• Un monde pour moi

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Un monde pour moi »

    Il me faut une grosse maison

     

    Avec des murs épais pour les quatre saisons

     

    Un refuge ignoré des regards

     

    Tapi dans la nature et cerné de remparts

     

     

    Un chemin de créneaux sur le toit

     

    Échauguette par-ci poivrière par-là

     

    Ce n'est pas que j'aie peur des voleurs

     

    Mais je fuis les curieux et les envahisseurs

     

     

    Et toujours sur mes talons

     

    Caressants et secrets de grands chiens sauvageons

     

    Une horde mouvante et vigilante aussi

     

    Tenace comme une ombre attentive à ma vie

     

    Des barzoïs généreux des sloughis fiers et droits

     

    Des lévriers afghans un monde fait pour moi

     

     

    Il me faut une vieille maison

     

     De tourelles flanquée pour les quatre horizons

     

    Des recoins des couloirs dérobés

     

    Rassurant labyrinthe aux détours familiers

     

     

    Des gemmaux aux fenêtres surtout

     

    Irisant les plafonds aux poutres d'acajou

     

    Des divans des coussins damassés

     

    Un parquet mosaïque et des lambris cirés

     

     

    Et toujours sur mes talons

     

    Protecteurs et discrets de grands chiens pharaons

     

    Des compagnons de jeux et des gardes du corps

     

    Fidèles comme une ombre attentive à mon sort

     

    Des barzoïs généreux des sloughis fiers et droits

     

    Des lévriers afghans un monde fait pour moi

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  • Le Chardon et la Fleur de coton

    (Photo extraite du film "Harold et Maude" de Hal Ashby, 1971)

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    [En duo avec Lyne C.]

    Écouter « Le Chardon et la Fleur de coton »

     

    Le petit vieux n'a pas vingt ans

     

    Il se suicide tout le temps

     

    Et s'ennuie à longueur de jour

     

    Il manque d'air et puis d'amour

     

     

    La fillette a quatre-vingts ans

     

    Elle renaît à chaque instant

     

    Ses jours lui paraissent trop courts

     

    Cousus de joies tissés d'amour

     

     

    Dans une prairie voisine

     

    Poussait un tendre chardon

     

    Qui tenait dans ses épines

     

    Une vraie fleur de coton

     

    Sur le flanc de la colline

     

    Dans le plus total abandon

     

     

    Le vieil enfant fume le cigare

     

    Boit des cocktails un peu bizarres

     

    Il a deux rides entre les yeux

     

    Ses lendemains ne sont pas bleus

     

     

    La jeune vieille aime les pralines

     

    Boit du sirop de grenadine

     

    Ses joues se plissent quand elle rit

     

    Ses rêves ne sont jamais gris

     

     

    Dans une prairie voisine

     

    Poussait un tendre chardon

     

    Qui serrait dans ses épines

     

    Une vraie fleur de coton

     

    Oubliés par les machines

     

    Épargnés par les fenaisons

     

     

    Lui la regarde s'amuser

     

    Tandis qu'elle a le dos tourné

     

    Et ferme les volets sans bruit

     

    Dès qu'elle s'endort sur le tapis

     

     

    Elle redoute de lui manquer

     

    Pourtant ça ne saurait tarder

     

    Et voudrait qu'il se lasse avant

     

    Qu'elle ne s'éteigne doucement

     

     

    Dans une prairie voisine

     

    Poussait un tendre chardon

     

    Qui griffait de ses épines

     

    Un cœur de fleur de coton

     

    Tout le reste on le devine

     

     N'est que pure imagination

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  • Le Bestiaire

     

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Écouter « Le Bestiaire »

     

    L'edmontonia et le cœlophysis

    Le dinornis et l'astrophocaudia

    Le canardia et l'aviatyrannis

    Le zapsalis et le dracopelta

     

    Ils sont ta passion mon enfant

    Mais le bombyx le bardot et le campagnol

    Le cormoran l'opossum et le rossignol

    Le cachalot la cétoine et le hérisson

    Le pélican le chacal et le hanneton

    Les reconnais-tu mon enfant

     

    Le cératops et le gigantosaure

    Le brontosaure et le tricératops

    Le sauroniops et le tyrannosaure

    Le stégosaure et l'avacératops

     

