• (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    J'ai attendu longtemps que tu reviennes

    Je niais l'évidence et ton départ

    Maintenant c'est fini quoi qu'il advienne

    Je ne te verrai plus que par hasard

     

    Mais j'ai du mal à croire à la rupture

    Les mots que tu m'as dits je les entends

    Comme un air obsédant comme un murmure

    Je ne les ai pas rêvés pour autant

     

    C'est brutal de se retrouver seul

    Il faut réapprendre à se regarder

    Il faut s'inventer une belle histoire

    Il faut essayer de se prolonger

    Mais il faut se battre contre sa mémoire

    Et bien sûr ça ne se fait pas seul

     

    Depuis des mois l'ascenseur ne m'apporte

    Que des gens qui ne m'intéressent pas

    À leur façon de sonner à ma porte

    Je sais d'avance que ce n'est pas toi

     

    J'ai malgré moi souvent de tes nouvelles

    Par tous ceux qui te connaissent le mieux

    J'ai beau risquer ma vie à la marelle

    Ce n'est que toi que je vois dans leurs yeux

     

    C'est violent de se retrouver seul

    Il faut réapprendre à s'apprivoiser

    Il faut s'installer dans une autre histoire

    Il faut s'enchaîner pour ne pas tomber

    Mais il faut surtout bâillonner sa mémoire

    Et bien sûr on est encore plus seul

    Encore plus seul

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    C'est vrai

    Lorsque je m'éloigne un peu trop

    Je vous téléphone aussitôt

    Pour obtenir de vos nouvelles

    C'est vrai

    Je ne peux résister longtemps

    À ce plaisir attendrissant

    De froisser vos folles dentelles

     

    Voyez je suis à vos genoux

    Laissez votre main sur mon cou

    Je vais dormir

    Ma mère

     

    C'est vrai

    Dès que je rentre tard le soir

    J'imagine votre regard

    Chargé de tendresse en colère

    C'est vrai

    Si je me réfugie chez vous

    Tout s'apaise et tout se dénoue

    Au son de votre voix si claire

     

    Voyez je suis à vos genoux

    Posez vos lèvres sur ma joue

    Je vais rêver

    Ma mère

     

    C'est vrai

    Quand je rencontre de beaux yeux

    Je n'y retrouve pas ce bleu

    Qui me naufrage dans les vôtres

    C'est vrai

    Que j'aie froid chaud faim soif ou peur

    Votre place au coin de mon cœur

    Est bien plus vaste que les autres

     

    Voyez je suis à vos genoux

    Il me semble n'aimer que vous

    Au fil du temps

    Ma mère 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Quand parfois je me laisse aller

    Je viens m'insinuer chez vous

    Sous le couvert de l'amitié

    Je m'impose à toi peu ou prou

     

    De ton air le plus désarmant

    Tu fermes tes doigts sur mon cou

    Ma main se hasarde un instant

    Sur le galbe de ton genou

     

    Trop tard

    Je suis venu trop tard

    Tu ne m'attendais plus

    Trop tard

    Je t'ai connue trop tard

    Tu n'improvisais plus

    Trop tard

    Je t'ai voulue trop tard

    Tu ne changeras plus

     

    Excédé par nos faux-semblants

    Notre incomplète intimité

    Je vais clamer ce sentiment

    Que tu continues d'exalter

     

    Je ne peux plus atermoyer

    Fétu au centre d'un remous

    Tant pis si je dois tout gâcher

    Si tu me chasses de chez vous

     

    Trop tard

    Je me livre trop tard

    Tu ne t'appartiens plus

    Trop tard

    Je te parle trop tard

    Tu ne m'écoutes plus

    Trop tard

    Je m'insurge trop tard

    Tu ne m'aimeras plus 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Ce fut une journée fantasque et poétique

    Dans la rue les passants se tenaient par la main

    Matin privilégié atmosphère euphorique

    La cité se parait d'un sourire enfantin

     

    Ébahi par ma bonne humeur inaltérable

    Je chantonnais sur le trottoir achalandé

    Lorsque midi sonna me suis senti capable

    D'ingurgiter Paris gargouille après pavé

     

    Mon repas terminé j'ai pris d'assaut ma ville

    Aux arches de ses ponts je me suis balancé

    Puis j'ai songé à toi qui dormais bien tranquille

    Quand je t'avais quittée sur la pointe des pieds

     

    J'ai souvent déploré dans mes joies les plus fortes

    Que tu ne sois à mon côté pour partager

    Ce frisson subtil mais ce qui me réconforte

    C'est qu'en ces moments-là je suis sûr de t'aimer

     

    Les ombres de la nuit ont transposé mon rêve

    Par quelque raccourci j'ai volé jusqu'à toi

    Cependant c'est ici que mon récit s'achève

    Le reste m'appartient et m'échappe à la fois

     

