• Cessons de raconter des fables

     

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Cessons de raconter des fables »

     

    Un vieux pervers infréquentable

    Une sournoise aïeule aigrie

    Deviennent-ils gens respectables

    Parce qu'ils ont les cheveux gris

     

    Les anciens parlent sans alarme

    Des bonheurs qui ponctuent la vie

    Je cherche en vain le moindre charme

    Au bouquet de fleurs qui pourrit

     

    Cessons de raconter des fables

    Fermons nos fenêtres sans bruit

     

    On a beau le nommer grand-père

    L'épouvantail le plus gentil

    N'attendrit pas quand il a l'air

    D'un fruit talé d'un pain rassis

     

    Ne vaut-il pas mieux s'abstenir

    D'imposer aux yeux des enfants

    Le calque de leur devenir

    L'insidieux ravage du temps

     

    Cessons de raconter des fables

    Précipitons-nous dans un puits

     

    Peut-on se regarder en face

    Et ne pas éprouver d'effroi

    Penché au-dessus d'une glace

    Où l'on ne se reconnaît pas

     

    Vieillir n'a rien de raisonnable

    Ce n'est qu'une lente agonie

    Une maladie incurable

    Un sort cruel que l'on subit

     

    Cessons de raconter des fables

    N'attendons pas qu'on nous oublie

     

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  • Monsieur

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Jacqueline Vanhoorde)

    [Merci à Michel Pierozzi pour son bel arrangement-cadeau]

    Écouter « Monsieur »

     

    Je vous côtoie depuis longtemps

    Pourtant

    Nous connaissons-nous pour autant

    Vraiment

    Si nous vivions l'un contre l'autre

    Mes buts n'étaient jamais les vôtres

    Monsieur

     

    On ne s'est pas toujours compris

    Tant pis

    Mais c'est vous qui m'avez appris

    La vie

    Qui me l'avez rendue si douce

    Moitié velours et moitié mousse

    Monsieur

     

    Vous m'avez peu parlé de vous

    C'est fou

    Je ne sais presque rien du tout

    De vous

    Et c'est pour cela que sans doute

    Je n'ai pas suivi votre route

    Monsieur

     

    Je vous rejoins quelques instants

    À temps

    Aurez-vous bientôt quarante ans

    Ou cent

    Attendez-moi si ça vous tente

    Cette perspective m'enchante

    Monsieur

     

    Moi qui ne vous ressemble pas

    Je crois

    Je m'attendris quand j'aperçois

    Parfois

    Dans vos yeux l'étrange étincelle

    Qu'allume un air de violoncelle

    Monsieur

     

    Par pudeur ou timidité

    Qui sait

    Je n'ai jamais encore osé

    Aller

    Jusqu'au plus profond de moi-même

    Et m'avouer que je vous aime

    Monsieur

    Monsieur mon père

     

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  • L'Objet

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « L'Objet »

     

    J'ai envie d'être inutile

    Comme un rituel pompeux

    Une antiquité fragile

    Un bois précieux

    Une horloge infatigable

    Bête et placide à la fois

    N'importe quoi de cassable

    Mais qui se voie

     

    Être un objet quelques heures

    Insensible et luxueux

    Imperméable au bonheur

    Voilà tout ce que je veux

    Être un objet fier et froid

    Une armure un pont-levis

    Auquel personne ne croit

    Parce qu'il n'a pas de prix

     

    J'ai envie d'être une chose

    Qui ne se marchande pas

    Une fresque noire et rose

    Ou un bouddha

    Je voudrais que l'on m'admire

    Par comble de mauvais goût

    Tel un parfum qu'on respire

    Et qui rend fou

     

    Être un objet quelques heures

    Imbécile et prétentieux

    Indifférent au bonheur

    Voilà tout ce que je veux

    Être un objet dur et froid

    Un fossile une momie

    Qu'on jalouse malgré soi

    Parce qu'il n'a pas de prix

     

    J'ai envie d'être une pierre

    Dont l'inimitable éclat

    Fasse baisser les paupières

    Un tanagra

    Être une flèche au curare

    Que l'on n'ose pas toucher

    Le trésor d'un roi barbare

    Millésimé

     

     Être un objet quelques heures

    Utopique et fabuleux

    Qui se moque du bonheur

    Voilà tout ce que je veux

    Être un objet lourd et froid

    Un gisant de marbre gris

    Qu'on patine avec émoi

    Parce qu'il n'a pas de prix

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  • Veux-tu être mon ami d'enfance ?

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Veux-tu être mon ami d'enfance ? »

     

     

    Veux-tu être mon ami d'enfance

     

    Le mien s'est bien trop mal conduit

     

    N'a pas donné signe de vie

     

    Ne m'a pas suivi jusqu'ici

     

     

    Je te dirai le ciel qui m'a vu naître

     

    Les matins bleus dans le jardin douillet

     

    Les mots naïfs de tes précieuses lettres

     

    Quand tu partais pour le mois de juillet

     

    Je te dirai nos jeudis pigeon-vole

     

    Nos yeux gourmands à l'instant du goûter

     

    Les punitions et le maître d'école

     

    Qui sentait l'encre et l'éponge mouillée

     

     

    Veux-tu être mon ami d'enfance

     

    Celui qui ne m'a pas quitté

     

    Qui a grandi à mes côtés

     

    Mais m'a toujours un peu manqué

     

     

    Je te dirai les chaudes promenades

     

    Dans les rochers au-dessus de chez moi

     

    Les doigts noircis par le jus de grenade

     

    Les cris des filles et nos premiers émois

     

    Je te dirai nos fâcheries faciles

     

    Nos beaux détours pour nous réconcilier

     

    L'oreille en feu et la main malhabile

     

    Sous les draps frais des troubles nuits d'été

     

     

    Veux-tu être mon ami d'enfance

     

    Celui qui défiera l'oubli

     

    Qui réinventera nos vies

     

    Nos souvenirs à l'infini

     

     

    Dis, tu veux bien ?

