• (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Si vous passez près de l'étang

    Ne vous arrêtez pas devant

    Vous risqueriez d'être tentés

    D'y boire ou de vous y baigner

     

    On raconte dans le bocage

    Qu'un jour un garçon disparut

    Victime de sa propre image

    Qu'au fond de l'eau il avait vue

    De lui on n'a rien retrouvé

    Mais là où il s'était penché

    Venait de pousser une fleur

     

    Si vous passez près de l'étang

    N'y faites pas de bouquet blanc

    Ni de gerbe jaune-orangé

    Attendez la fin de l'été

     

    Ce serait tellement dommage

    Que l'adolescent d'autrefois

    Dans votre cueillette sauvage

    S'éteigne une seconde fois

    Car depuis ce mystérieux jour

    Malgré le gel et les labours

    Elle vit toujours cette fleur

     

    Si vous passez près de l'étang

    Ne vous regardez pas dedans

    D'autres que vous s'y sont noyés

    Qui n'ont pas voulu m'écouter

     

    On dit que dans le voisinage

    Quand un garçon a disparu

    Au bord de l'étang du village

    Il y a une fleur de plus 

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  • Nue

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Je regarde la mer engloutir le soleil

    Comme un poisson volant que dévore un géant

    J'attends le rayon vert qui zébrait mes sommeils

    Et dont on me berçait lorsque j'étais enfant

     

    Près de moi tu es nue

    Tu es barque échouée

    Anonyme statue

    Proue de bateau rouillée

     

    Je regarde le ciel dans ses moindres détours

    J'y guette l'avenir que l'on m'avait prédit

    Je suis sans doute infirme aveuglé par le jour

    J'y cherche encore en vain ce qui m'était promis

     

    Près de moi tu es nue

    Tu es tornade noire

    Éclipse inattendue

    Songe des sombres soirs

     

    Je regarde la terre où s'ébauche la vie

    J'esquisse quelques pas au hasard des chemins

    Falaises quelquefois sables mouvants aussi

    J'étais presque conquis mais je ne trouve rien

     

    Près de moi tu es nue

    Tu es racine morte

    Frêle palme abattue

    Que la bourrasque emporte

     

    Je regarde ton corps étendu contre moi

    Il est pur tel un dieu qu'on vénère à genoux

    J'ai peur de te toucher je ne m'y résous pas

    Qui suis-je qui es-tu après tout je m'en fous

     

    Près de moi tu es nue

    Tu es masque d'amour

    Certitude déçue

    Adieu qui dit bonjour

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    J'ai envie d'être inutile

    Comme un rituel pompeux

    Une antiquité fragile

    Un bois précieux

    Une horloge infatigable

    Bête et placide à la fois

    N'importe quoi de cassable

    Mais qui se voie

     

    Être un objet quelques heures

    Insensible et luxueux

    Imperméable au bonheur

    Voilà tout ce que je veux

    Être un objet fier et froid

    Une armure un pont-levis

    Auquel personne ne croit

    Parce qu'il n'a pas de prix

     

    J'ai envie d'être une chose

    Qui ne se marchande pas

    Une fresque noire et rose

    Ou un bouddha

    Je voudrais que l'on m'admire

    Par comble de mauvais goût

    Tel un parfum qu'on respire

    Et qui rend fou

     

    Être un objet quelques heures

    Imbécile et prétentieux

    Indifférent au bonheur

    Voilà tout ce que je veux

    Être un objet dur et froid

    Un fossile une momie

    Qu'on jalouse malgré soi

    Parce qu'il n'a pas de prix

     

    J'ai envie d'être une pierre

    Dont l'inimitable éclat

    Fasse baisser les paupières

    Un tanagra

    Être une flèche au curare

    Que l'on n'ose pas toucher

    Le trésor d'un roi barbare

    Millésimé

     

    Être un objet quelques heures

    Utopique et fabuleux

    Qui se moque du bonheur

    Voilà tout ce que je veux

    Être un objet lourd et froid

    Un gisant de marbre gris

    Qu'on patine avec émoi

    Parce qu'il n'a pas de prix

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Je me consume sous tes yeux

    Comme un sorcier sur un bûcher

    Tu m'as immolé par le feu

    À ton intouchable beauté

     

    Aurais-je un jour offensé

    Un dieu sans compassion

    Pour avoir mérité

    La mort par combustion

     

    Je suis pendu à ton sourire

    Un nœud de corde autour du cou

    Tu peux m'étrangler ou bien pire

    Ouvrir la trappe sur le trou

     

    Mais que n'ai-je donc pas fait

    À ce dieu sans pardon

    Qui m'envoie au gibet

    Pourrir à Montfaucon

     