    Tu es là sur mon lit offerte et magnifique

    On dirait que tu n'es pas encore éveillée

    Comment ai-je oublié cet instant pathétique

    Où la veille pourtant je t'avais... étranglée

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Tu me dis que j'exagère

    De me plaindre de mon sort

    Quand je n'ai fait pour te plaire

    Qu'un imperceptible effort

    Mais lorsque tu me regardes

    De si près que j'en ai peur

    Ce sont mille et une échardes

    Qui me lacèrent le cœur

     

    Bien sûr je ne suis pas Danton

    Ni du Guesclin ni D'Annunzio

    Bien sûr Gainsbourg n'était pas sans raisons

    Plus séduisant qu'un hidalgo

    C'est sûr mais la bâtarde position

    Que de n'être ni laid ni beau

    Entre Lautrec et Rimbaud

    Je navigue incognito

     

    Tu dis que c'est une chance

    À condition cependant

    D'en garder pleine conscience

    Et d'en user finement

    C'est réconfortant peut-être

    Mais injuste malgré tout

    Quand d'autres n'ont qu'à paraître

    Pour qu'on tombe à leurs genoux

     

    Bien sûr je ne suis pas Danton

    Ni du Guesclin ni D'Annunzio

    Bien sûr Gainsbourg n'était pas sans raisons

    Plus séduisant qu'un hidalgo

    C'est sûr mais la bâtarde position

    Que de n'être ni laid ni beau

    Entre Lautrec et Rimbaud

    Je navigue incognito

     

    Tu me dis que j'ai des armes

    Que je fourbis bel et bien

    Tu appelles ça mon charme

    Redoutable et assassin

    Même si c'est plus durable

    Ne crois pas me consoler

    Moi qui me montre implacable

    Devant la médiocrité

     

    Bien sûr je ne suis pas Danton

    Ni du Guesclin ni D'Annunzio

    Bien sûr Gainsbourg n'était pas sans raisons

    Plus séduisant qu'un hidalgo

    C'est sûr mais la bâtarde position

    Que de n'être ni laid ni beau

    Entre Lautrec et Rimbaud

    Je navigue incognito

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    L’alligator n’est pas grand-chose

    À mes deux yeux exorbités

    Auprès de la moindre lycose

    Je n’ose pas même y penser

    Ne me parlez pas des tropiques

    Je n’y mettrai jamais un pied

    Tant que la mygale exotique

    N’y sera pas exterminée

     

    Qu’elle soit naine ou bien géante

    Rousse et velue ça m’est égal

    Équilibriste ou galopante

    Je la redoute comme la gale

    Il me vient des idées morbides

    Depuis que je connais le nom

    D’un microscopique arachnide

    Sarcopte des démangeaisons

     

    La pieuvre et ses longs tentacules

    Ne m’épouvantent pas autant

    Que l’agressive tarentule

    Cauchemar de mes nuits d’enfant

    De la plus humble tégénaire

    Jusqu’au faucheux dégingandé

    De la veuve noire à l’épeire

    Je n’aime pas les araignées 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Roger Pouly)

    Dans ma chambre

    Royaume de la nostalgie

    C'est là que je me réfugie

    J'y allume quelques bougies

    Et je me brûle en effigie

     

    Dans ma chambre

    Je cultive l'intimité

    Avec un rien de dignité

    J'y cache aussi la nudité

    De mes désirs d'absurdité

     

    Dans ma chambre

    Je m'endors au petit matin

    Je fais des rêves libertins

    Dont je ne suis pas très certain

    Car on n'y parle que latin

     

    Dans ma chambre

    On entre comme au tribunal

    D'une façon bien machinale

    On y condamne le banal

    Cela n'a rien d'original

     

    Dans ma chambre

    À tout petits coups de pinceau

    Je reconstitue par morceaux

    La voilure de mon berceau

    Soudain mon lit se fait vaisseau

     

    Dans ma chambre

    En maître des cérémonies

    Je m'invente des insomnies

    Pour briser la monotonie

    De mes amours à l'agonie

     

    Dans ma chambre

    C'est là que je viens naufrager

    Mes illusions trop affligées

    Et si l'on voulait m'assiéger

    Je saurais bien me protéger

     

    Dans ma chambre

    Je pense à tout décidément

    Je vis ma vie intensément

    Et si quelquefois je me mens

    Je fais semblant d'y croire... vraiment

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Il était beau comme une fille

    Sa barbe n'était qu'un duvet

    Charmeur de la tête aux chevilles

    On en fit un agent secret

     

    Elle était fière et douce et fine

    Pareille au fil de son épée

    La grande amie d'une tsarine

    Et de ses romans préférés

     

    C'était un vaillant capitaine

    Un chevalier de Saint-Louis

    Homme jusqu'à la quarantaine

    C'est son roi qui le travestit

     

    C'était une troublante dame

    Geneviève on la prénommait

    Que d'anonymes épigrammes

    Fiancèrent à Beaumarchais

     

    Entre les deux chacun hésite

    On conjecture on prend parti

    Pourquoi pas un hermaphrodite

    Qu'importe son sexe aujourd'hui

     