     

     

     

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  • Inachevé

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    [En duo avec Michèle Garance]

    Écouter « Inachevé »

     

     

    J'ai dessiné ses yeux sur un morceau de bois

     

    J'ai gravé ses cheveux autour de son visage

     

    Et c'était le regard qu'elle avait autrefois

     

    Quand le soir éteignait sa crinière sauvage

     

     

    Mais le portrait restait morose

     

    Il refusait de me parler

     

    J'avais oublié quelque chose

     

    Il était loin d'être achevé

     

     

    Alors j'ai peint son front pour qu'elle pense à moi

     

    J'ai mis un trait de bleu sur ses longues paupières

     

    J'ai posé sur ses joues qui rougissaient parfois

     

    Un coucher de soleil à la tiède lumière

     

     

    Mais le portrait restait de glace

     

    Il se plaisait à m'ignorer

     

    Enfant rétif refrain tenace

     

    Il demeurait inachevé

     

     

    Puis un jour je me suis arrêté en chemin

     

    Je venais d'esquisser les contours de sa bouche

     

    Le pinceau s'est soudain échappé de ma main

     

    Comme un oiseau blessé que la nuit effarouche

     

     

    Et le portrait m'a dit je t'aime

     

    Lorsque j'ai voulu l'effacer

     

    Mais il était trop tard quand même

     

    Il est resté inachevé

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  • Triangle

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Triangle »

     

    Sarah me donne sa main

     

    Nous nous sentons bien

     

    Heureux

     

    Lui qui ne dort toujours pas

     

    Ne nous quitte pas

     

     Des yeux

     

     

    Sylvain s'est suicidé

     

    Il s'est jeté par la fenêtre

     

    Je t'aimais trop Sarah peut-être

     

    Nous n'avons pas su partager

     

     

    Sarah me donne un baiser

     

    Un autre baiser

     

    Puis trois

     

    Lui qui ne peut rien nous dire

     

    Pousse un long soupir

     

    Tout bas

     

     

    Sylvain s'est suicidé

     

    Il s'est jeté par la fenêtre

     

    Je t'aimais trop Sarah peut-être

     

    La jalousie l'a emporté

     

     

    Sarah me donne son corps

     

    Encore et encore

     

    Je l'aime

     

    Lui qui pleure à cœur ouvert

     

    Nous regarde faire

     

    Quand même

     

     

    Sylvain s'est suicidé

     

    Il s'est jeté par la fenêtre

     

    Je t'aimais trop Sarah peut-être

     

    Il n'a pas pu le supporter

     

     

    Sarah me donne ses rêves

     

    Mais le jour se lève

     

    Déjà

     

    Lui qui me veille la nuit

     

    N'est plus dans son lit

     

    Pourquoi

     

     

    Sylvain s'est suicidé

     

    Il s'est jeté par la fenêtre

     

    Je t'aimais trop Sarah peut-être

     

    Il s'est senti abandonné

     

    Tu aurais dû l'apprivoiser

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  • L'Homme invisible

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « L'Homme invisible »

     

    C'est peut-être risible

     

    Commode quelquefois

     

    Le plus souvent terrible

     

    Mais qui s'en aperçoit

     

    Et bien qu'inaccessible

     

    Je m'enferme chez moi

     

    Je suis l'homme invisible

     

    Par pitié parlez-moi

     

     

    Je vis toujours seul comme un sauvage

     

    Personne à qui donner la main

     

    Je vous ferais peur et c'est dommage

     

    Si je vous caressais soudain

     

    J'ai perdu la clé de la formule

     

    Qui me permettait à mon gré

     

    De redevenir sans préambule

     

    Un simple obstacle à contourner

     

     

    C'est peut-être risible

     

    Pratique quelquefois

     

    Le plus souvent horrible

     

    Mais qui s'en aperçoit

     

    Je suis presque invincible

     

    Mais n'en profite pas

     

    Je suis l'homme invisible

     

    Par pitié touchez-moi

     

     

    J'aurais supporté ma transparence

     

    Si je ne t'avais rencontrée

     

    N'être que du vent c'est peu de chance

     

    Quand on voudrait se faire aimer

     

    Tu ne connaîtras pas mon visage

     

    Moi-même je l'ai oublié

     

    Passif et voyeur sans mes bandages

     

    Je vieillirai à tes côtés

     

     

    C'est peut-être risible

     

    Enviable quelquefois

     

    Le plus souvent pénible

     

    Mais qui s'en aperçoit

     

    Je fais tout mon possible

     

    Pour garder mon sang-froid

     

    Mais c'est irréversible

     

    Je suis l'homme invisible

     

    Par pitié voyez-moi

     

    Je suis l'homme invisible

     

    Par pitié voyez-moi

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  • Les Autres

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Philippe Méoni)

    Écouter « Les Autres »

     

    Qui es-tu pour moi face aux autres

    Une énigme qu'ils ne sont pas

    Je n'ose interroger les autres

    Ils répondraient n'importe quoi

     

    Qu'as-tu donc de plus que les autres

    Un quelque chose qu'ils n'ont pas

    Que je recherche chez les autres

    Que je ne retrouve qu'en toi

     

    Que fais-tu de mieux que les autres

    Quand tes yeux se posent sur moi

    Ils me regardent aussi les autres

    Tandis que c'est toi qui me vois

     