    Je m'écartèle sur ton corps

    Lié aux quatre coins du lit

    Tu as décidé de mon sort

    M'as condamné au pilori

     

    Qui est ce dieu sans pitié

    Est-il devenu fou

    Suffirait-il d'aimer

    Pour encourir la roue

     

    Je vis cloué à tes caresses

    À tes fourches patibulaires

    Du bout des ongles tu me laisses

    Les bras en croix rue du Calvaire

     

    Quel est le mode d'emploi

    De ce dieu sans merci

    Mais Dieu n'existe pas

    Non Dieu n'existe pas

    C'est lui qui me l'a dit 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Nous ne vivrons pas ensemble

    Je ne veux pas devenir

    Celui qui trop te ressemble

    Qui ne te voit pas vieillir

    Je renie la tolérance

    L’habitude invétérée

    Et la sourde indifférence

    Qui mène à la cécité

     

    Nous ne vivrons pas ensemble

    Apprenons à nous manquer

    Qui se déchire s’assemble

    Je suis là pour t’apaiser

    Épargne-moi tes migraines

    Je tairai mes maux de dents

    On a recours à la haine

    Quand on s’ennuie vaguement

     

    Nous ne vivrons pas ensemble

    Cultivons nos célibats

    Je t’affirme que je tremble

    Si tu t’endors dans mes bras

    Tu continueras ta route

    À l’écart de mes soupçons

    Je te mentirai sans doute

    Mais toujours par omission

     

    Nous ne vivrons pas ensemble

    Nous n’aurons pas le talent

    Ni l’inconscience il me semble

    De nous encombrer d’enfants

    J’ai la tendresse indocile

    Tu préserves tes secrets

    Faisons d’un bonheur facile

    Une fête à temps complet

     

    Nous ne vivrons pas ensemble 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Je me rappelle un château

    Mémoire ou réminiscence

    Filigrane en transparence

    Diaphane reflet dans l'eau

     

    Y a-t-il parfois au fond de soi

    Un berceau de prédilection

    Qui n'est pas si souvent qu'on croit

    Issu de l'imagination

     

    Quand finissait l'oraison

    Du vent qui courbait la plaine

    Était-ce bien la fontaine

    Qui murmurait sa chanson

     

    Y a-t-il encore des troubadours

    Qui parce qu'ils ont trop aimé

    Se voient condamnés pour toujours

    À vivre une autre éternité

     

    Si je n'avais jamais vu

    Ce donjon et ces murailles

    Je sais qu'en cotte de mailles

    J'y avais déjà vécu

     

    Y a-t-il au hasard de la nuit

    Des rêves qui ne le sont pas

    Des souvenirs d'une autre vie

    Qui resurgissent çà et là

     

    Je me rappelle un château

    Moyen Âge ou Renaissance

    Périple autour d'une enfance

    Je n'ai rien vu de plus beau

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    [À mon frère]

    Il a mis bien du temps à trouver sa voiture

    Reprendre le trajet qu'il avait parcouru

    Dans ce grand magasin c'est toute une aventure

    Il a beau les chercher ses clés ont disparu

     

    La viande les journaux le fromage et le vin

    Puis la charcuterie les produits ménagers

    Au détour d'un rayon il aperçoit enfin

    Son trousseau scintiller sur les plats surgelés

     

    Je suis un peu distrait pense-t-il

    Je l'ai toujours été je crois

    Ça l'amusait beaucoup Lucile

    Il y a presque un an ou... trois

     

    Il ne se souvient plus dans quelle direction

    Il devrait s'engager pour aller voir sa mère

    Il est passé cent fois tout près de la maison

    Mais son enfance aussi a perdu ses repères

     

    Perplexe et résigné il a fait demi-tour

    Entre la marche arrière et une marche avant

    Il n'a pas su choisir et la tombée du jour

    L'a surpris endormi le front sur le volant

     

    Je me sens différent pense-t-il

    Insolite et si désarmant

    Dans le regard flou que Lucile

    Pose sur moi quelques instants

     

    Assis à une table avec des inconnus

    Qui ne lui parlent pas ou psalmodient des plaintes

    Mortelles litanies qu'on ne contrôle plus

    Il voudrait tant crier mais sa voix s'est éteinte

     

    Sa révolte s'effondre il a baissé les bras

    Et s'abandonne aux mains qui s'occupent de lui

    Il subit en silence et ne refuse pas

    Ce retour à l'enfance où il se réfugie

     

    Je flotte autour de moi pense-t-il

    Léger fragile évanescent

    Quelle est cette trouble Lucile

    Qui soudain me quitte en pleurant

     

    Lucille... Luce... Lucie... luciole

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Pour entrer chez toi

    Il fallait trouver le sentier

    Grimper à l'assaut d'un rocher

    Et enfin se déshabiller

    Mais ce n'était pas

    Pour plus d'originalité

    C'est qu'il nous fallait traverser

    La cascade

     