    Ne détruisons pas la légende

    Qui était ce monsieur d'Éon

    Si jamais on vous le demande

    Répondez : « Charles de Beaumont » 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Dans la rosée à la même heure

    Dès que le pré secoue ses fleurs

    Mieux qu’une myriade d’abeilles

    En volant à tire-d’oreille

    Les éléphants qu’on dit gourmands

    Viennent butiner goulûment

     

    Rien ne t’étonne

    Tu ne m’écoutes pas

    Ma fable est bonne

    Je l’ai faite pour toi

    Mais tu fredonnes

    Pendant tout ce temps-là

     

    Perchés sur les coquelicots

    Les héliotropes les pavots

    Les éléphants l’air imbécile

    Du bout de leur trompe érectile

    Aspirent sans rien en laisser

    Le nectar aux reflets dorés

     

    Rien ne t’étonne

    Tu ne m’écoutes pas

    Ma fable sonne

    Comme des coups de glas

    Sans que résonne

    Le moindre écho en toi

     

    Enfin le champ est désherbé

    Bien labouré bien arrosé

    Et quand la lune ouvre les yeux

    Les pachydermes besogneux

    Regagnent l'usine de miel

    Dans un élan industriel

     

    Rien ne t’étonne

    Tu ne m’écoutes pas

    Moi j’abandonne

    Tu ne comprendrais pas

    Ma fable est conne

    Mais pas autant que toi

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Toi l'ancien que je vais être

    Que je ne suis pas encore

    Toi qui me juges peut-être

    Je te conduis vers la mort

    Toi que je ne connais pas

    Mon dernier double vieilli

    Comprends-tu ce que je suis

    Et que tu n'es plus déjà

     

    C'est à toi que je m'adresse

    Et c'est pour toi que j'écris

    As-u trouvé la sagesse

    Es-tu cloué dans ton lit

    Je ménage ta jeunesse

    Du moins je fais de mon mieux

    Ne me crois pas si tu veux

    J'y mets toute ma tendresse

     

    Toi mon écorce ridée

    Je ne te décevrai pas

    Je suis un peu désarmé

    Mais ne me condamne pas

    Par-delà mon insouciance

    Tu sais bien ce qui m'attend

    Mais ne sois pas impatient

    Je n'ai pas ton expérience

     

    Chaque journée qui s'éteint

    Nous rapproche tant et plus

    Lorsque je t'aurai rejoint

    Comment m'accueilleras-tu

    J'essaierai de te sourire

    Nous nous donnerons la main

    Et sur le même chemin

    Nous pourrons alors partir

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Je suis sûr que tu existes

    Qu'un jour tu me rejoindras

    Que toi aussi tu résistes

    À tout ce qui n'est pas moi

    Sauras-tu me reconnaître

    Quand se croiseront nos vies

    Te laisserai-je peut-être

    Passer sans avoir compris

     

    Qu'on ne vienne pas me dire

    Que tu es déjà venue

    Sans que j'aie vu ton sourire

    Ni saisi ta main tendue

    Qu'on ne me fasse pas croire

    Que tu es mon invention

    Une utopie dérisoire

    Pour sauver mes illusions

     

    J'ai rencontré des mirages

    Je pensais t'avoir trouvée

    Mais ces amours de passage

    Ne m'étaient pas destinées

    De ton côté je suppose

    Que tu as dû te tromper

    Endurer les mêmes choses

    Sans jamais désespérer

     

    Ça n'a pas été facile

    Ces multiples déceptions

    Certainement pas stérile

    Ce temps de préparation

    J'ai calmé mes exigences

    Émoussé mes jugements

    Dominé mon impatience

    Tu peux venir je t'attends

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Philippe Kireeff)

    La fin de la semaine

    Ne m'apporte rien de bon

    Je soupire et je traîne

    Je flâne et je tourne en rond

    La fin de la semaine

    Prend ses vacances chez moi

    Espiègle et souveraine

    Elle pavoise mon toit

     

    Lundi je t'aime

    L'autre dit mardi

    Mercredi aussi

    Tu dis je t'aime

    On s'aime jeudi

     

    La fin de la semaine

    Me donne froid dans le dos

    Les heures qui s'égrènent

    Alourdissent mon fardeau

    La fin de la semaine

    M'inocule son ennui

    Et mes pensées m'emmènent

    Dans les profondeurs d'un puits

     

    Lundi je t'aime

    L'autre dit mardi

    Mercredi aussi

    Tu dis je t'aime

    On s'aime jeudi

     

    La fin de la semaine

    Sans relâche me poursuit

    S'installe diluvienne

    Dans les veilles de mes nuits

    La fin de la semaine

    Se faufile entre mes draps

    Au rythme des migraines

    Qui m'abattent sans combat

     

    Lundi je t'aime

    L'autre dit mardi

    Mercredi aussi

    Tu dis je t'aime

    On s'aime jeudi

     

    La fin de la semaine

    Me terrasse au pied du lit

    Où j'épargne avec peine

    Ce qu'il me reste de vie

    La fin de la semaine

    Me fait grâce le lundi

    Mais comme une rengaine

    Me revient le vendredi

     