    Que m'apprends-tu plus que les autres

    Pour que je n'entende que toi

    Ils te dénigrent un peu les autres

    Mais je n'écoute que ta voix

     

    Je ne sais pas auprès des autres

    Qui je suis si tu n'es pas là

    Dis-moi pourquoi les mains des autres

    N'ont pas la douceur de tes doigts

     

    J'abandonnerais tous les autres

    S'il ne fallait garder que toi

    Ils n'ont qu'un seul défaut les autres

    Celui de ne pas être toi

     

    Ils n'imaginent pas les autres

    À quel point je n'aime que toi

    À quoi bon l'avouer aux autres

    Tu restes mon secret à moi

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  • La Truie

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « La Truie »

     

    J'avais la chevelure blonde

     

    La taille souple et les yeux gris

     

    Je ne connaissais rien du monde

     

    Quand on m'a donné un mari

     

    Je fus heureuse quelques jours

     

    Comblée une poignée de nuits

     

    Et puis j'ai guetté son retour

     

    Tant d'années ont passé depuis

     

     

    Première femme du sultan

     

    Sa confidente et son amie

     

    Je viens de fêter mes trente ans

     

    Mais suis bien trop vieille pour lui

     

    Ce n'est pas que ça me dérange

     

    Je suis lasse et docile aussi

     

    Désabusée je bois je mange

     

    Et suis plus grasse qu'une truie

     

     

    J'ai pourtant été la plus belle

     

    Des pucelles de mon pays

     

    Mais ne ressemble plus à celles

     

    Qui ont les honneurs de son lit

     

    Il a déjà dix-huit épouses

     

    La dernière est plutôt jolie

     

    Je n'ai jamais été jalouse

     

    À rien cela n'aurait servi

     

     

    Je règne sur tout le harem

     

    J'initie les autres à l'amour

     

    Les apprête comme il les aime

     

    Et j'en suis remerciée toujours

     

    Je m'endors auprès d'un eunuque

     

    Me pelotonne contre lui

     

    Et c'est son souffle sur ma nuque

     

    Qui me maintient encore en vie

     

     

    Et c'est son souffle sur ma nuque

     

    Qui me maintient encore en vie

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  • L'Inconnu du crépuscule

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Écouter « L'Inconnu du crépuscule »

     

    Maigre comme la mort

    Vous m'êtes apparu

    J'ai heurté votre corps

    À l'angle de la rue

     

    Vous ne sentiez pas bon

    Vous étiez mal rasé

    Vous frôliez les maisons

    Pour ne pas tituber

     

    Je venais de croiser

    Un être qui fut beau

    Que l'on a cru aimer

    En lui brisant le dos

     

    J'ai su que vous n'étiez

    Déjà plus parmi nous

    Je me dois d'avouer

    Que j'ai eu mal pour vous

     

    Vous n'espériez plus rien

    Sur ce triste trottoir

    C'était votre chemin

    Celui de chaque soir

     

    J'aurais voulu au moins

    Vous voir ouvrir les yeux

    Vous prendre par la main

    Et vous parler un peu

     

    Le temps de réagir

    Trop tard me retourner

    Je vous ai vu franchir

    La porte d'un café

     

    Comment vous oublier

    Il se pourrait bientôt

    Que vous me retrouviez

    Dans ce petit bistrot

     

     

    Comment vous oublier

     

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  • La Bastonnade

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Philippe Kireeff)

    [En duo avec Lyne C.]

    Écouter « La Bastonnade »

     

    Si je m'en vais

    Coup de balai

    Tu ne dis rien

    Puis j'en ai marre

    Coup de cafard

    Et je reviens

    Et tu reviens

     

    À mon réveil

    Coup de soleil

    Tu n'es plus là

    Je pleure un peu

    Un coup de vieux

    Tant pis pour moi

     

    Quand tu souris

    Coup de roulis

    Tu me rassures

    J'écris ton nom

    Coup de crayon

    Sur tous les murs

    Sur tous les murs

     

    Si tu te fâches

    Coup de cravache

    Je fanfaronne

    Tu es à bout

    Coup de bambou

    Et m'abandonnes

     

    Quand tu défends

    À coups de dents

    Ta liberté

    Je fais le beau

    Coup de chapeau

    Pour t'enjôler

    Pour m'enjôler

     

    Alors je fonds

    Coup de chiffon

    Au creux des draps

    Tu me rejoins

    D'un coup de reins

    Tu es à moi

    Je suis à toi

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  • La Solitude à deux

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Écouter « La Solitude à deux »

     

    Les ormes du jardin se dessinent dans l’eau

     

    Un rayon de ciel gris traverse mes carreaux

     

    Si je cesse un instant de me pencher sur moi

     

    J’entends glisser la nuit sur les tuiles du toit

     

     

    À mes côtés

     

    Toi

     

    Tu n’es qu’à côté

     

    Tu me parles peu

     

    À tes côtés

     

    Moi

     

    Je viens d’effleurer

     

    La solitude à deux

     

     

    Le voisin me salue d’un clin d’œil enfantin

     

    J’envie sa joie de vivre et son sourire en coin

     

    La brise dans ses doigts me siffle sa chanson

     

    Ce soir je ne veux pas reprendre à l’unisson

     

     

    À mes côtés

     

    Toi

     

    Tu n’es qu’à côté

     

    Tu me vois si peu

     

    À tes côtés

     

    Moi

     

    Je feins d’ignorer

     

    La solitude à deux

     

     

    Le chat sur le gazon semble guetter sa proie

     

    La cloche du beffroi vient de tinter six fois

     

