pas facile

    Quand le vertige est là

    Ton cœur est agile

    Plus à Gilles qu'à moi

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Alain Vigreux)

    Je ne sais plus ce qu'il faut dire

    Pour essayer de te garder

    Avec des mots c'est cent fois pire

    Tu pourrais me prendre en pitié

    Loin de moi cette idée peu sage

    De te supplier de m'aimer

    Où trouver enfin le courage

    De décider de m'en aller

     

    Je laisse agir le temps

    Mon épuisant amour

    J'attends beaucoup du temps

    Mon impossible amour

     

    Je ne sais plus ce qu'il faut faire

    Pour parvenir à t'oublier

    Me révolter ou bien me taire

    Ne m'empêche pas de penser

    Je devrais te fermer ma porte

    Ne pas répondre à tes sourires

    Mais la tentation est trop forte

    Je cède et ça te fait plaisir

     

    Je laisse agir le temps

    Mon douloureux amour

    Je compte sur le temps

    Mon impossible amour

     

    Je ne sais plus ce qu'il faut croire

    Est-ce moi qui lis dans tes yeux

    Des promesses bien illusoires

    Ou toi qui te prends à ton jeu

    N'est-ce vraiment qu'une aventure

    Cette rencontre entre deux cœurs

    Une passade une écorchure

    Un épisode ravageur

     

    Je laisse agir le temps

    Mon implacable amour

    Je m'en remets au temps

    Mon impossible amour

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Sur le coin d'une table

    Dort un rayon de lune

    En équilibre instable

    Dans un panier de prunes

     

    Quatre petites notes

    Détournées par hasard

    D'un accord de gavotte

    S'y sont venues asseoir

     

    Elles ont sans vergogne

    Chanté fort et bien ri

    Un nectar de Bourgogne

    Les fit danser aussi

     

    Et le rayon de lune

    Réveillé sans égard

    Les vit même une à une

    Partager un cigare

     

    Les quatre demoiselles

    Se contaient leurs amours

    Tandis qu'en aquarelle

    Se crayonnait le jour

     

    Lors le rayon de lune

    Par la nuit oublié

    S'envola sans rancune

    Sur un rond de fumée 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Je n'aime pas les regards bleus

    Ils griffent le tain des miroirs

    Pour effacer ton regard bleu

    Je vis au bord de la mer Noire

     

    Eulalie au regard bleu

    J'ai un bandeau sur les yeux

    Cache-toi où tu le peux

    Je vais compter jusqu'à deux

     

    Je n'aime pas les cheveux blonds

    Je leur préfère un champ de blé

    Heureusement tes cheveux blonds

    Sont plus faciles à moissonner

     

    Eulalie aux cheveux blonds

    Mets le feu à ton chignon

    Cours visiter Besançon

    À pied à cheval-d'arçons

     

    Je n'aime pas les mots d'amour

    Boules de gomme empoisonnées

    Quand tu m'as dit tes mots d'amour

    Par la fenêtre j'ai sauté

     

    Eulalie tes mots d'amour

    Passent pour des calembours

    Qui n'amusent que les sourds

    Et ceux qui manquent d'humour

     

    Je n'aime pas les jeux d'enfants

    Ils sont pareils aux jours de pluie

    Pour limiter tes jeux d'enfants

    J'étudie la pluviométrie

     

    Eulalie aux jeux d'enfants

    Surtout prends garde à l'étang

    Ne te jette pas dedans

    Apprends à nager avant

     

    Eulalie regarde-moi

    Eulalie recoiffe-toi

    Eulalie épouse-moi

    Je veux un enfant de toi

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Il tirait de son violoncelle

    Des soupirs langoureux

    Des pleurs ou des froissements d'ailes

    Des frissons harmonieux

    Il ne dérangeait personne

    Se faisait petit

    Comme les forêts de l'automne

    Il s'effeuillait sans bruit

     