    Lundi je t'aime

    L'autre dit mardi

    Mercredi aussi

    Tu dis je t'aime

    On s'aime on s'aime à tout vent

    On s'aime... souvent 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Serait-il devenu si laid

    Que vous ne l'envisagiez plus

    Que vous a-t-il dit qu'a-t-il fait

    Qui vous ait à ce point déçu

     

    L'incorrigible enfant fait de son mieux

    Il fait de son mieux

     

    Lorsqu'il était drôle et charmant

    Vous recherchiez sa compagnie

    Le découvrez-vous différent

    Aurait-il gravement failli

     

    L'éternel débutant fait ce qu'il peut

    Il fait ce qu'il peut

     

    On l'a vu consacrer ses nuits

    À tous ceux qu'il aimait vraiment

    A-t-il mérité le mépris

    Que vous lui vouez maintenant

     

    L'infatigable amant s'ennuie un peu

    Il s'ennuie un peu

     

    S'il sait se montrer vigilant

    Fidèle efficace et discret

    Il ne vous confie pas souvent

    Les clés de son jardin secret

     

    L'insoumis impatient fait ce qu'il veut

    Il fait ce qu'il veut

     

    Il a cultivé ses amis

    N'est pas près de démissionner

    N'a pas chuté au fond du puits

    Que pour lui leurs mains ont creusé

     

    L'acrobate imprudent ferme les yeux

     Il ferme les yeux

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  • (Auteur : Marceau Piana  / Compositeur : Michel Pierozzi)

    [À toi]

    Moi je levais les yeux au ciel

    Lorsque l'on me parlait d'amours

    Issues d'échanges de courriels

    Et de compliments tout autour

     

    J'avais bien du mal à comprendre

    Que l'on puisse ouvrir grands ses bras

    À n'importe qui fût-il tendre

    Et désirable de surcroît

     

    Je haussais toujours les épaules

    Et je me croyais à l'abri

    De ces coups de foudre si drôles

    Tellement pitoyables aussi

     

    Tu m'as parlé de connivences

    Entre ton talent et le mien

    Tu as vaincu mes réticences

    Je t'ai tracé d'autres chemins

     

    Tu ne posais pas de questions

    Je ne te répondais jamais

    Sur l'écran je guettais ton nom

    Lui seul m'importait désormais

     

    Je hausse toujours les épaules

    Je ne me sens plus protégé

    De tes paroles qui m'enjôlent

    Par Internet interposé

     

    Je détestais les faux mirages

    Le chant sirupeux des poèmes

    Maintenant j'ai choisi ta page

    Celle où tu aimes que je t'aime

     

    Si je te trouble quelquefois

    Je sais que je nous rends heureux

    Que tu te demandes pourquoi

    Nous nous attirons tous les deux

     

    Je ne hausse plus les épaules

    Ne lève plus les yeux au ciel

    Je te caresse et tu me frôles

    D'un virtuel battement d'aile

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    [À ma mère]

    Tu es faite des bois que rajeunit l'orage

    Tu es de ces refrains chantés à la veillée

    Tu es peinte des fleurs que j'épargne au passage

    Senteurs hors de saison sous les feuilles rouillées

     

    Tes bras se multiplient au-dessus de ma tête

    Charmille improvisée à mes pas ombrageux

    Ton rire est un écho en harmonie parfaite

    Avec un cri d'espoir inondant un ciel bleu

     

    Je ne t'ai jamais dit je t'aime

    Ce serait superflu je crois

    Je ne t'ai jamais dit je t'aime

    Trois mots galvaudés tant de fois

     

    Tu es de ces ruisseaux dont la voix désaltère

    Et de ces champs de blé que décoiffe le vent

    Tu es cette oasis où je mets pied à terre

    Pour quêter un peu d'eau et dormir un instant

     

    Si les ans ont froissé de leurs doigts ton visage

    S'ils ont griffé tes mains aux épines du temps

    À mes yeux ils n'ont pas corrompu ton image

    Celle qui a pour moi la fraîcheur d'une enfant

     

    Je ne t'ai jamais dit je t'aime

    Mais ne le sais-tu pas déjà

    Je ne t'ai jamais dit je t'aime

    Cette chanson le fait pour moi 

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    16 commentaires
  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Philippe Kireeff)

    Quand le marin part en voyage

    Il abandonne sur le port

    Ses vieux parents et son village

    Une autre vie l'attend à bord

     

    Accoudé sur le bastingage

    Au soleil couchant il choisit

    Parmi ses copains d'abordage

    Celui qu'il mettra dans son lit

     

    Quand le soldat part pour la guerre

    Il quitte à regret sa maison

    La fille du garde-barrière

    Une autre vie l'attend au front

     

    Avec son arme en bandoulière

    Il s'en va d'un pas triomphant

    Une main sur sa cartouchière

    L'autre dans celle du commandant

     

    Quand je m'éloigne de la France

    J'ai la nostalgie de chez moi

    Mais je fais preuve de patience

    Une autre vie m'attend là-bas

     