    Les ormes du jardin se sont couchés dans l’eau

     

    Un livre entre les mains tu me tournes le dos

     

     

    À mes côtés

     

    Toi

     

    Tu n’es qu’à côté

     

    Tu m’aimes bien peu

     

    De mon côté

     

    Moi

     

    Je vais déserter

     

    La solitude à deux

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    4 commentaires
  • Remords d'un carnivore

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Remords d'un carnivore »

     

    Je n'aime qu'un collier

    Dans ta boîte à bijoux

    J'avoue le déguster

    En blanquette en ragoût

     

    Tes côtes m'affriolent

    Quand je les sens griller

    Et je crierais au viol

    S'il fallait partager

     

    Ta souris est divine

    Confite dans le miel

    Mijotée ta poitrine

    Un avant-goût du ciel

     

    Ton épaule est exquise

    Et mon palais mutin

    La fête et l'angélise

    À la Saint-Navarin

     

    J'enrage et me flagelle

    D'oser me délecter

    Du fondant de ta selle

    De ton filet braisé

     

    Quelle étrange nature

    Qui créa le gigot

    Cette merveille pure

    Pauvre petit agneau

     

    Si l'on m'envoyait paître

    Je l'aurais mérité

    Mais je dois bien l'admettre

    Je t'aime à te croquer

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    [En duo avec Michèle Garance]

    Écouter « Charles-Geneviève »

     

    Il était beau comme une fille

     

    Sa barbe n'était qu'un duvet

     

    Charmeur de la tête aux chevilles

     

    On en fit un agent secret

     

     

    Elle était fière et douce et fine

     

    Pareille au fil de son épée

     

    La grande amie d'une tsarine

     

    Et de ses romans préférés

     

     

    C'était un vaillant capitaine

     

    Un chevalier de Saint-Louis

     

    Homme jusqu'à la quarantaine

     

    C'est son roi qui le travestit

     

     

    C'était une troublante dame

     

    Geneviève on la prénommait

     

    Que d'anonymes épigrammes

     

    Fiancèrent à Beaumarchais

     

     

    Entre les deux chacun hésite

     

    On conjecture on prend parti

     

    Pourquoi pas un hermaphrodite

     

    Qu'importe son sexe aujourd'hui

     

     

    Ne détruisons pas la légende

     

    Qui était ce monsieur d'Éon

     

    Si jamais on vous le demande

     

    Répondez : « Charles de Beaumont »

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  • Le Supplicié

     

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Le Supplicié »

     

    Je me consume sous tes yeux

     

    Comme un sorcier sur un bûcher

     

    Tu m'as immolé par le feu

     

    À ton intouchable beauté

     

     

    Aurais-je un jour offensé

     

    Un dieu sans compassion

     

    Pour avoir mérité

     

    La mort par combustion

     

     

    Je suis pendu à ton sourire

     

    Un nœud de corde autour du cou

     

    Tu peux m'étrangler ou bien pire

     

    Ouvrir la trappe sur le trou

     

     

    Mais que n'ai-je donc pas fait

     

    À ce dieu sans pardon

     

    Qui m'envoie au gibet

     

    Pourrir à Montfaucon

     

     

    Je m'écartèle sur ton corps

     

    Lié aux quatre coins du lit

     

    Tu as décidé de mon sort

     

    M'as condamné au pilori

     

     

    Qui est ce dieu sans pitié

     

    Est-il devenu fou

     

    Suffirait-il d'aimer

     

    Pour encourir la roue

     

     

    Je vis cloué à tes caresses

     

    À tes fourches patibulaires

     

    Du bout des ongles tu me laisses

     

    Les bras en croix rue du Calvaire

     

     

    Quel est le mode d'emploi

     

    De ce dieu sans merci

     

    Mais Dieu n'existe pas

     

    C'est Lui qui me l'a dit

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  • Guillaume et le Miroir

     (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Guillaume et le Miroir »

     

    Guillaume a volé le miroir de sa maman

     

    Afin de s'y contempler inlassablement

     

    Il se déguise et se grime à la dérobée

     

    D'encre bleue de craie blanche et de liège brûlé

     

     

    Petit Guillaume petit Guillaume

     

    Aime bien les jeux dangereux

     

    Petit Guillaume petit Guillaume

     

    Comme un arlequin capricieux

     

    Insatisfait dans son costume de flanelle

     

    Il est déçu de ne pas se trouver plus belle

     

     

    Guillaume a gardé le miroir de sa maman

     

    Le soir venu il s'y observe librement

     

    Il se transforme et se farde en un tour de main

     

    D'un crayon noir d'un bâton de rouge carmin

     

     

    Monsieur Guillaume monsieur Guillaume

     

    Aime tant les jeux amoureux

     

    Monsieur Guillaume monsieur Guillaume

     

    Comme un magicien audacieux

     

    La taille étriquée dans une robe nouvelle

     

    Le voilà surpris de se trouver presque belle

     

     

    Guillaume a brisé le miroir de sa maman

     

    Ses yeux soudain sont devenus moins complaisants

     

    Trop fatigué pour se démaquiller encore

     

    Sous sa perruque un peu de travers il s'endort

     

     

    Le vieux Guillaume le vieux Guillaume

     

    Ne sait plus se prendre à son jeu

     

     Le vieux Guillaume le vieux Guillaume

     

    Comme un pauvre clown ennuyeux

     

    Dans les replis bien défraîchis de ses dentelles

     

     Il a perdu tout espoir de se trouver belle

     

     

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  • Un monde pour moi

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Un monde pour moi »

    Il me faut une grosse maison

     

    Avec des murs épais pour les quatre saisons

     