    Elle tombait devant chez toi

    Comme un rideau de perles d'eau

    Qui ne se tirait certes pas

    Qu'on passait en courbant le dos

     

    Parvenus chez toi

    On s'étendait devant le feu

    Et tout en séchant peu à peu

    On caressait tes chats frileux

    On ne parlait pas

    C'était devenu presque un jeu

    Arbitré par le rythme de

    La cascade

     

    Tu t'offrais doucement à nous

    Qui ne formions plus qu'un seul corps

    Lame de fond sur sable doux

    Tu nous aimais jusqu'à l'aurore

     

    Au petit matin

    On rallumait le feu de bois

    On buvait un verre de lait froid

    En riant de n'importe quoi

    Mais c'était la fin

    D'un monde qu'on laissait chez toi

    Qui se terminait chaque fois

    En cascade

     

    Je n'ai jamais su retrouver

    Le chemin qui mène chez toi

    Mais ce parfum de bois mouillé

    Je ne l'ai pas rêvé je crois

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur / Michèle Garance)

     Parce qu'un mot peut l'attendrir

     Un simple geste le meurtrir

     Et qu'il ne craint pas de rougir

     De honte ou parfois de plaisir

     On dit qu'il a les nerfs malades

     

     Parce qu'il donne sans compter

     Qu'il ne voit pas le temps passer

     Parce qu'il croit à l'amitié

    Qu'il parle d'authenticité

     On dit que son esprit gambade

     

     N'y touchez pas c'est interdit

     Je le protège malgré lui

     Même s'il ne me demande rien

     Je lui tendrai toujours la main

     

    Parce qu'il fait tout ce qu'il veut

     Qu'il a vraiment l'air d'être heureux

     Parce qu'il est encore fleur bleue

     Et que ça se voit dans ses yeux

     On dit qu'il s'attarde en enfance

     

     Parce qu'il rêve trop souvent

     Qu'il ne se montre pas violent

     Parce qu'il sait quand on lui ment

     Et qu'il a peur du mauvais temps

     On dit qu'il côtoie la démence

     

     Je vous en aurai averti

     Ne vous acharnez pas sur lui

     Je suis là prenez garde à vous

     C'est mon double et je l'aime... beaucoup  

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Philippe Kireeff)

    [En duo avec Philippe Kireeff]

     Je suis un canari

     Oiseau des plus banals

     Ton choix mon pauvre ami

     N'a rien d'original

     

     

    De quoi aurais-tu l'air

     S'il me venait soudain

     La sage envie de faire

     La grève de la faim

     

     

    J'aime tant la douceur

     De tes plumes dorées

     Et ton trille enchanteur

     M'a toujours envoûté

     

     

     Tu vois je t'ai offert

     Une jolie maison

     Aux barreaux grands ouverts

     Sur les quatre horizons

     

     

     Elle est si minuscule

     Sans vouloir te vexer

     Quelque peu ridicule

     Et très efféminée

     

     

     Toi qui veux me complaire

     Change-moi de logis

     Et donne-moi mon frère

     Une petite amie

     

     

     Je suis fier d'héberger

     Un parfait spécimen

     Un lauréat doublé

     D'un sacré phénomène

     

     

     Car dans ton pedigree

     On a inscrit «femelle»

     Tu viens de révéler

     Ton penchant sexuel

     

     

     Tu vas bien déchanter

     On s'est payé ta tête

     Je peux te le prouver

     Mais chausse tes lunettes

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Dès que tu t'es mise à chanter

    J'ai eu besoin de t'écouter

    Nous ne nous étions jamais vus

    Bien sûr je ne me doutais pas

    Que j'allais te rencontrer là

    Toi que j'avais tant attendue

     

    Léa la belle

    Belle Léa

    Belle Léa

     

    Derrière le rideau tiré

    De tes cheveux entremêlés

    Je ne comprenais pas toujours

    Ce que cachaient tes yeux baissés

    Je me noyais dans tes pensées

    J'ai cru que c'était ça l'amour

     

    Léa la sombre

    Sombre Léa

    Sombre Léa

     

    Je t'ai connue de mieux en mieux

    Je t'ai apprise peu à peu

    Tu me ressembles étrangement

    C'est moi qui ris quand tu es gaie

    C'est toi qui pars quand je m'en vais

    Nous ne nous quittons pas longtemps

     

    Léa la douce

    Douce Léa

    Douce Léa

     

    Toute en mystère tu t'ennuies

    Tu fais en sorte qu'on t'oublie

    Et t'endors un verre à la main

    J'essaie d'éclairer ton sommeil

    En l'éclaboussant de soleil

    Il pleut souvent le lendemain

     