    Je passe de sages vacances

    À me refaire une santé

    Dans le repos la continence

    Et vous envoie de doux baisers

     

    Vous attendiez-vous à autre chose ? 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Le petit vieux n'a pas vingt ans

    Il se suicide tout le temps

    Et s'ennuie à longueur de jour

    Il manque d'air et puis d'amour

    La fillette a quatre-vingts ans

    Elle renaît à chaque instant

    Ses jours lui paraissent trop courts

    Cousus de joies tissés d'amour

     

    Dans une prairie voisine

    Poussait un tendre chardon

    Qui tenait dans ses épines

    Une vraie fleur de coton

    Sur le flanc de la colline

    Dans le plus total abandon

     

    Le vieil enfant fume le cigare

    Boit des cocktails un peu bizarres

    Il a deux rides entre les yeux

    Ses lendemains ne sont pas bleus

    La jeune vieille aime les pralines

    Boit du sirop de grenadine

    Ses joues se plissent quand elle rit

    Ses rêves ne sont jamais gris

     

    Dans une prairie voisine

    Poussait un tendre chardon

    Qui serrait dans ses épines

    Une vraie fleur de coton

    Oubliés par les machines

    Épargnés par les fenaisons

     

    Lui la regarde s'amuser

    Tandis qu'elle a le dos tourné

    Et ferme les volets sans bruit

    Dès qu'elle s'endort sur le tapis

    Elle redoute de lui manquer

    Pourtant ça ne saurait tarder

    Et voudrait qu'il se lasse avant

    Qu'elle ne s'éteigne doucement

     

    Dans une prairie voisine

    Poussait un tendre chardon

    Qui griffait de ses épines

    Un cœur de fleur de coton

    Tout le reste on le devine

    N'est que pure imagination

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Je n'invite pas à danser

    À chanter en chœur avec moi

    Les hurlements les poings levés

    On ne m'a pas conçue pour ça

    Je suis là pour être écoutée

    Je ne vous ferai pas l'affront

    De quelques onomatopées

    Je laisse à d'autres sans façon

    Le soin de vous crétiniser

     

    Je suis une chanson

    Qui revendique l'intention

    De vous parler droit au cœur

    Sans artifice et sans heurt

    Je suis une chanson

    Je veux être au creux de votre oreille

    Vous tenir en éveil

     

    Je suis malicieuse ou naïve

    Comme vous pouvez l'être aussi

    Provocante ou récréative

    Je dépeins des tranches de vie

    Je réhabilite des mots

    Que l'on avait presque oubliés

    Au profit d'un système idiot

    De langue stéréotypée

    Qui se répercute en écho

     

    Je suis une chanson

    Je n'ai pas besoin d'un canon

    Pour vous redonner du cœur

    Un certain goût du bonheur

    Je suis une chanson

    Il ne tient qu'à vous que je sois belle

    Rendez-moi immortelle

     

    N'attendez pas que je me nomme

    Ni que je vous cède mes clés

    J'ai du respect pour vous en somme

    Quand je répugne à bêtifier

    Je ne suis pas un chant guerrier

    Un air de ralliement mondial

    Je me refuse à répéter

    Ce que vous dit votre journal

    Essayons de nous envoler

     

    Je suis une chanson

    Qui reconnaît son ambition

    De vous chatouiller le cœur

    De vous emmener ailleurs

    Une simple chanson

    Si vous parvenez à m'adopter

    À me perpétuer

    Alors j'aurai... gagné

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Quand ton sommeil est le plus fort

    Je ne te reconnais jamais

    Je sais que ton amour est mort

    Sinon tu te réveillerais

    Pourtant je ne peux pas y croire

    Les apparences m'ont trompé

    Puisqu'il me reste cet espoir

    Qui ne veut pas m'abandonner

     

    Tu es la larme sur ma joue

    Tu es le cerne sous mes yeux

    De tous les rôles que tu joues

    C'est celui qui te va le mieux

    Je voudrais tant pouvoir me dire

    Que j'ai l'impression de t'aimer

    Par caprice ou simple plaisir

    Par crainte de te remplacer

     

    Tu es le mur de ma prison

    Infranchissable et quotidien

    Faut-il que j'y heurte mon front

    Ou dois-je rebrousser chemin

    Mon seul effort en attendant

    Consiste à me tenir debout

    Si je te hais le plus souvent

    C'est pour ne pas devenir fou

     

    Je t'aime et j'en meurs lentement

    J'ai mis une arme entre tes mains

    Et tu t'en sers inconsciemment

    Le moindre de tes mots m'atteint

    Chaque jour plus indifférent

    Quand il ne se fait pas moqueur

    Ton regard me blesse en passant

    Aussi froid qu'une balle au cœur

     

    Ton regard me blesse en passant

    Aussi froid qu'une balle au cœur

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    J'ai détesté mon nom

    Dès lors que je t'ai vu entrer

    J'ai compris que ce serait toi

    J'étais au bout de la rangée

    J'ai craint que tu ne me voies pas

     