    Un refuge ignoré des regards

     

    Tapi dans la nature et cerné de remparts

     

     

    Un chemin de créneaux sur le toit

     

    Échauguette par-ci poivrière par-là

     

    Ce n'est pas que j'aie peur des voleurs

     

    Mais je fuis les curieux et les envahisseurs

     

     

    Et toujours sur mes talons

     

    Caressants et secrets de grands chiens sauvageons

     

    Une horde mouvante et vigilante aussi

     

    Tenace comme une ombre attentive à ma vie

     

    Des barzoïs généreux des sloughis fiers et droits

     

    Des lévriers afghans un monde fait pour moi

     

     

    Il me faut une vieille maison

     

     De tourelles flanquée pour les quatre horizons

     

    Des recoins des couloirs dérobés

     

    Rassurant labyrinthe aux détours familiers

     

     

    Des gemmaux aux fenêtres surtout

     

    Irisant les plafonds aux poutres d'acajou

     

    Des divans des coussins damassés

     

    Un parquet mosaïque et des lambris cirés

     

     

    Et toujours sur mes talons

     

    Protecteurs et discrets de grands chiens pharaons

     

    Des compagnons de jeux et des gardes du corps

     

    Fidèles comme une ombre attentive à mon sort

     

    Des barzoïs généreux des sloughis fiers et droits

     

    Des lévriers afghans un monde fait pour moi

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  • Le Chardon et la Fleur de coton

    (Photo extraite du film "Harold et Maude" de Hal Ashby, 1971)

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    [En duo avec Lyne C.]

    Écouter « Le Chardon et la Fleur de coton »

     

    Le petit vieux n'a pas vingt ans

     

    Il se suicide tout le temps

     

    Et s'ennuie à longueur de jour

     

    Il manque d'air et puis d'amour

     

     

    La fillette a quatre-vingts ans

     

    Elle renaît à chaque instant

     

    Ses jours lui paraissent trop courts

     

    Cousus de joies tissés d'amour

     

     

    Dans une prairie voisine

     

    Poussait un tendre chardon

     

    Qui tenait dans ses épines

     

    Une vraie fleur de coton

     

    Sur le flanc de la colline

     

    Dans le plus total abandon

     

     

    Le vieil enfant fume le cigare

     

    Boit des cocktails un peu bizarres

     

    Il a deux rides entre les yeux

     

    Ses lendemains ne sont pas bleus

     

     

    La jeune vieille aime les pralines

     

    Boit du sirop de grenadine

     

    Ses joues se plissent quand elle rit

     

    Ses rêves ne sont jamais gris

     

     

    Dans une prairie voisine

     

    Poussait un tendre chardon

     

    Qui serrait dans ses épines

     

    Une vraie fleur de coton

     

    Oubliés par les machines

     

    Épargnés par les fenaisons

     

     

    Lui la regarde s'amuser

     

    Tandis qu'elle a le dos tourné

     

    Et ferme les volets sans bruit

     

    Dès qu'elle s'endort sur le tapis

     

     

    Elle redoute de lui manquer

     

    Pourtant ça ne saurait tarder

     

    Et voudrait qu'il se lasse avant

     

    Qu'elle ne s'éteigne doucement

     

     

    Dans une prairie voisine

     

    Poussait un tendre chardon

     

    Qui griffait de ses épines

     

    Un cœur de fleur de coton

     

    Tout le reste on le devine

     

     N'est que pure imagination

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  • Le Bestiaire

     

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Écouter « Le Bestiaire »

     

    L'edmontonia et le cœlophysis

    Le dinornis et l'astrophocaudia

    Le canardia et l'aviatyrannis

    Le zapsalis et le dracopelta

     

    Ils sont ta passion mon enfant

    Mais le bombyx le bardot et le campagnol

    Le cormoran l'opossum et le rossignol

    Le cachalot la cétoine et le hérisson

    Le pélican le chacal et le hanneton

    Les reconnais-tu mon enfant

     

    Le cératops et le gigantosaure

    Le brontosaure et le tricératops

    Le sauroniops et le tyrannosaure

    Le stégosaure et l'avacératops

     

    Ils te fascinent mon petit

    Mais l'okapi le dauphin et la gallinule

    Le sanglier le daim l'hyène et la libellule

    Le wapiti l'écureuil et le pangolin

    Le tamanoir le nasique et le lamantin

    Tu ne sais rien d'eux mon petit

     

    Le griphornis et le symphyrophus

    L'érectopus et le protoavis

    Le zhongornis et le carnotaurus

    Le timimus et l'acanthopholis

     

    Ils sont fossilisés mon fils

    Mais le tapir la gazelle et l'anaconda

    Le scarabée le silure et le koala

    Le cacatois le termite et la pipistrelle

    Le marabout la luciole et la coccinelle

    En as-tu jamais vu mon fils

     

    Le saltopus et le diracodon

    L'iguanodon et le talarurus

    L'avimimus et le vulcanodon

    Le bélodon et le diplodocus

     

    Ils n'existent plus mon amour

    Mais le manchot l'hippocampe et le colibri

    L'ornithorynque et le phasme et le wallaby

    Le paresseux l'épervier le morse et la chèvre

    Le tamarin le lynx la marmotte et le lièvre

    Ils sont bien vivants mon amour

    Ils sont bien vivants mon amour

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  • Juste de passage

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pïerozzi)

    Écouter «Juste de passage »

     

    Du sommet de la tour de garde

     

    J'aperçois l'ombre des créneaux

     

    Sur la grève aux lueurs blafardes

     

    L'étrave brisée d'un bateau

     

     