    Léa la folle

    Folle Léa

    Belle Léa

    Sombre Léa

    Douce Léa

    Mon aléa

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Jacqueline Vanhoorde)

    Je vous côtoie depuis longtemps

    Pourtant

    Nous connaissons-nous pour autant

    Vraiment

    Si nous vivions l'un contre l'autre

    Mes buts n'étaient jamais les vôtres

    Monsieur

     

    On ne s'est pas toujours compris

    Tant pis

    Mais c'est vous qui m'avez appris

    La vie

    Qui me l'avez rendue si douce

    Moitié velours et moitié mousse

    Monsieur

     

    Vous m'avez peu parlé de vous

    C'est fou

    Je ne sais presque rien du tout

    De vous

    Et c'est pour cela que sans doute

    Je n'ai pas suivi votre route

    Monsieur

     

    Je vous rejoins quelques instants

    À temps

    Aurez-vous bientôt quarante ans

    Ou cent

    Attendez-moi si ça vous tente

    Cette perspective m'enchante

    Monsieur

     

    Moi qui ne vous ressemble pas

    Je crois

    Je m'attendris quand j'aperçois

    Parfois

    Dans vos yeux l'étrange étincelle

    Qu'allume un air de violoncelle

    Monsieur

     

    Par pudeur ou timidité

    Qui sait

    Je n'ai jamais encore osé

    Aller

    Jusqu'au plus profond de moi-même

    Et m'avouer que je vous aime

    Monsieur

    Monsieur mon père

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    C'est peut-être risible

    Commode quelquefois

    Le plus souvent terrible

    Mais qui s'en aperçoit

    Et bien qu'inaccessible

    Je m'enferme chez moi

    Je suis l'homme invisible

    Par pitié parlez-moi

     

    Je vis toujours seul comme un sauvage

    Personne à qui donner la main

    Je vous ferais peur et c'est dommage

    Si je vous caressais soudain

    J'ai perdu la clé de la formule

    Qui me permettait à mon gré

    De redevenir sans préambule

    Un simple obstacle à contourner

     

    C'est peut-être risible

    Pratique quelquefois

    Le plus souvent horrible

    Mais qui s'en aperçoit

    Je suis presque invincible

    Mais n'en profite pas

    Je suis l'homme invisible

    Par pitié touchez-moi

     

    J'aurais supporté ma transparence

    Si je ne t'avais rencontrée

    N'être que du vent c'est peu de chance

    Quand on voudrait se faire aimer

    Tu ne connaîtras pas mon visage

    Moi-même je l'ai oublié

    Passif et voyeur sans mes bandages

    Je vieillirai à tes côtés

     

    C'est peut-être risible

    Enviable quelquefois

    Le plus souvent pénible

    Mais qui s'en aperçoit

    Je fais tout mon possible

    Pour garder mon sang-froid

    Mais c'est irréversible

    Je suis l'homme invisible

    Par pitié voyez-moi

    Je suis l'homme invisible

    Par pitié voyez-moi

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Le soleil est déjà là

    Le lit est chaud de tes rêves

    Au rythme d'un cœur qui bat

    Sur toi le drap se soulève

     

    Pareil à l'oiseau de proie

    Bientôt je me sens coupable

    Penché au-dessus de toi

    De te voir si vulnérable

     

    J'ai envie de te toucher

    Mais réfrène mes caresses

    Je voudrais te réveiller

    Avec tact et gentillesse

     

    Dans un geste maladroit

    Tu me repousses et soupires

    Je m'égare au fil de toi

    Te survole et te respire

     

    Je perds la notion du temps

    Mon désir devient palpable

    Ton corps se cabre un instant

    Sous mes doigts incontrôlables

     

    Je languis au bord de toi

    M'impatiente à la lisière

    De ton généreux sous-bois

    Entrouvre-moi ta clairière 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    L'edmontonia et le cœlophysis

    Le dinornis et l'astrophocaudia

    Le canardia et l'aviatyrannis

    Le zapsalis et le dracopelta

     

    Ils sont ta passion mon enfant

    Mais le bombyx le bardot et le campagnol

    Le cormoran l'opossum et le rossignol

    Le cachalot la cétoine et le hérisson

    Le pélican le chacal et le hanneton

    Les reconnais-tu mon enfant

     

    Le cératops et le gigantosaure

    Le brontosaure et le tricératops

    Le sauroniops et le tyrannosaure

    Le stégosaure et l'avacératops

     

    Ils te fascinent mon petit

    Mais l'okapi le dauphin et la gallinule

    Le sanglier le daim l'hyène et la libellule

    Le wapiti l'écureuil et le pangolin

    Le tamanoir le nasique et le lamantin

    Tu ne sais rien d'eux mon petit

     