    Avant que tu parviennes à moi

    L'un de mes compagnons pouvait

    Te charmer mille et une fois

    Je connaissais tous leurs attraits

     

    J'ai détesté mon nom

    Non je n'ai pas eu droit

    À Mariette ou Manon

    Pierrette ou Paméla

     

    Je m'étais résignée déjà

    Quand devant moi tu t'es dressé

    Puis tu m'as désignée du doigt

    Dans tes bras on m'a déposée

     

    Ce qui avait guidé ton choix

    Je l'ignorais sur le moment

    Depuis je sais que je le dois

    À mon beau manteau noir et blanc

     

    J'ai détesté mon nom

    Pourquoi pas Joséfa

    Juliette ou Jeanneton

    Babette ou Barbara

     

    Je m'abandonne à tes caresses

    Mais c'est toujours toi qui ronronnes

    Si mon corps brûle de tendresse

    C'est pour l'amour que tu me donnes

     

    Nous restons très indépendants

    Sans pourtant nous quitter des yeux

    Et je me demande souvent

    Quel est le plus félin des deux

     

    J'ai détesté mon nom

    Emprunté à Zola

    J'ai changé d'opinion

    Puisqu'il me vient de toi

    Je m'appelle Nana

    Na !

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Veux-tu être mon ami d'enfance

    Le mien s'est bien trop mal conduit

    N'a pas donné signe de vie

    Ne m'a pas suivi jusqu'ici

     

    Je te dirai le ciel qui m'a vu naître

    Les matins bleus dans le jardin douillet

    Les mots naïfs de tes précieuses lettres

    Quand tu partais pour le mois de juillet

    Je te dirai nos jeudis pigeon-vole

    Nos yeux gourmands à l'instant du goûter

    Les punitions et le maître d'école

    Qui sentait l'encre et l'éponge mouillée

     

    Veux-tu être mon ami d'enfance

    Celui qui ne m'a pas quitté

    Qui a grandi à mes côtés

    Mais m'a toujours un peu manqué

     

    Je te dirai les chaudes promenades

    Dans les rochers au-dessus de chez moi

    Les doigts noircis par le jus de grenade

    Les cris des filles et nos premiers émois

    Je te dirai nos fâcheries faciles

    Nos beaux détours pour nous réconcilier

    L'oreille en feu et la main malhabile

    Sous les draps frais des troubles nuits d'été

     

    Veux-tu être mon ami d'enfance

    Celui qui défiera l'oubli

    Qui réinventera nos vies

    Nos souvenirs à l'infini

     

    Dis, tu veux bien ?

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    [À Jacques Grugeaud qui m'a inspiré ce texte unique, et qui, par humilité, a refusé de le cosigner]

    Le cadavre d’Hector se raidit peu à peu

    Sorti de ma torpeur je réalise enfin

    Moi si frêle et si doux je n’en crois pas mes yeux

    Me voilà devenu meurtrier d’un vaurien

     

    Il y a quinze jours par la grille d’entrée

    Il a fait irruption brusquement dans ma vie

    Arrogant et viril insolent de beauté

    Ce frisson dans mon dos je l’ai compris depuis

     

    Protecteur et galant Hector s’est installé

    Il n'a saisi en moi que l'aspect féminin

    Mon allure équivoque a sans doute allumé

    Son instinct séducteur mais je n’y suis pour rien

     

    Et soudain ce matin sa toilette achevée

    Sans la moindre pudeur lascif on ne peut plus

    Il s’est jeté sur moi avec lubricité

    Aveuglé par la peur je me suis débattu

     

    Je pense avoir frappé à la tête et au cœur

    Animé par la rage et par l’indignation

    Légitime défense qui fait de moi l’auteur

    D’un crime passionnel sans préméditation

     

    Notre maître est absent et je crains son retour

    Il va me condamner mais c’est sa faute aussi

    Peut-on mettre en présence enfermés nuit et jour

    Deux mâles vigoureux au comble de l’ennui

     

    J’aurais dû c’est certain négliger mon plumage

    Me hisser par le bec au bord de la mangeoire

    Affûter mes ergots aux barreaux de la cage

    Mais je chante si bien du haut de mon perchoir

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Veux-tu me faire un enfant

    Conjuguer le meilleur de toi

    Et ce qu'il y a de mieux en moi

    Je veux te faire un enfant

     

    Il saura d'un sourire

    Attendrir nos réveils

    D'un seul trait colorier

    Nos premiers cheveux blancs

    Il prendra du plaisir

    À courir au soleil

    Et voudra se mêler

    Aux oiseaux dans le vent

     

    Inventif et poète

    Il fera des voyages

    Sans sortir de chez lui

    Ni se prendre au sérieux

    Il mettra dans nos fêtes

    L'ironie des mirages

    Et pour nos matins gris

    Ses yeux deviendront bleus

     

    Veux-tu me faire un enfant

    Conjuguer le meilleur de toi

    Et ce qu'il y a de mieux en moi

    Je veux te faire un enfant

     