    Plus bas sur le chemin de ronde

     

    Juste au-dessus du pont-levis

     

    Se profile la fin d'un monde

     

    Un crépuscule aux cheveux gris

     

     

    Je voudrais tant qu'on m'abandonne

     

    Et qu'on me livre à mes pensées

     

    Je ne veux de mal à personne

     

    D'ailleurs je ne fais que passer

     

     

    Les pas des chevaux de halage

     

    Rythment le chant des troubadours

     

    Sur les sentiers du voisinage

     

    On entend battre les tambours

     

     

    Le prisonnier saisi de froid

     

    Enchaîné au mur de la cour

     

    Lève son visage vers moi

     

    Son regard m'appelle au secours

     

     

    Il faudra bien qu'on m'abandonne

     

    Et qu'on me laisse à mes pensées

     

    Je n'ai plus besoin de personne

     

    Puisque je ne fais que passer

     

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    6 commentaires
  • L'Héritier

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Écouter « L'Héritier »

     

    Veux-tu me faire un enfant

    Conjuguer le meilleur de toi

    Et ce qu'il y a de mieux en moi

    Je veux te faire un enfant

     

    Il saura d'un sourire

    Attendrir nos réveils

    D'un seul trait colorier

    Nos premiers cheveux blancs

    Il prendra du plaisir

    À courir au soleil

    Et voudra se mêler

    Aux oiseaux dans le vent

     

    Inventif et poète

    Il fera des voyages

    Sans sortir de chez lui

    Ni se prendre au sérieux

    Il mettra dans nos fêtes

    L'ironie des mirages

    Et pour nos matins gris

    Ses yeux deviendront bleus

     

    Veux-tu me faire un enfant

    Conjuguer le meilleur de toi

    Et ce qu'il y a de mieux en moi

    Je veux te faire un enfant

     

    Il aura de l'amour

    Jusqu'au bout de ses doigts

    Pour donner du bonheur

    À la moindre caresse

    Il chantera les jours

    De langueur ou de froid

    Pour conjurer sa peur

    Et clamer sa jeunesse

     

    Il aura le courage

    Que je lui léguerai

    Un peu de ta candeur

    Comme une fleur aux dents

    Cette pudeur sauvage

    Que je ne peux cacher

    Porté par ta ferveur

    Il marchera devant

     

    Veux-tu me faire un enfant

    Conjuguer le meilleur de toi

    Et ce qu'il y a de mieux en moi

    Je veux te faire un enfant

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    6 commentaires
  • Une balle au cœur

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Une balle au cœur »

     

    Quand ton sommeil est le plus fort

     

    Je ne te reconnais jamais

     

    Je sais que ton amour est mort

     

     Sinon tu te réveillerais

     

    Pourtant je ne peux pas y croire

     

    Les apparences m'ont trompé

     

    Puisqu'il me reste cet espoir

     

    Qui ne veut pas m'abandonner

     

     

    Tu es la larme sur ma joue

     

    Tu es le cerne sous mes yeux

     

    De tous les rôles que tu joues

     

    C'est celui qui te va le mieux

     

    Je voudrais tant pouvoir me dire

     

    Que j'ai l'impression de t'aimer

     

    Par caprice ou simple plaisir

     

    Par crainte de te remplacer

     

     

    Tu es le mur de ma prison

     

    Infranchissable et quotidien

     

    Faut-il que j'y heurte mon front

     

    Ou dois-je rebrousser chemin

     

    Mon seul effort en attendant

     

    Consiste à me tenir debout

     

    Si je te hais le plus souvent

     

    C'est pour ne pas devenir fou

     

     

    Je t'aime et j'en meurs lentement

     

    J'ai mis une arme entre tes mains

     

    Et tu t'en sers inconsciemment

     

    Le moindre de tes mots m'atteint

     

    Chaque jour plus indifférent

     

    Quand il ne se fait pas moqueur

     

    Ton regard me blesse en passant

     

    Aussi froid qu'une balle au cœur

     

     

    Ton regard me blesse en passant

     

    Aussi froid qu'une balle au cœur

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  •  

    Je ne t'ai jamais dit

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    [À ma mère]

    Écouter « Je ne t'ai jamais dit »

     

    Tu es faite des bois que rajeunit l'orage

     

    Tu es de ces refrains chantés à la veillée

     

    Tu es peinte des fleurs que j'épargne au passage

     

    Senteurs hors de saison sous les feuilles rouillées

     

     

    Tes bras se multiplient au-dessus de ma tête

     

    Charmille improvisée à mes pas ombrageux

     

    Ton rire est un écho en harmonie parfaite

     

    Avec un cri d'espoir inondant un ciel bleu

     

     

     

    Je ne t'ai jamais dit je t'aime

     

    Ce serait superflu je crois

     

    Je ne t'ai jamais dit je t'aime

     

    Trois mots galvaudés tant de fois

     

     

     

    Tu es de ces ruisseaux dont la voix désaltère

     

    Et de ces champs de blé que décoiffe le vent

     

    Tu es cette oasis où je mets pied à terre

     

    Pour quêter un peu d'eau et dormir un instant

     

     

    Si les ans ont froissé de leurs doigts ton visage

     

    S'ils ont griffé tes mains aux épines du temps

     

    À mes yeux ils n'ont pas corrompu ton image

     

    Celle qui a pour moi la fraîcheur d'une enfant

     

     

    Je ne t'ai jamais dit je t'aime

     

    Mais ne le sais-tu pas déjà

     

    Je ne t'ai jamais dit je t'aime

     

    Cette chanson le fait pour moi

     

     

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    8 commentaires
  • Nous ne vivrons pas ensemble