    Le griphornis et le symphyrophus

    L'érectopus et le protoavis

    Le zhongornis et le carnotaurus

    Le timimus et l'acanthopholis

     

    Ils sont fossilisés mon fils

    Mais le tapir la gazelle et l'anaconda

    Le scarabée le silure et le koala

    Le cacatois le termite et la pipistrelle

    Le marabout la luciole et la coccinelle

    En as-tu jamais vu mon fils

     

    Le saltopus et le diracodon

    L'iguanodon et le talarurus

    L'avimimus et le vulcanodon

    Le bélodon et le diplodocus

     

    Ils n'existent plus mon amour

    Mais le manchot l'hippocampe et le colibri

    L'ornithorynque et le phasme et le wallaby

    Le paresseux l'épervier le morse et la chèvre

    Le tamarin le lynx la marmotte et le lièvre

    Ils sont bien vivants mon amour

    Ils sont bien vivants mon amour

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Prendre le train et dire adieu à sa jeunesse

    Jeter la clé du coffret de ses souvenirs

    Sans un regret fermer les yeux sur les promesses

    Et les espoirs d'un insaisissable avenir

     

    Et puis partir

    Et puis partir

     

    Tout effacer jusqu'aux témoins de ses victoires

    Tout pardonner même ce qui ne compte pas

    Tirer un trait sur ses moindres rêves de gloire

    Sans s'accrocher à ce qui ne résiste pas

     

    Et puis partir

    Et puis partir

     

    Chercher plus loin pour oublier un jour peut-être

    Qu'on aime en vain depuis bien trop longtemps déjà

    Brûler sa vie en la faisant soudain renaître

    Apercevoir d'autres saisons entre ses doigts

     

    Et puis partir

    Et puis partir

     

    Tarir sa peur en contemplant un ciel d'orage

    Et réapprendre à se coucher près d'un ruisseau

    Calmer sa faim quelques instants ou davantage

    Courir le vent comme la voile d'un bateau

     

    Et puis partir

    Enfin partir

    Ou bien mourir 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Qui va pieds nus

    Même en hiver

    Qui n'évite pas les ruisseaux de la rue

    Ne craint pas les coups de tonnerre

    Qui ne fait rien

    De ses quinze ans

    Qui pousse comme une herbe au creux des chemins

    Sans joies sans chagrins simplement

     

    C'est la luronne

    La fanfaronne

    Qui se couronne

    De boutons-d'or

     

    Qui fuit le jour

    Dès le matin

    Qui vit de glanure et de baies d'alentour

    Fleure le cerfeuil et le thym

    Qui parle au vent

    Chante avec lui

    Qui danse sous la lune au bord de l'étang

    Caresse les oiseaux de nuit

     

    C'est la luronne

    La sauvageonne

    Qui s'abandonne

    Au fil de l'eau

     

    Qui se tapit

    Guette à genoux

    Qui fait peur aux enfants à peine endormis

    En imitant le cri du loup

    Qui sans façon

    Choisit sa proie

    Puis ouvre son corps au mépris des saisons

    Mais n'a jamais voulu de moi

     

    C'est la luronne

    La polissonne

    Qui n'a personne

    Au fond du cœur

     

    C'est la luronne

    La fanfaronne

    La sauvageonne

    La polissonne

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Philippe Kireeff)

    Avec ta bouche et tes mains

    Comme un dieu que l'on adore

    Tu l'as caressé ce garçon sans remords

    Ce garçon sans remords

    Dès le lendemain matin

    Sans promesse de retour

    Il était parti ce garçon de velours

    Ce garçon de velours

    Il était parti ce garçon de velours

     

    Mais il ignorait peut-être

    Qu'il avait mis dans ton corps

    La moitié de lui ce garçon sans remords

    Ce garçon sans remords

    Et cet enfant qui va naître

    Te demandera un jour

    De lui raconter ce garçon de velours

    Ce garçon de velours

    De lui raconter ce garçon de velours

     

    Tu lui répondras sans doute

    Que tu l'aimerais encore

    S'il te revenait ce garçon sans remords

    Ce garçon sans remords

    Tu resterais sur sa route

    Ne ferais aucun détour

    Il était si beau ce garçon de velours

    Ce garçon de velours

    Il était si beau ce garçon de velours

    Ce garçon de velours

     

    Tu lui diras que personne

    Ne saurait lui donner tort

    Il avait seize ans ce garçon sans remords

    Ce garçon sans remords

    Et ce fils que tu façonnes

    Il se pourrait qu'à son tour

    Quelqu'un le surnomme «  le garçon de velours »

    « Le garçon de velours »

    Quelqu'un le surnomme « le garçon de velours »