    Il aura de l'amour

    Jusqu'au bout de ses doigts

    Pour donner du bonheur

    À la moindre caresse

    Il chantera les jours

    De langueur ou de froid

    Pour conjurer sa peur

    Et clamer sa jeunesse

     

    Il aura le courage

    Que je lui léguerai

    Un peu de ta candeur

    Comme une fleur aux dents

    Cette pudeur sauvage

    Que je ne peux cacher

    Porté par ta ferveur

    Il marchera devant

     

    Veux-tu me faire un enfant

    Conjuguer le meilleur de toi

    Et ce qu'il y a de mieux en moi

    Je veux te faire un enfant 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Véra Cité - Éva Porey

    Lily Pucien - Lucie Férien

    Éloi Nieumant - Henri Chissan

    Otto Cuiseur - Harry Cobeur

     

    Marie Vodage : « Manque un peu de naturel. »

    Rose Opansan : « Intelligente. »

    Juste Milieu : « Se maintient dans la moyenne... »

    Jean Transène : « Doué pour le théâtre. »

    Côme Toulmonde : « Rien à ajouter... »

    Théo Logy : « Lève les yeux au ciel au moindre reproche...  »

     

    Sophie Stiké - Emma Sculey

    Inès Tétic - Milly Métrique

    Christiane Hizé - Prosper Itey

    Manu Tansion - Daisy Lusion

     

    Pierre Abriquet : « S'enflamme pour un rien... »

    Annie Malcull : « Trop effacée... »

    Jacques Assery : « Très bavard en classe... »

    Hélène Histic : « À orienter vers le latin. »

    Guy Niolet : « Sous influence... »

    Charles Attan : « Noie ses mauvais résultats sous un flot de belles promesses... »

     

    Annie Versaire - Pat Hibulaire

    Éric Assez - Béa Tiffier

    Rémi Nissence - Éva Naissance

    Anna Tommy - Jean Darmery

     

    Larry Mériche : « Finira poète... »

    Manu Military : « Agressivité à modérer... »

    Henri Bambel : « À isoler... »

    Jeanne Hissère : « Disciplinée. »

    Martin Gall : « Préfère le jeu à l'étude... »

    Alain Provist : « Me réserve parfois la surprise de sa présence... »

     

    Eddy Torial – Gilles Éparbal

    Blanche Hissery – Yves Rognerie

    Marthe O'Pikeur – Maud Hulateur

    Ali Mentère – Élie Coptère

     

    Paco Tille : « Tendance à se dévaloriser... »

    Pierre Kiroul : « Insaisissable. »

    Nick Ottine : « Fume dans les toilettes... »

    Tony Truant : « À surveiller de très près... »

    Vic Torieu : « Attention, trop sûr de lui... »

    Et Pat Attra : « … Je tombe de sommeil, j'arrête là, on verra demain ! »

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    J'aimerais bien me rencontrer

    Pour la toute première fois

    Pouvoir un jour me dédoubler

    Entendre le son de ma voix

    Me découvrir sans crier gare

    Et me demander mon chemin

    En plein soleil sur le trottoir

    Je voudrais me serrer la main

     

    Comme si je ne savais pas

    Ce que je fais ce que je suis

    Si je ne me connaissais pas

    Serais-je l'ombre d'un ami

    Aurais-je envie de me parler

    Si je me croisais dans la rue

    Me serais-je au moins remarqué

    Au milieu d'autres inconnus

     

    Ne serait-ce qu'un court instant

    Je voudrais subir mon regard

    Le trouverais-je intelligent

    Me sourirais-je par hasard

    Savoir de quelle sympathie

    De quelle angoisse au fil du temps

    De quel attrait de quel mépris

    Je suis l'héritier inconscient

     

    J'aimerais m'être présenté

    Par quelque voisin au grand cœur

    Pouvoir à l'aise m'observer

    Sous le nez dans un ascenseur

    Pour connaître alors mes pensées

    Je donnerais n'importe quoi

    Même si je devais y laisser

    Le peu d'espoir que j'ai en moi

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Quand je sais que tu dois venir

    Aussitôt je deviens vitrine

    Je m'invente alors des sourires

    En un clin d'œil je m'illumine

    J'apprends les mots qu'il faudra dire

    Tu les attends je les devine

    Je me déguise avec plaisir

    En moi tel que tu me dessines

     

    Je suis l'acteur de complément

    Qu'on ne regarde pas

    Celui qui perd son temps

    Devant les caméras

    Silhouette en deçà

     

    Je veux me ressembler pour toi

    Être fidèle à cette image

    Que tu te fais toujours de moi

    Qui tangue et résiste aux naufrages

    Si tu me reviens quelquefois

    C'est que tient bon le maquillage

    De ce comédien que l'on voit

    N'incarner qu'un seul personnage

     

    Je suis l'acteur de complément

    Qu'on ne remarque pas

    Qui se fond simplement

    Dans le décor là-bas

    Où il s'endort parfois

     