    Ils te fascinent mon petit

    Mais l'okapi le dauphin et la gallinule

    Le sanglier le daim l'hyène et la libellule

    Le wapiti l'écureuil et le pangolin

    Le tamanoir le nasique et le lamantin

    Tu ne sais rien d'eux mon petit

     

    Le griphornis et le symphyrophus

    L'érectopus et le protoavis

    Le zhongornis et le carnotaurus

    Le timimus et l'acanthopholis

     

    Ils sont fossilisés mon fils

    Mais le tapir la gazelle et l'anaconda

    Le scarabée le silure et le koala

    Le cacatois le termite et la pipistrelle

    Le marabout la luciole et la coccinelle

    En as-tu jamais vu mon fils

     

    Le saltopus et le diracodon

    L'iguanodon et le talarurus

    L'avimimus et le vulcanodon

    Le bélodon et le diplodocus

     

    Ils n'existent plus mon amour

    Mais le manchot l'hippocampe et le colibri

    L'ornithorynque et le phasme et le wallaby

    Le paresseux l'épervier le morse et la chèvre

    Le tamarin le lynx la marmotte et le lièvre

    Ils sont bien vivants mon amour

    Ils sont bien vivants mon amour

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  • Juste de passage

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pïerozzi)

    Écouter «Juste de passage »

     

    Du sommet de la tour de garde

     

    J'aperçois l'ombre des créneaux

     

    Sur la grève aux lueurs blafardes

     

    L'étrave brisée d'un bateau

     

     

    Plus bas sur le chemin de ronde

     

    Juste au-dessus du pont-levis

     

    Se profile la fin d'un monde

     

    Un crépuscule aux cheveux gris

     

     

    Je voudrais tant qu'on m'abandonne

     

    Et qu'on me livre à mes pensées

     

    Je ne veux de mal à personne

     

    D'ailleurs je ne fais que passer

     

     

    Les pas des chevaux de halage

     

    Rythment le chant des troubadours

     

    Sur les sentiers du voisinage

     

    On entend battre les tambours

     

     

    Le prisonnier saisi de froid

     

    Enchaîné au mur de la cour

     

    Lève son visage vers moi

     

    Son regard m'appelle au secours

     

     

    Il faudra bien qu'on m'abandonne

     

    Et qu'on me laisse à mes pensées

     

    Je n'ai plus besoin de personne

     

    Puisque je ne fais que passer

     

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  • L'Héritier

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Écouter « L'Héritier »

     

    Veux-tu me faire un enfant

    Conjuguer le meilleur de toi

    Et ce qu'il y a de mieux en moi

    Je veux te faire un enfant

     

    Il saura d'un sourire

    Attendrir nos réveils

    D'un seul trait colorier

    Nos premiers cheveux blancs

    Il prendra du plaisir

    À courir au soleil

    Et voudra se mêler

    Aux oiseaux dans le vent

     

    Inventif et poète

    Il fera des voyages

    Sans sortir de chez lui

    Ni se prendre au sérieux

    Il mettra dans nos fêtes

    L'ironie des mirages

    Et pour nos matins gris

    Ses yeux deviendront bleus

     

    Veux-tu me faire un enfant

    Conjuguer le meilleur de toi

    Et ce qu'il y a de mieux en moi

    Je veux te faire un enfant

     

    Il aura de l'amour

    Jusqu'au bout de ses doigts

    Pour donner du bonheur

    À la moindre caresse

    Il chantera les jours

    De langueur ou de froid

    Pour conjurer sa peur

    Et clamer sa jeunesse

     

    Il aura le courage

    Que je lui léguerai

    Un peu de ta candeur

    Comme une fleur aux dents

    Cette pudeur sauvage

    Que je ne peux cacher

    Porté par ta ferveur

    Il marchera devant

     

    Veux-tu me faire un enfant

    Conjuguer le meilleur de toi

    Et ce qu'il y a de mieux en moi

    Je veux te faire un enfant

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  • Une balle au cœur

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Une balle au cœur »

     

    Quand ton sommeil est le plus fort

     

    Je ne te reconnais jamais

     

    Je sais que ton amour est mort

     

     Sinon tu te réveillerais

     