    Il parlait à son violoncelle

    Il se confiait à lui

    D'une voix douce et paternelle

    C'était son seul ami

    Dans cet univers magique

    Il semblait heureux

    Mais son choix de vie chimérique

    Intriguait les curieux

     

    Il étreignait son violoncelle

    Jusqu'au bout de la nuit

    En le berçant de ritournelles

    Ses voisins me l'ont dit

    J'écoutais leurs médisances

    L'air un peu distrait

    Aujourd'hui pourtant si j'y pense

    Je crois que c'était vrai

     

    On déroba son violoncelle

    Tant pis pour son chagrin

    Lui le chercha dans les venelles

    Dans les puits des jardins

    Nul n'y vit le moindre mal

    Quand on rit de tout

    On finit par trouver normal

    Le suicide d'un fou

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Mesdames et messieurs

    Venez donc vous asseoir sur mon plus beau nuage

    Et vous abandonner un instant près de moi

    De là-haut vous verrez que les matins d'orage

    Sont réservés à ceux qui s'attardent en bas

     

    Moi qui ai bien du mal à paraître moins tendre

    Je vis dans l'illusion et la fragilité

    Vous perdez votre temps si vous pensez m'attendre

    Dans l'immense désert de la réalité

     

    Mesdames et messieurs

    Venez donc vous brûler au feu de mes caresses

    Et vous réconforter un peu sur mes genoux

    Chez moi la nuit ressemble à l'ineffable ivresse

    Que répandent le vin et le vent du mois d'août

     

    Si le cœur vous en dit suivez-moi sur ma route

    Prenez ce chemin creux qui mène à l'horizon

    Peut-être aurez-vous froid vous aurez peur sans doute

    Ne vous retournez pas entrez dans ma maison

     

    Mesdames et messieurs

    Venez donc vous blottir contre moi dans ce rêve

    Que j'ai depuis longtemps tressé autour de vous

    Laissez-le vous saisir et pour qu'il ne s'achève

    Ne vous réveillez pas ou bien rendormez-vous

     

    Si le cœur vous en dit suivez-moi sur ma route

    Prenez ce chemin creux qui mène à l'horizon

    Peut-être aurez-vous froid vous aurez peur sans doute

    Ne vous retournez pas entrez dans ma maison

     

    Mesdames et messieurs

    Venez donc vous blottir contre moi dans ce rêve

    Que j'ai depuis longtemps tressé autour de vous

    Laissez-le vous saisir et pour qu'il ne s'achève

    Ne vous réveillez pas ou bien rendormez-vous

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Mon ami petit frère

    Bonjour

    Je t’écris de chez toi

    Très gentiment ta mère

    M’a ouvert ton lit pour quelques jours

    Nous parlons sans cesse de toi

     

    Ta mère a retrouvé son chaud sourire

    Et semble avoir un peu moins mal

    Tu as beau faire on a beau dire

    Elle te pardonne et c’est normal

    C’est normal

     

    Mon ami mon compère

    Salut

    Il fait froid ce matin

    Comme le dit ton père

    Automne et printemps n’existent plus

    Et tu ne reconnaîtrais rien

     

    Ton père a quelquefois les cils humides

    Il compte les mois sur ses doigts

    Auprès de lui ta place est vide

    Mais bien sûr il ne l’avoue pas

    Surtout pas

     

    Mon ami mon complice

    Adieu

    Je vais m’arrêter là

    Dans le ventre d'Alice

    Un enfant se défroisse les yeux

    Sans doute rêve-t-il de toi

     

    Ton Alice a la patience tranquille

    Elle t'attend un point c’est tout

    Pourquoi pleurer c’est inutile

    Ça met des sillons sur les joues

    Sur les joues

     

    Mon ami toi mon double

    Voilà

    Je quitte ta maison

    Mes souvenirs se troublent

    Je reviendrai quand tu seras là

    Après ta sortie de prison 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Non ne me parlez pas