    « Le garçon de velours » 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Ta main se pose sur la table

    Je l'entends me faire un discours

    Et je l'écoute impénétrable

    Tandis que tu parles toujours

     

    Pendant ce temps près des nuages

    Un vent fou

    Guide l'appel des oies sauvages

    Jusqu'à nous

     

    Ma main se pose sur la table

    Avec l'air de n'y penser pas

    Elle contemple imperturbable

    La tienne qui ne comprend pas

     

    Pendant ce temps sur la rivière

    Un vent fou

    Lance des gouttes de lumière

    Jusqu'à nous

     

    Nos mains se touchent sur la table

    Laquelle a fait le premier pas

    Peu importe la responsable

    Puisqu'elles s'étreignent déjà

     

    Pendant ce temps sur la colline

    Un vent fou

    Souffle des pensées libertines

    Jusqu'à nous 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Approche-moi

    Regarde-moi

    Détaille-moi

    Découvre-moi

    Débusque-moi

    Devine-moi

    Recherche-moi

    Démasque-moi

    Démêle-moi

    Écoute-moi

     

    Ne me laisse pas rêver

     

    Enlève-moi

    Enferme-moi

    Enchaîne-moi

    Affronte-moi

    Désarme-moi

    Dépouille-moi

    Simplifie-moi

    Transforme-moi

    Façonne-moi

    Aguerris-moi

     

    Ne me laisse pas passer

     

    Apaise-moi

    Délivre-moi

    Conforte-moi

    Éclaire-moi

    Conseille-moi

    Allège-moi

    Habille-moi

    Rafraîchis-moi

    Purifie-moi

    Rajeunis-moi

     

    Ne me laisse pas sombrer

     

    Anime-moi

    Amuse-moi

    Captive-moi

    Intrigue-moi

    Enchante-moi

    Déroute-moi

    Éblouis-moi

    Étourdis-moi

    Fascine-moi

    Libère-moi

     

    Ne me laisse pas t'aimer

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Je sais très bien ce qui me hante

    Depuis qu'elle nous a présentés

    C'est vrai votre fille est charmante

    Mais elle n'a pas votre beauté

    Moi qui ne vivais que pour elle

    Je me croyais très amoureux

    J'ignorais alors qu'auprès d'elle

    Sa mère avait des yeux plus bleus

     

    Madame

    Je ne sais pas si je dois vous le dire

    Vous l'écrire ou ne rien faire du tout

    Madame

    Quoi qu'il en soit reprenez votre fille

    Bien gentille

    Mais celle que j'aime c'est vous

     

    Je sais très bien ce qui m'obsède

    Depuis que l'on s'est rencontrés

    Votre fille a les cheveux raides

    Vous avez des boucles dorées

    Je vous recherche sur sa bouche

    Je vous retrouve avec ses doigts

    Et chaque fois que je la touche

    Je m'imagine entre vos bras

     

    Madame

    Je ne sais pas si je dois vous le dire

    Vous l'écrire ou ne rien faire du tout

    Madame

    Quoi qu'il en soit reprenez votre fille

    Bien gentille

    Mais celle que j'aime c'est vous

     

    Je sais très bien pourquoi j'hésite

    Depuis que je vous ai connue

    Votre fille a grandi trop vite

    Et ne vous ressemblera plus

    Vous avez la voix des sirènes

    Qui peuplaient mes rêves d'enfant

    La tendre fraîcheur des fontaines

    La douceur des blés sous le vent

     

    Madame

    Je ne sais pas si je dois vous le dire

    Vous l'écrire ou ne rien faire du tout

    Madame

    Quoi qu'il en soit reprenez votre fille

    Bien gentille

    Mais celle que j'aime c'est vous

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    J'aime tant ton visage

    Sillonné de canaux

    Luxuriant paysage

    De vals et de coteaux

     

    Arcades sourcilières

    Sans cesse en mouvement

    Visite familière

    Dont le guide est absent

     

    Au creux de leurs orbites

    Tes yeux semblent nichés

    J'y perçois des pépites

    Serties dans la rosée

     

    Du haut de tes pommettes

    Dignes d'un pharaon

    Quarante années nous guettent

    Dirait Napoléon

     

    Ta bouche est une vague

    Un rictus indigo

    Taillé à coups de dague

    J'y vogue à pédalo

     

    Je fais de l'escalade

    Sur ton menton fuyant

    J'y glisse ou j'y gambade

    Comme au pied du mont Blanc

     

    Certaines demoiselles

    N'ont pas le nez si gros

    Mais c'est toi que j'appelle

    Ma belle Cyrano

     

    Je plaisante...