    Pourtant je ne peux pas y croire

     

    Les apparences m'ont trompé

     

    Puisqu'il me reste cet espoir

     

    Qui ne veut pas m'abandonner

     

     

    Tu es la larme sur ma joue

     

    Tu es le cerne sous mes yeux

     

    De tous les rôles que tu joues

     

    C'est celui qui te va le mieux

     

    Je voudrais tant pouvoir me dire

     

    Que j'ai l'impression de t'aimer

     

    Par caprice ou simple plaisir

     

    Par crainte de te remplacer

     

     

    Tu es le mur de ma prison

     

    Infranchissable et quotidien

     

    Faut-il que j'y heurte mon front

     

    Ou dois-je rebrousser chemin

     

    Mon seul effort en attendant

     

    Consiste à me tenir debout

     

    Si je te hais le plus souvent

     

    C'est pour ne pas devenir fou

     

     

    Je t'aime et j'en meurs lentement

     

    J'ai mis une arme entre tes mains

     

    Et tu t'en sers inconsciemment

     

    Le moindre de tes mots m'atteint

     

    Chaque jour plus indifférent

     

    Quand il ne se fait pas moqueur

     

    Ton regard me blesse en passant

     

    Aussi froid qu'une balle au cœur

     

     

    Ton regard me blesse en passant

     

    Aussi froid qu'une balle au cœur

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    [À ma mère]

    Écouter « Je ne t'ai jamais dit »

     

    Tu es faite des bois que rajeunit l'orage

     

    Tu es de ces refrains chantés à la veillée

     

    Tu es peinte des fleurs que j'épargne au passage

     

    Senteurs hors de saison sous les feuilles rouillées

     

     

    Tes bras se multiplient au-dessus de ma tête

     

    Charmille improvisée à mes pas ombrageux

     

    Ton rire est un écho en harmonie parfaite

     

    Avec un cri d'espoir inondant un ciel bleu

     

     

     

    Je ne t'ai jamais dit je t'aime

     

    Ce serait superflu je crois

     

    Je ne t'ai jamais dit je t'aime

     

    Trois mots galvaudés tant de fois

     

     

     

    Tu es de ces ruisseaux dont la voix désaltère

     

    Et de ces champs de blé que décoiffe le vent

     

    Tu es cette oasis où je mets pied à terre

     

    Pour quêter un peu d'eau et dormir un instant

     

     

    Si les ans ont froissé de leurs doigts ton visage

     

    S'ils ont griffé tes mains aux épines du temps

     

    À mes yeux ils n'ont pas corrompu ton image

     

    Celle qui a pour moi la fraîcheur d'une enfant

     

     

    Je ne t'ai jamais dit je t'aime

     

    Mais ne le sais-tu pas déjà

     

    Je ne t'ai jamais dit je t'aime

     

    Cette chanson le fait pour moi

     

     

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Nous ne vivrons pas ensemble »

    Nous ne vivrons pas ensemble

     

    Je ne veux pas devenir

     

    Celui qui trop te ressemble

     

    Qui ne te voit pas vieillir

     

    Je renie la tolérance

     

    L’habitude invétérée

     

    Et la sourde indifférence

     

    Qui mène à la cécité

     

     

    Nous ne vivrons pas ensemble

     

    Apprenons à nous manquer

     

    Qui se déchire s’assemble

     

    Je suis là pour t’apaiser

     

    Épargne-moi tes migraines

     

    Je tairai mes maux de dents

     

    On a recours à la haine

     

    Quand on s’ennuie vaguement

     

     

    Nous ne vivrons pas ensemble

     

    Cultivons nos célibats

     

    Je t’affirme que je tremble

     

    Si tu t’endors dans mes bras

     

    Tu continueras ta route

     

    À l’écart de mes soupçons

     

    Je te mentirai sans doute

     

    Mais toujours par omission

     

     

    Nous ne vivrons pas ensemble

     

    Nous n’aurons pas le talent

     

    Ni l’inconscience il me semble

     

    De nous encombrer d’enfants

     

    J’ai la tendresse indocile

     

    Tu préserves tes secrets

     

    Faisons d’un bonheur facile

     

    Une fête à temps complet

     

     

    Nous ne vivrons pas ensemble

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  • Le Diable

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Alain Dubar)