    Je me suis bouché les oreilles

    Pour ne pas écouter la voix

    Qui pourrait troubler mon sommeil

    Je n'entends plus

    Ne me regardez pas

    Je me suis arraché les yeux

    Pour ne pas être une autre fois

    Charmé par un visage heureux

    Je ne vois plus

     

    Je suis un mort-vivant

    Aveugle qui se traîne

    Et puis qui prend son temps

    Afin de savourer sa peine

     

    Ne me caressez pas

    Je me suis amputé des mains

    Pour ne pas frôler de mes doigts

    La peau d'un galbe de satin

    Je ne sens plus

    Ne me séduisez pas

    Je me suis poignardé le cœur

    Je serais de glace et de bois

    Si vous m'offriez le bonheur

    Je n'aime plus

     

    Je suis un mort-vivant

    Mutilé qui se traîne

    Et puis qui prend son temps

    Juste pour assouvir sa haine

     

    N'attendez rien de moi

    N'essayez pas d'être gentils

    Vos avances me laissent froid

    Et ne m'inspirent que mépris

    Je ne joue plus

    Ne me consolez pas

    Vous ne m'êtes d'aucun secours

    Je n'éprouve que de l'effroi

    Depuis qu'est parti mon amour

    Je ne vis plus

     

    Je suis un mort-vivant

    Fantôme qui se traîne

    Et puis qui prend son temps

    Satisfait du poids de sa chaîne

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Faut-il croire à ton gardénia

    Si tu repousses ma glycine

    Serait-ce un de tes hortensias

    Cette soudaine capucine

     

    Je t’aimais bien

    Noces d’étain

    Je t’aimais tant

    Noces d’argent

    Je t’aime encore

    Noces d’or

     

    Au lieu d’user d’amaryllis

    Et d’abuser de ton muguet

    Dissimule un peu ton narcisse

    Essaie d’ébranler mon œillet

     

    Je t’aimais bien

    Noces d’étain

    Je t’aimais tant

    Noces d’argent

    Je t’aime encore

    Noces d’or

     

    Moi qui montrais trop d’azalée

    Qui piétinais les pétunias

    Je compare ma giroflée

    À ton vertigineux zinnia

     

    Je t’aimais bien

    Noces d’étain

    Je t’aimais tant

    Noces d’argent

    Je t’aime encore

    Noces d’or

     

    Lorsque durcira mon iris

    Quand s’éteindra mon orchidée

    Je garderai le myosotis

    D’un tendre et fragile églantier

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Je me souviendrai toujours

    De ce soir tant attendu

    Où l'on t'a confié à moi

    Petit garçon sans amour

    Tu avais les yeux battus

    Il m'a fallu bien des mois

    Pour dissiper ton désarroi

     

    Désarmé par ta méfiance

    Je ne savais que sourire

    À l'affût d'un mot de toi

    Petit garçon sans défense

    Tu ne songeais qu'à t'enfuir

    Quand je t'ouvrais grands mes bras

    Tu ne comprenais pas pourquoi

     

    Toi l'enfant indésirable

    Laissé-pour-compte encombrant

    Moi le père inconsolable

    De n'avoir pas eu d'enfant

    Nous étions faits l'un pour l'autre

    Je t'ai ouvert le bonheur

    Nous étions faits l'un pour l'autre

    Tu m'as rajeuni le cœur

     

    Comme un chiot abandonné

    Que l'on recueille en passant

    Tu t'es chauffé à mon feu

    Petit garçon égaré

    Apprivoisé doucement

    J'ai l'impression par moments

    Que nous nous ressemblons un peu

     

    Tu ignorais tout d'un père

    Je m'inventais un enfant

    Toi l'inopportun sur terre

    Moi l'adulte imprévoyant

    Nous étions faits l'un pour l'autre

    Je t'ai appris le bonheur

    Nous étions faits l'un pour l'autre

    Et ne formons qu'un seul cœur

    Nous ne sommes qu'un seul cœur

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Si ma mémoire est fidèle

    Quand je me souviens de vous

    Vous étiez loin d'être celle

    Que l'on courtise à genoux

    Vous aviez la voix d'un homme

    L'allure et la fermeté

    Votre tendresse économe

    Ne devait rien arranger

     