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Quand tu me reconduis jusqu'à ta porte

    Quand tu l'as refermée sur moi ta porte

    Je reste au garde-à-vous devant ta porte

    Comme si tu allais la rouvrir cette porte

     

    Je lève mon regard sur ta fenêtre

    Et comme une paupière à ta fenêtre

    Se ferme ton rideau sur ta fenêtre

    Je sais que tu t'endors quand s'éteint ta fenêtre

     

    Être ton ombre

    Et vivre au fil de toi en glissant sur ta route

    Être ton ombre

    C'est tout ce que je veux sans l'ombre d'un seul doute

     

    Quand tu as des ennuis ou de la peine

    Je tente d'apaiser ton âme en peine

    Si je n'y parviens pas j'ai de la peine

    Et c'est toi qui me prends dans tes bras pour la peine

     

    Tu déguises ta vie en belle histoire

    J'écoute jusqu'au bout ta folle histoire

    Mais il manque un chapitre à ton histoire

    Car tu ne parles pas de moi dans cette histoire

     

    Être ton ombre

    Et ne peser sur toi pas plus qu'un brin de paille

    Être ton ombre

    C'est tout ce que je veux sans l'ombre d'une faille

    Vaille que vaille

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    La nuit n'en finit pas

    En chien de fusil

    Les yeux pleins d'effroi

    Nicolas

    Pleure sans bruit

     

    La tête sous les draps

    Un poids sur le cœur

    Il guette des pas

    Il a froid

    Et il a peur

     

    Il ne comprend pas

    Ce qu'il a pu faire

    Pour mériter ça

    Le monde à l'envers

    Existe-t-il

     

    Dans ses contes d'enfant

    Une fée fidèle

    L'aide et le défend

    On lui ment

    Où donc est-elle

     

    Il ne supporte plus

    L'ogre en pyjama

    Son torse velu

    Et ses doigts

    Sur sa peau nue

     

    Ce matin peut-être

    Il pourra dormir

    L'aube à la fenêtre

    Semble revenir

    Quelle heure est-il

     

    Le parfum du café

    Lui parvient d'en bas

    Sa mère est levée

    Nicolas

     

    Court se blottir dans ses bras

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Philippe Kireeff)

    Qui voudrait avoir eu envie

    De l'incomparable Garbo

    Mais succomber bien malgré lui

    Au charme insolent de Brando

     

    Qui voudrait être un bonobo

    Dont le voisin lui semble triste

    Qui lui sauterait sur le dos

    Pour lui montrer que l'autre existe

     

    Qui le voudrait

    Qui en jouerait

    Qui me dirait que je suis seul

     

    Qui voudrait former une ronde

    Où ceux qui ne sauraient pas suivre

    Seraient rejetés de ce monde

    Où ils n'étaient pas faits pour vivre

     

    Qui voudrait allumer un feu

    Où se consumeraient les cons

    Dont les plus nombreux seraient ceux

    Qui ne savent pas qu'ils le sont

     

    Qui le voudrait

    Qui jouirait

    De s'avouer qu'il est le seul

     

    Qui voudrait se tenir tranquille

    Pour ne pas être un jour déçu

    De passer pour un imbécile

    Dont personne n'aurait voulu

     

    Qui voudrait chérir ses parents

    D'une indiscernable ferveur

    Même si l'un n'est pas aimant

    Et que l'autre inspire la peur

     

    Qui le voudrait

    Qui m'envierait

    De n'être rien de moins que seul

    De n'être rien de moins que seul

    De n'être rien de moins que seul

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    [en duo avec Michel Pierozzi]

    Écartelé

    Déshérité

    Dénaturé

    Pas brillant

    Barricadé

    Décomposé

    Paralysé

    Je t'attends

     

    C'est un manque d'amour

    Un rêve aux flous contours

    Piètre manque d'amour

     

    Prédestinée

    Recommandée

    Aiguillonnée

    Tu es là

    Intéressée

    Accoutumée

    Déterminée

    Te voilà

     

    C'est un espoir d'amour

    Un rêve sans détours

    Craintif espoir d'amour

     

    Rasséréné

    Équilibré

    Enraciné

    Je suis bien

    Sollicitée

    Divinisée

    Avantagée

    Tu me tiens

     

    C'est une histoire d'amour

    Un rêve au fil des jours

    Banale histoire d'amour

     

    Désarçonné

    Ensorcelé

    Transfiguré

    Je te suis

    Persécutée

    Tyrannisée

    Terrorisée

    Tu me fuis

     

    C'est un chagrin d'amour

    Un rêve aller-retour

    Crétin chagrin d'amour

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Si je pouvais encore une fois

    Rien qu'une fois

    M'allonger contre toi

    Tout contre toi

     

    Je te dis bonne nuit

    Nos souffles se répondent

    Nos têtes se confondent

    Nos deux cœurs font du bruit

     