    Écouter « Le Diable »

    Je suis le démon de vos nuits

    Qui vous arrache le sommeil

    Je suis le froid le vent la pluie

    Quand vous espérez le soleil

    Je suis le caillou des chemins

    Qui lapide ou fait trébucher

    Je fais des veufs des orphelins

    Je suis vos larmes et vos péchés

     

    Vous ne nommez le diable

    Pourtant si vous m'aimiez un peu

    Au lieu de m'envoyer au diable

    Je pourrais être le bon Dieu

     

    Je suis la soif dans le désert

    Le mirage qui se fout de vous

    Je suis la faim et la misère

    Qui vous fait vous tordre debout

    Je suis la colère de la mer

    Le naufrageur de vos bateaux

    Je suis les tremblements de terre

    C'est moi qui vous courbe le dos

     

    Vous me nommez le diable

    Pourtant si vous m'aimiez un peu

    Au lieu de m'envoyer au diable

    Je me changerais en bon Dieu

     

    Je suis la haine dans vos cœurs

    La guerre entre pays voisins

    Je suis l'envie je suis la peur

    Je mets des armes dans vos mains

    Je suis vos plus sournois instincts

    Je suis votre génie du mal

    Vos obsessions vos noirs desseins

    Je suis la honte et le scandale

     

    Vous me nommez le diable

    Pourtant si vous m'aimiez un peu

    Au lieu de m'envoyer au diable

    Je deviendrais votre bon Dieu

     

    Je suis l'angoisse et la torture

    Le désespoir l'attrait du vide

    Je suis le sang de vos blessures

    C'est moi qui vous pousse au suicide

    Je suis le vice et le poison

    L'instigateur de vos remords

    La maladie la contagion

    Et pour finir je suis la mort

     

    Vous me nommez le diable

    Pourtant si vous m'aimiez un peu

    Au lieu de m'envoyer au diable

    Vous m'appelleriez le bon Dieu

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    11 commentaires
  • Le Violoncelle

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Le Violoncelle »

     

    Il tirait de son violoncelle

     

    Des soupirs langoureux

     

    Des pleurs ou des froissements d'ailes

     

    Des frissons harmonieux

     

    Il ne dérangeait personne

     

    Se faisait petit

     

    Comme les forêts de l'automne

     

    Il s'effeuillait sans bruit

     

     

    Il parlait à son violoncelle

     

    Il se confiait à lui

     

    D'une voix douce et paternelle

     

    C'était son seul ami

     

    Dans cet univers magique

     

    Il semblait heureux

     

    Mais son choix de vie chimérique

     

    Intriguait les curieux

     

     

    Il étreignait son violoncelle

     

    Jusqu'au bout de la nuit

     

    En le berçant de ritournelles

     

    Ses voisins me l'ont dit

     

    J'écoutais leurs médisances

     

    L'air un peu distrait

     

    Aujourd'hui pourtant si j'y pense

     

    Je crois que c'était vrai

     

     

    On déroba son violoncelle

     

    Tant pis pour son chagrin

     

    Lui le chercha dans les venelles

     

    Dans les puits des jardins

     

    Nul n'y vit le moindre mal

     

    Quand on rit de tout

     

    On finit par trouver normal

     

        Le suicide d'un fou

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    7 commentaires
  • Grand-Mère

     (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Grand-Mère »

     

    Si ma mémoire est fidèle

     

    Quand je me souviens de vous

     

    Vous étiez loin d'être celle

     

    Que l'on courtise à genoux

     

    Vous aviez la voix d'un homme

     

    L'allure et la fermeté

     

    Votre tendresse économe

     

    Ne devait rien arranger

     

     

    Sur votre menton volontaire

     

    Piquant comme un épi de blé

     

    Vos lèvres ne souriaient guère

     

    Pas plus qu'elles n'avaient pleuré

     

    Mais vous étiez pour moi grand-mère

     

    Plus frêle qu'une fleur séchée

     

     

    Bien que sombre et belliqueuse

     

    Vous étiez toute douceur

     

    Du bout de vos mains calleuses

     

    Jusqu'à la pointe du cœur

     

    Vous étiez d'une autre race

     

    Et quand quelque courageux

     