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Nous ne vivrons pas ensemble »

     

    Nous ne vivrons pas ensemble

     

    Je ne veux pas devenir

     

    Celui qui trop te ressemble

     

    Qui ne te voit pas vieillir

     

    Je renie la tolérance

     

    L’habitude invétérée

     

    Et la sourde indifférence

     

    Qui mène à la cécité

     

     

    Nous ne vivrons pas ensemble

     

    Apprenons à nous manquer

     

    Qui se déchire s’assemble

     

    Je suis là pour t’apaiser

     

    Épargne-moi tes migraines

     

    Je tairai mes maux de dents

     

    On a recours à la haine

     

    Quand on s’ennuie vaguement

     

     

    Nous ne vivrons pas ensemble

     

    Cultivons nos célibats

     

    Je t’affirme que je tremble

     

    Si tu t’endors dans mes bras

     

    Tu continueras ta route

     

    À l’écart de mes soupçons

     

    Je te mentirai sans doute

     

    Mais toujours par omission

     

     

    Nous ne vivrons pas ensemble

     

    Nous n’aurons pas le talent

     

    Ni l’inconscience il me semble

     

    De nous encombrer d’enfants

     

    J’ai la tendresse indocile

     

    Tu préserves tes secrets

     

    Faisons d’un bonheur facile

     

    Une fête à temps complet

     

     

    Nous ne vivrons pas ensemble

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    6 commentaires
  • Le Diable

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Alain Dubar)

    Écouter « Le Diable »

    Je suis le démon de vos nuits

    Qui vous arrache le sommeil

    Je suis le froid le vent la pluie

    Quand vous espérez le soleil

    Je suis le caillou des chemins

    Qui lapide ou fait trébucher

    Je fais des veufs des orphelins

    Je suis vos larmes et vos péchés

     

    Vous ne nommez le diable

    Pourtant si vous m'aimiez un peu

    Au lieu de m'envoyer au diable

    Je pourrais être le bon Dieu

     

    Je suis la soif dans le désert

    Le mirage qui se fout de vous

    Je suis la faim et la misère

    Qui vous fait vous tordre debout

    Je suis la colère de la mer

    Le naufrageur de vos bateaux

    Je suis les tremblements de terre

    C'est moi qui vous courbe le dos

     

    Vous me nommez le diable

    Pourtant si vous m'aimiez un peu

    Au lieu de m'envoyer au diable

    Je me changerais en bon Dieu

     

    Je suis la haine dans vos cœurs

    La guerre entre pays voisins

    Je suis l'envie je suis la peur

    Je mets des armes dans vos mains

    Je suis vos plus sournois instincts

    Je suis votre génie du mal

    Vos obsessions vos noirs desseins

    Je suis la honte et le scandale

     

    Vous me nommez le diable

    Pourtant si vous m'aimiez un peu

    Au lieu de m'envoyer au diable

    Je deviendrais votre bon Dieu

     

    Je suis l'angoisse et la torture

    Le désespoir l'attrait du vide

    Je suis le sang de vos blessures

    C'est moi qui vous pousse au suicide

    Je suis le vice et le poison

    L'instigateur de vos remords

    La maladie la contagion

    Et pour finir je suis la mort

     

    Vous me nommez le diable

    Pourtant si vous m'aimiez un peu

    Au lieu de m'envoyer au diable

    Vous m'appelleriez le bon Dieu

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    11 commentaires
  • Le Violoncelle

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Le Violoncelle »

     

    Il tirait de son violoncelle

     

    Des soupirs langoureux

     

    Des pleurs ou des froissements d'ailes

     

    Des frissons harmonieux

     

    Il ne dérangeait personne

     

    Se faisait petit

     

    Comme les forêts de l'automne

     

    Il s'effeuillait sans bruit

     

     

    Il parlait à son violoncelle

     

    Il se confiait à lui

     

    D'une voix douce et paternelle

     

    C'était son seul ami

     

    Dans cet univers magique

     

    Il semblait heureux

     

    Mais son choix de vie chimérique

     

    Intriguait les curieux

     

     

    Il étreignait son violoncelle

     

    Jusqu'au bout de la nuit

     

    En le berçant de ritournelles

     

    Ses voisins me l'ont dit

     

    J'écoutais leurs médisances

     

    L'air un peu distrait

     

    Aujourd'hui pourtant si j'y pense

     

    Je crois que c'était vrai

     

     

    On déroba son violoncelle

     

    Tant pis pour son chagrin

     

    Lui le chercha dans les venelles

     

    Dans les puits des jardins

     

    Nul n'y vit le moindre mal

     

    Quand on rit de tout

     

    On finit par trouver normal

     

        Le suicide d'un fou

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    7 commentaires
  • Grand-Mère

     (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Grand-Mère »

     

    Si ma mémoire est fidèle

     

    Quand je me souviens de vous

     

    Vous étiez loin d'être celle

     

    Que l'on courtise à genoux

     

    Vous aviez la voix d'un homme

     

    L'allure et la fermeté

     

    Votre tendresse économe

     

    Ne devait rien arranger

     

     

    Sur votre menton volontaire

     

    Piquant comme un épi de blé

     

    Vos lèvres ne souriaient guère

     

    Pas plus qu'elles n'avaient pleuré

     

    Mais vous étiez pour moi grand-mère

     

    Plus frêle qu'une fleur séchée

     

     

    Bien que sombre et belliqueuse

     

    Vous étiez toute douceur

     

    Du bout de vos mains calleuses

     

    Jusqu'à la pointe du cœur

     

    Vous étiez d'une autre race

     

    Et quand quelque courageux

     