    Tu t'endors avant moi

    Mon bras sous ton épaule

    Ta joue sur mon épaule

    Ton sommeil est à moi

    À moi

     

    Si je pouvais encore une fois

    Rien qu'une fois

    M'étendre contre toi

    Tout contre toi

     

    Tu me tournes le dos

    Au milieu de ton rêve

    Il fait chaud dans ton rêve

    Je me brûle à ta peau

     

    Le nez dans tes cheveux

    Avec toi je respire

    Fou de toi je soupire

    Je veille sur nous deux

    Nous deux

     

    Si je pouvais encore une fois

    Rien qu'une fois

    Me blottir contre toi

    Tout contre toi

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  • (Auteur : Marceau Piana / Musique : Philippe Kireeff)

    Quand tu as choisi le silence

    Je t'imagine quelquefois

    Sur le flanc d'un glacier immense

    Plus téméraire qu'un chamois

     

    As-tu mis ton bonnet de laine

    Mon joli pâtre sans troupeau

    Soudain je devine ta peine

    Tu voudrais retourner là-haut

     

    Mon enfant secret

    Si les gens savaient

    Combien tu es bavard

    Qu'il suffit d'un regard

    Pour bien te comprendre

     

    Lorsque nous chantons à tue-tête

    Alors que notre voisin dort

    Ne t'insurge pas s'il tempête

    Reconnais que nous avons tort

     

    Tu passes pour un peu stupide

    Avec tes gestes maladroits

    Moi je lis dans tes yeux limpides

    Ce que les autres ne voient pas

     

    Mon enfant secret

    Si les gens venaient

    Les mains tendues vers toi

    Ils seraient comme moi

    Prêts à te défendre

     

    Si demain le chagrin te frôle

    Si tu te sens découragé

    Viens sangloter sur mon épaule

    Ou simplement t'y reposer

     

    Mon enfant secret

    Mon enfant secret

     

    Mon enfant secret

    Si les gens pouvaient

    Découvrir avec moi

    Et suivre avec tes doigts

    Ta carte du tendre 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Je voulais vivre seul avec mes souvenirs

    Et m'enterrer vivant dans mon fol univers

    Je voulais m'exiler pour ne plus revenir

    Dans l'étrange clarté d'un éternel hiver

     

    Je voulais simplement disposer de ma vie

    Et rire un peu de tout avant que d'en pleurer

    Je voulais m'enivrer quand j'en avais envie

    Et m'assoupir aussi en toute liberté

     

    Mais il vous a suffi de croiser mon chemin

    Mais il vous a suffi de me tendre la main

    Pour que je ne veuille plus rien

     

    Je voulais qu'on m'oublie dans ma prison debout

    Et qu'on me laisse enfin jouer au vagabond

    Je voulais découvrir la peur par petits bouts

    J'avais appris l'ennui et je trouvais ça bon

     

    Je voulais m'étourdir au bruit de mes pensées

    Et m'étendre un matin sous l'aile d'un buisson

    Je voulais m'enhardir et m'entendre glisser

    Dans le vide infini de mes pauvres chansons

     

    Mais il vous a suffi de me parler de vous

    Mais il vous a suffi de m'attacher à vous

    Pour que je ne veuille que vous

    Pour que je vous suive à genoux 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Ils ont déserté la ville

    Tous ensemble à pas feutrés

    Servis par la tiédeur tranquille

    D'une nuit d'été

    Insomnieux à ma fenêtre

    Je les ai vus passer

    J'aurais dû réagir peut-être

    Pourtant je n'ai pas bougé

     

    Les angéliques têtes blondes

    Ont rejoint les chemins buissonniers

    Tous les innocents à la ronde

    Ont décidé de se révolter

     

    L'autorité citadine

    Au seuil de la matinée

    En rangs serrés dans les collines

    Fut mobilisée

    Les adultes solidaires

    Et les chiens policiers

    Ont interrogé ciel et terre

    Mais ils n'ont rien retrouvé

     

    Les ténébreuses têtes brunes

    Ont choisi l'unique vérité

    Les affranchis du clair de lune

    Ont eu raison de se mutiner

     

    Tous les soupçons coïncident

    On prétend qu'ils ont fondé

    Une souterraine Atlantide

    Pour y prospérer

    Je les soutiens sans partage

    De s'être émancipés

    Moi le poltron qui à leur âge

    Ne l'aurais jamais osé

     

    Les lumineuses têtes rousses

    Légataires de la liberté

    Sont accourues à la rescousse

    De leurs cadets restés prisonniers

     

    Les angéliques têtes blondes

    Les ténébreuses têtes brunes

    Les lumineuses têtes rousses

    Tous nos enfants nous ont échappé

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