    Osait vous parler en face

     

    C'est lui qui baissait les yeux

     

     

    Sur votre menton volontaire

     

    Piquant comme un épi de blé

     

    Vos lèvres ne souriaient guère

     

    Pas plus qu'elles n'avaient pleuré

     

    Pourtant je vous aimais grand-mère

     

    Dans votre rude tablier

     

     

    Ceux qui vous trouvaient trop laide

     

    Disaient en fanfaronnant

     

    Que vous étiez un remède

     

    Contre l'appel du printemps

     

    Pour comble de ridicule

     

    Vous traîniez à vos jupons

     

    Un époux bien minuscule

     

    Plus docile qu'un mouton

     

     

    Sur votre menton volontaire

     

    Piquant comme un épi de blé

     

    Vos lèvres ne souriaient guère

     

    Pas plus qu'elles n'avaient pleuré

     

    Quand vous êtes morte grand-mère

     

    Un chêne s'est déraciné

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    8 commentaires
  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « La Nuit de noces »

     

    Ils s'étaient rencontrés à l'occasion d'un bal

     

    Elle était couturière et n'avait pas d'amant

     

    Mais un bassin très large à faire des enfants

     

    Pour le brave garçon c'était le principal

     

     

    Il avait hésité avant de l'inviter

     

    À tourner à son bras au milieu de la piste

     

    Avait dû se montrer parfait équilibriste

     

    Elle était assez raide et cachait de grands pieds

     

     

    Pourtant sa voix faisait comme un bruit de fontaine

     

    Et sa bouche exhalait un parfum de cannelle

     

    D'autres filles pouvaient sembler plus jolies qu'elle

     

    Mais il la préférait pour sa gorge bien pleine

     

     

    Puis ils s'étaient revus de plus en plus souvent

     

    À l'heure où il sortait chaque jour de l'usine

     

    Tout était déjà prêt dans la maigre cuisine

     

    Où il la rejoignait pour dîner gentiment

     

     

    Nourrissant en secret une idée fantastique

     

    Le fruit de tant d'efforts d'argent mis de côté

     

    Au départ de Cherbourg il avait réservé

     

    Deux places de bateau en classe économique

     

     

    Il voulait l'emmener visiter l'Amérique

     

    Elle accepta sa main et devint son épouse

     

    C'était au mois d'avril de l'an mil neuf cent douze

     

    Leur nuit de noces eut lieu à bord du Titanic

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  • Dialogue avec mon canari

     (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Philippe Kireeff)

    [En duo avec Philippe Kireeff]

    Écouter « Dialogue avec mon canari »

     

    Je suis un canari

    Oiseau des plus banals

    Ton choix mon pauvre ami

    N'a rien d'original

     

    De quoi aurais-tu l'air

    S'il me venait soudain

    La sage envie de faire

    La grève de la faim

     

    J'aime tant la douceur

    De tes plumes dorées

    Et ton trille enchanteur

    M'a toujours envoûté

     

    Tu vois je t'ai offert

    Une jolie maison

    Aux barreaux grands ouverts

    Sur les quatre horizons

     

    Elle est si minuscule

    Sans vouloir te vexer

    Quelque peu ridicule

    Et très efféminée

     

    Toi qui veux me complaire

    Change-moi de logis

    Et donne-moi mon frère

    Une petite amie

     

    Je suis fier d'héberger

    Un parfait spécimen

    Un lauréat doublé

    D'un sacré phénomène

     

    Car dans ton pedigree

    On a inscrit «femelle»

    Tu viens de révéler

    Ton penchant sexuel

     

    Tu vas bien déchanter

    On s'est payé ta tête

    Je peux te le prouver

    Mais chausse tes lunettes

     

     

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    8 commentaires
  • La Tombée du jour

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    [À mon frère, qui ne me reconnaît déjà plus]

    Écouter « La Tombée du jour »

     

     

    Il a mis bien du temps à trouver sa voiture

    Reprendre le trajet qu'il avait parcouru

    Dans ce grand magasin c'est toute une aventure

    Il a beau les chercher ses clés ont disparu

     

    La viande les journaux le fromage et le vin

    Puis la charcuterie les produits ménagers

    Au détour d'un rayon il aperçoit enfin

    Son trousseau scintiller sur les plats surgelés

     