    Sur votre menton volontaire

    Piquant comme un épi de blé

    Vos lèvres ne souriaient guère

    Pas plus qu'elles n'avaient pleuré

    Mais vous étiez pour moi grand-mère

    Plus frêle qu'une fleur séchée

     

    Bien que sombre et belliqueuse

    Vous étiez toute douceur

    Du bout de vos mains calleuses

    Jusqu'à la pointe du cœur

    Vous étiez d'une autre race

    Et quand quelque courageux

    Osait vous parler en face

    C'est lui qui baissait les yeux

     

    Sur votre menton volontaire

    Piquant comme un épi de blé

    Vos lèvres ne souriaient guère

    Pas plus qu'elles n'avaient pleuré

    Pourtant je vous aimais grand-mère

    Dans votre rude tablier

     

    Ceux qui vous trouvaient trop laide

    Disaient en fanfaronnant

    Que vous étiez un remède

    Contre l'appel du printemps

    Pour comble de ridicule

    Vous traîniez à vos jupons

    Un époux bien minuscule

    Plus docile qu'un mouton

     

    Sur votre menton volontaire

    Piquant comme un épi de blé

    Vos lèvres ne souriaient guère

    Pas plus qu'elles n'avaient pleuré

    Quand vous êtes morte grand-mère

     Un chêne s'est déraciné

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    La chemise sur le crâne il progresse à pas hésitants

    Pas un cactus pas une piste pas la moindre flaque d’eau

    Dans ce désert impitoyable il craint les sables mouvants

    Le soleil inexorable qui lui incendie le dos

     

    Quand soudain

    Juste au-dessus de l’horizon

    Subtile et tremblante vision

    Une palmeraie enfin

    Mais lui qui pense être halluciné

    Fait demi-tour et trébuche épuisé

     

    Il s’agenouille et déjà sa langue est près de l’étouffer

    Autour de lui s’étend l’ombre d’un vol patient de rapaces

    Comme quelqu’un qui s’affaisse et qui cherche à se redresser

    Vainement il s’agrippe aux côtes tendues d’une carcasse

     

    Quand soudain

    Presque au-dessous de l’horizon

    Dansante réverbération

    Une caravane enfin

    Mais lui qui pense être halluciné

    Ferme les yeux s’écroule inanimé

     

    Depuis que la nuit a surgi le gel lui fige le sang

    Qui suintait pendant le jour des crevasses de sa peau

    De n’avoir pas cru aux mirages un homme est mort bêtement

    Entre une proche oasis et des Bédouins sur leurs chameaux 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Philippe Meoni)

    Je voulais provoquer le vent

    Au bord de tes lèvres nacrées

    Je te suivais par tous les temps

    Tu m'apprenais à m'envoler

     

    Même aujourd'hui

    Je suis zéphyr auprès de toi

    Mais je m'époumone quand tu t'en vas

     

    Je voulais découvrir la terre

    Que tu entrouvrais sous mes pieds

    Tu en éparpillais les pierres

    Pour m'empêcher de trébucher

     

    Même aujourd'hui

    Je suis fétu auprès de toi

    Mais je deviens souche quand tu t'en vas

     

    Je voulais ne plus craindre l'eau

    Lorsque tu me prenais la main

    Pour enjamber tous les ruisseaux

    Que nous croisions sur nos chemins

     

    Même aujourd'hui

    Je suis torrent auprès de toi

    Mais mon lit s'assèche quand tu t'en vas

     

    Je voulais dominer le feu

    En me réchauffant à ton corps

    J'aimais réveiller dans tes yeux

    Un brasier que l'on croyait mort

     

    Même aujourd'hui

    Je suis plusieurs auprès de toi

    Mais je me dépeuple quand tu t'en vas

     Quand tu t'en vas

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