    Osait vous parler en face

     

    C'est lui qui baissait les yeux

     

     

    Sur votre menton volontaire

     

    Piquant comme un épi de blé

     

    Vos lèvres ne souriaient guère

     

    Pas plus qu'elles n'avaient pleuré

     

    Pourtant je vous aimais grand-mère

     

    Dans votre rude tablier

     

     

    Ceux qui vous trouvaient trop laide

     

    Disaient en fanfaronnant

     

    Que vous étiez un remède

     

    Contre l'appel du printemps

     

    Pour comble de ridicule

     

    Vous traîniez à vos jupons

     

    Un époux bien minuscule

     

    Plus docile qu'un mouton

     

     

    Sur votre menton volontaire

     

    Piquant comme un épi de blé

     

    Vos lèvres ne souriaient guère

     

    Pas plus qu'elles n'avaient pleuré

     

    Quand vous êtes morte grand-mère

     

    Un chêne s'est déraciné

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  •  

    La Nuit de noces

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « La Nuit de noces »

     

    Ils s'étaient rencontrés à l'occasion d'un bal

     

    Elle était couturière et n'avait pas d'amant

     

    Mais un bassin très large à faire des enfants

     

    Pour le brave garçon c'était le principal

     

     

    Il avait hésité avant de l'inviter

     

    À tourner à son bras au milieu de la piste

     

    Avait dû se montrer parfait équilibriste

     

    Elle était assez raide et cachait de grands pieds

     

     

    Pourtant sa voix faisait comme un bruit de fontaine

     

    Et sa bouche exhalait un parfum de cannelle

     

    D'autres filles pouvaient sembler plus jolies qu'elle

     

    Mais il la préférait pour sa gorge bien pleine

     

     

    Puis ils s'étaient revus de plus en plus souvent

     

    À l'heure où il sortait chaque jour de l'usine

     

    Tout était déjà prêt dans la maigre cuisine

     

    Où il la rejoignait pour dîner gentiment

     

     

    Nourrissant en secret une idée fantastique

     

    Le fruit de tant d'efforts d'argent mis de côté

     

    Au départ de Cherbourg il avait réservé

     

    Deux places de bateau en classe économique

     

     

    Il voulait l'emmener visiter l'Amérique

     

    Elle accepta sa main et devint son épouse

     

    C'était au mois d'avril de l'an mil neuf cent douze

     

    Leur nuit de noces eut lieu à bord du Titanic

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  • Dialogue avec mon canari

     (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Philippe Kireeff)

    [En duo avec Philippe Kireeff]

    Écouter « Dialogue avec mon canari »

     

    Je suis un canari

    Oiseau des plus banals

    Ton choix mon pauvre ami

    N'a rien d'original

     

    De quoi aurais-tu l'air

    S'il me venait soudain

    La sage envie de faire

    La grève de la faim

     

    J'aime tant la douceur

    De tes plumes dorées

    Et ton trille enchanteur

    M'a toujours envoûté

     

    Tu vois je t'ai offert

    Une jolie maison

    Aux barreaux grands ouverts

    Sur les quatre horizons

     

    Elle est si minuscule

    Sans vouloir te vexer

    Quelque peu ridicule

    Et très efféminée

     

    Toi qui veux me complaire

    Change-moi de logis

    Et donne-moi mon frère

    Une petite amie

     

    Je suis fier d'héberger

    Un parfait spécimen

    Un lauréat doublé

    D'un sacré phénomène

     

    Car dans ton pedigree

    On a inscrit «femelle»

    Tu viens de révéler

    Ton penchant sexuel

     

    Tu vas bien déchanter

    On s'est payé ta tête

    Je peux te le prouver

    Mais chausse tes lunettes

     

     

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  • La Tombée du jour

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    [À mon frère, qui ne me reconnaît déjà plus]

    Écouter « La Tombée du jour »

     

     

    Il a mis bien du temps à trouver sa voiture

    Reprendre le trajet qu'il avait parcouru

    Dans ce grand magasin c'est toute une aventure

    Il a beau les chercher ses clés ont disparu

     

    La viande les journaux le fromage et le vin

    Puis la charcuterie les produits ménagers

    Au détour d'un rayon il aperçoit enfin

    Son trousseau scintiller sur les plats surgelés

     

    Je suis un peu distrait pense-t-il

    Je l'ai toujours été je crois

    Ça l'amusait beaucoup Lucile

    Il y a presque un an ou... trois

     

    Il ne se souvient plus dans quelle direction

    Il devrait s'engager pour aller voir sa mère

    Il est passé cent fois tout près de la maison

    Mais sa jeunesse aussi a perdu ses repères

     

    Perplexe et résigné il a fait demi-tour

    Entre la marche arrière et une marche avant

    Il n'a pas su choisir et la tombée du jour

    L'a surpris endormi le front sur le volant

     

    Je me sens différent pense-t-il

    Insolite et si désarmant

    Dans le regard flou que Lucile

    Pose sur moi quelques instants

     

    Assis à une table avec des inconnus

    Qui ne lui parlent pas ou psalmodient des plaintes

    Mortelles litanies qu'on ne contrôle plus

    Il voudrait tant crier mais sa voix s'est éteinte

     

    Sa révolte s'effondre il a baissé les bras

    Et s'abandonne aux mains qui s'occupent de lui

    Il subit en silence et ne refuse pas

    Ce retour à l'enfance où il se réfugie

     

    Je flotte autour de moi pense-t-il

    Léger fragile évanescent

    Quelle est cette trouble Lucile

    Qui soudain me quitte en pleurant

     

    Lucille... Luce... Lucie... luciole

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