    Je suis un peu distrait pense-t-il

    Je l'ai toujours été je crois

    Ça l'amusait beaucoup Lucile

    Il y a presque un an ou... trois

     

    Il ne se souvient plus dans quelle direction

    Il devrait s'engager pour aller voir sa mère

    Il est passé cent fois tout près de la maison

    Mais sa jeunesse aussi a perdu ses repères

     

    Perplexe et résigné il a fait demi-tour

    Entre la marche arrière et une marche avant

    Il n'a pas su choisir et la tombée du jour

    L'a surpris endormi le front sur le volant

     

    Je me sens différent pense-t-il

    Insolite et si désarmant

    Dans le regard flou que Lucile

    Pose sur moi quelques instants

     

    Assis à une table avec des inconnus

    Qui ne lui parlent pas ou psalmodient des plaintes

    Mortelles litanies qu'on ne contrôle plus

    Il voudrait tant crier mais sa voix s'est éteinte

     

    Sa révolte s'effondre il a baissé les bras

    Et s'abandonne aux mains qui s'occupent de lui

    Il subit en silence et ne refuse pas

    Ce retour à l'enfance où il se réfugie

     

    Je flotte autour de moi pense-t-il

    Léger fragile évanescent

    Quelle est cette trouble Lucile

    Qui soudain me quitte en pleurant

     

    Lucille... Luce... Lucie... luciole

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    15 commentaires
  • La Reine de cœur

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « La Reine de cœur »

     

    Ton cœur est agile

     

    S'accorde tous les droits

     

    Jongleur et habile

     

    Il se moque de toi

     

    Il fait l'imbécile

     

    Te file entre les doigts

     

     

    La reine est folle du roi

     

    Le roi est fou du fou

     

    Moi je suis fou de toi

     

    Toi tu te fous de tout

     

     

    Ton cœur est agile

     

    Il faut le voir jouer

     

    Véloce et gracile

     

    Dans son jardin privé

     

    Il semble inutile

     

    De vouloir le dompter

     

     

    La reine est folle du roi

     

    Le roi est fou du fou

     

    Moi je suis fou de toi

     

    Toi tu te fous de tout

     

     

    Ton cœur est agile

     

    Lorsqu'il s'agit d'aimer

     

    Rien n'est plus fragile

     

    Que sa fidélité

     

    Dans sa tour d'argile

     

    Il fait des pieds de nez

     

     

    La reine est folle du roi

     

    Le roi est fou du fou

     

    Moi je suis fou de toi

     

    Toi tu te fous de tout

     

     

    Ton cœur est agile

     

    Il saute par-dessus

     

    Les toits de la ville

     

    Funambule et sans but

     

    Ce n'est pas facile

     

    Quand le vertige est là

     

    Ton cœur est agile

     

    Plus à Gilles qu'à moi

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    6 commentaires
  • Quatre Petites Notes

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Écouter « Quatre Petites Notes »

     

    Sur le coin d'une table

     

    Dort un rayon de lune

     

    En équilibre instable

     

    Dans un panier de prunes

     

     

    Quatre petites notes

     

    Détournées par hasard

     

    D'un accord de gavotte

     

    S'y sont venues asseoir

     

     

    Elles ont sans vergogne

     

    Chanté fort et bien ri

     

    Un nectar de Bourgogne

     

    Les fit danser aussi

     

     

    Et le rayon de lune

     

    Réveillé sans égard

     

    Les vit même une à une

     

    Partager un cigare

     

     

    Les quatre demoiselles

     

    Se contaient leurs amours

     

    Tandis qu'en aquarelle

     

    Se crayonnait le jour

     

     

    Lors le rayon de lune

     

    Par la nuit oublié

     

    S'envola sans rancune

     

    Sur un rond de fumée

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    12 commentaires
  •  

    Je suis une chanson

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Je suis une chanson »

     

    Je n'invite pas à danser

     

    À chanter en chœur avec moi

     

    Les hurlements les poings levés

     

    On ne m'a pas conçue pour ça

     

    Je suis là pour être écoutée

     

    Je ne vous ferai pas l'affront

     

    De quelques onomatopées

     

    Je laisse à d'autres sans façon

     