    Lorsque tu partiras vraiment

    Quand quelqu'un aura pris ma place

    J'abandonnerai doucement

    Mon ancien rôle et mes grimaces

    Tant pis pour les grands sentiments

    Que l'on préserve et qui s'entassent

    Il y a déjà trop longtemps

    Que je ne me regarde en face

     

    Je suis l'acteur de complément

    Que l'on n'applaudit pas

    L'éternel figurant

    Qui ne sortira pas

    De son anonymat 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Les chats ne chassent plus ils cherchent à se cacher

    L'hiver vociférant violente la vallée

    Des cris criblent les cœurs de leurs cordes cassées

    Des bombes rebondissent au bord des barbelés

     

    La guerre existe

    La guerre existe

     

    Le vent voit s'envoler des vautours éventrés

    Des corps comblent les creux des caveaux cabossés

    Des bras branlent brûlants sur des barreaux brisés

    Des formes floues s'effondrent à demi disloquées

     

    La guerre existe

    La guerre existe

     

    Des mains s'emmêlent immondes en armée momifiée

    Leurs doigts scandent une ronde où dansent les damnés

    Les fusils qu'ils fourbissent enflamment les bûchers

    Où nos filles effarées s'affaissent crucifiées

     

    La guerre existe

    La guerre existe

     

    Ma mère emmène-moi aux mers immaculées

    Dont tu parlais parfois pour te faire pardonner

    Je tombe de ces tombes où tu n'es pas tombée

    Sauve-moi de mes rêves et viens me délivrer

     

    La guerre existe

    Ha tu croyais m'épargner

    Mais la guerre existe

    Que ne suis-je mort-né

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Le vent s'étire et souffle sur la ville

    Éparpillant les spectres de la nuit

    Les oiseaux noirs vont se cacher dociles

    Le jour se lève et ils ont peur de lui

     

    Pendant ce temps tu te réveilles

    Loin de chez moi et tu t'en fous

    Au même instant je me réveille

    Je pense à toi et puis c'est tout

     

    Le vent s'emporte et se heurte aux falaises

    En dissipant la touffeur de midi

    Le soleil frappe au zénith et s'apaise

    Comme un enfant que l'effort étourdit

     

    Pendant ce temps tu te promènes

    Loin de chez moi et tu t'en fous

    Au même instant je me promène

    Je pense à toi un point c'est tout

     

    Le vent se calme et se mêle aux nuages

    Ébouriffant les senteurs de la nuit

    Les oiseaux noirs s'échappent de leur cage

    Le jour s'en va délivré de leurs cris

     

    Pendant ce temps tu t'abandonnes

    Loin de chez moi et tu t'en fous

    Au même instant je déraisonne

    Je pense à toi et voilà tout

    Et voilà tout 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Philippe Meoni)

    Qui es-tu pour moi face aux autres

    Une énigme qu'ils ne sont pas

    Je n'ose interroger les autres

    Ils répondraient n'importe quoi

     

    Qu'as-tu donc de plus que les autres

    Un quelque chose qu'ils n'ont pas

    Que je recherche chez les autres

    Que je ne retrouve qu'en toi

     

    Que fais-tu de mieux que les autres

    Quand tes yeux se posent sur moi

    Ils me regardent aussi les autres

    Tandis que c'est toi qui me vois

     

    Que m'apprends-tu plus que les autres

    Pour que je n'entende que toi

    Ils te dénigrent un peu les autres

    Mais je n'écoute que ta voix

     

    Je ne sais pas auprès des autres

    Qui je suis si tu n'es pas là

    Dis-moi pourquoi les mains des autres

    N'ont pas la douceur de tes doigts

     

    J'abandonnerais tous les autres

    S'il ne fallait garder que toi

    Ils n'ont qu'un seul défaut les autres

    Celui de ne pas être toi

     

    Ils n'imaginent pas les autres

    À quel point je n'aime que toi

    À quoi bon l'avouer aux autres

     Tu restes mon secret à moi

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Maigre comme la mort

    Vous m'êtes apparu

    J'ai heurté votre corps

    À l'angle de la rue

     

    Vous ne sentiez pas bon

    Vous étiez mal rasé

    Vous frôliez les maisons

    Pour ne pas tituber

     

    Je venais de croiser

    Un être qui fut beau

    Que l'on a cru aimer

    En lui brisant le dos

     

    J'ai su que vous n'étiez

    Déjà plus parmi nous

    Je me dois d'avouer

    Que j'ai eu mal pour vous

     

    Vous n'espériez plus rien

    Sur ce triste trottoir

    C'était votre chemin

    Celui de chaque soir

     

    J'aurais voulu au moins

    Vous voir ouvrir les yeux

    Vous prendre par la main

    Et vous parler un peu

     

    Le temps de réagir

    Trop tard me retourner

    Je vous ai vu franchir

    La porte d'un café

     

    Comment vous oublier

    Il se pourrait bientôt

    Que vous me retrouviez

    Dans ce petit bistrot

     

    Comment vous oublier

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