    Le soin de vous crétiniser

     

     

    Je suis une chanson

     

    Qui revendique l'intention

     

    De vous parler droit au cœur

     

    Sans artifice et sans heurt

     

    Je suis une chanson

     

    Je veux être au creux de votre oreille

     

    Vous tenir en éveil

     

     

    Je suis malicieuse ou naïve

     

    Comme vous pouvez l'être aussi

     

    Provocante ou récréative

     

    Je dépeins des tranches de vie

     

     Je réhabilite des mots

     

    Que l'on avait presque oubliés

     

    Au profit d'un système idiot

     

    De langue stéréotypée

     

    Qui se répercute en écho

     

     

    Je suis une chanson

     

    Je n'ai pas besoin d'un canon

     

    Pour vous redonner du cœur

     

    Un certain goût du bonheur

     

    Je suis une chanson

     

    Il ne tient qu'à vous que je sois belle

     

    Rendez-moi immortelle

     

     

    N'attendez pas que je me nomme

     

    Ni que je vous cède mes clés

     

    J'ai du respect pour vous en somme

     

    Quand je répugne à bêtifier

     

    Je ne suis pas un chant guerrier

     

    Un air de ralliement mondial

     

     Je me refuse à répéter

     

     Ce que vous dit votre journal

     

     Essayons de nous envoler

     

     

     Je suis une chanson

     

    Qui reconnaît son ambition

     

    De vous chatouiller le cœur

     

    De vous emmener ailleurs

     

    Une simple chanson

     

    Si vous parvenez à m'adopter

     

    À me perpétuer

     

    Alors j'aurai... gagné

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    2 commentaires
  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Ne me laisse pas »

    Approche-moi

    Regarde-moi

    Détaille-moi

    Découvre-moi

    Débusque-moi

    Devine-moi

    Recherche-moi

    Démasque-moi

    Démêle-moi

    Écoute-moi

     

    Ne me laisse pas rêver

     

    Enlève-moi

    Enferme-moi

    Enchaîne-moi

    Affronte-moi

    Désarme-moi

    Dépouille-moi

    Simplifie-moi

    Transforme-moi

    Façonne-moi

    Aguerris-moi

     

    Ne me laisse pas passer

     

    Apaise-moi

    Délivre-moi

    Conforte-moi

    Éclaire-moi

    Conseille-moi

    Allège-moi

    Habille-moi

    Rafraîchis-moi

    Purifie-moi

    Rajeunis-moi

     

    Ne me laisse pas sombrer

     

    Anime-moi

    Amuse-moi

    Captive-moi

    Intrigue-moi

    Enchante-moi

    Déroute-moi

    Éblouis-moi

    Étourdis-moi

    Fascine-moi

    Libère-moi

     

    Ne me laisse pas t'aimer

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    6 commentaires
  • Nue

    Nue

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Nue »

     

    Je regarde la mer engloutir le soleil

     

    Comme un poisson volant que dévore un géant

     

    J'attends le rayon vert qui zébrait mes sommeils

     

    Et dont on me berçait lorsque j'étais enfant

     

     

     

    Près de moi tu es nue

     

    Tu es barque échouée

     

    Anonyme statue

     

    Proue de bateau rouillée

     

     

     

    Je regarde le ciel dans ses moindres détours

     

    J'y guette l'avenir que l'on m'avait prédit

     

    Je suis sans doute infirme aveuglé par le jour

     

    J'y cherche encore en vain ce qui m'était promis

     

     

     

    Près de moi tu es nue

     

    Tu es tornade noire

     

    Éclipse inattendue

     

    Songe des sombres soirs

     

     

     

    Je regarde la terre où s'ébauche la vie

     

    J'esquisse quelques pas au hasard des chemins

     

    Falaises quelquefois sables mouvants aussi

     

    J'étais presque conquis mais je ne trouve rien

     

     

     

    Près de moi tu es nue

     

    Tu es racine morte

     

    Frêle palme abattue

     

    Que la bourrasque emporte

     

     

     

    Je regarde ton corps étendu contre moi

     

    Il est pur tel un dieu qu'on vénère à genoux

     

    J'ai peur de te toucher je ne m'y résous pas

     

    Qui suis-je qui es-tu après tout je m'en fous

     

     

     

    Près de moi tu es nue

     

    Tu es masque d'amour

     

    Certitude déçue

     

    Adieu qui dit bonjour

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    4 commentaires
  • Narcisse

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Écouter « Narcisse »

     

    Si vous passez près de l'étang

     

    Ne vous arrêtez pas devant

     

    Vous risqueriez d'être tentés

     

    D'y boire ou de vous y baigner

     

     

     

    On raconte dans le bocage

     

    Qu'un jour un garçon disparut

     

    Victime de sa propre image

     

    Qu'au fond de l'eau il avait vue

     

    De lui on n'a rien retrouvé

     

    Mais là où il s'était penché

     

    Venait de pousser une fleur

     

     

     

    Si vous passez près de l'étang

     

    N'y faites pas de bouquet blanc

     

    Ni de gerbe jaune-orangé

     

    Attendez la fin de l'été

     

     

     

    Ce serait tellement dommage

     

    Que l'adolescent d'autrefois

     

    Dans votre cueillette sauvage

     

    S'éteigne une seconde fois

     

    Car depuis ce mystérieux jour

     

    Malgré le gel et les labours

     

    Elle vit toujours cette fleur

     

     

     

    Si vous passez près de l'étang

     

    Ne vous regardez pas dedans

     

    D'autres que vous s'y sont noyés

     

    Qui n'ont pas voulu m'écouter

     

     

     

    On dit que dans le voisinage

     

    Quand un garçon a disparu

     

    Au bord de l'étang du village

     

    Il y a une fleur de plus 

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    6 commentaires
  • Le Phytophage

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Écouter « Le Phytophage »

     

    Très délicatement je me penche sur toi

     

    Mon souffle sur ton pied tout près de tes racines

     

    Ton corps est irisé de chauds reflets de soie

     

    Des perles de rosée sillonnent ta peau fine

     

     

     

    J’ai fait de ma maison un verger miniature

     

    Où tu peux végéter en te riant du froid

     

    Moi qui d’un jardinier suis la caricature

     

    Je cultive ma crainte et mon envie de toi

     

     

     

    Mes doigts se multiplient comme une aura sur toi

     

    Te lécher te mâcher d’avance j'en frémis

     

    À l’idée que mes dents te déchirent te broient

     

    Mon désir est ardent ton parfum me défie

     

     

     

    Sans attendre demain je veux me délecter

     

    De ta sève fatale et du divin poison

     

    De tes pommes d’amour en leur maturité

     

    Taches rouge-orangé parmi ta frondaison

     

     

     

    Il ne sera question de peur ni de courage

     

    Tu fus ma tentation mon danger quotidien

     

    Et l’on dira de moi : « Quel malheur à son âge !

     

    Pourquoi la douce-amère ? Faim de loup ? Triste fin ! »

     

     

     

    Et l’on dira de moi : « Quel malheur à son âge !

     

    Pourquoi la douce-amère ? Faim de loup ? Triste fin ! » 

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    2 commentaires
  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Je sais très bien, madame »

     

    Je sais très bien ce qui me hante

     

    Depuis qu'elle nous a présentés

     

    C'est vrai votre fille est charmante

     

    Mais elle n'a pas votre beauté

     

    Moi qui ne vivais que pour elle

     

    Je me croyais très amoureux

     

    J'ignorais alors qu'auprès d'elle

     

    Sa mère avait des yeux plus bleus

     

     

     

    Madame

     

    Je ne sais pas si dois vous le dire

     

    Vous l'écrire ou ne rien faire du tout

     

    Madame

     

    Quoi qu'il en soit reprenez votre fille

     

    Bien gentille

     

    Mais celle que j'aime c'est vous

     

     

     

    Je sais très bien ce qui m'obsède

     

    Depuis que l'on s'est rencontrés

     

    Votre fille a les cheveux raides

     

    Vous avez des boucles dorées

     

    Je vous recherche sur sa bouche

     

    Je vous retrouve avec ses doigts

     

    Et chaque fois que je la touche

     

    Je m'imagine entre vos bras

     

     

     

    Madame

     

    Je ne sais pas si dois vous le dire

     

    Vous l'écrire ou ne rien faire du tout

     

    Madame

     

    Quoi qu'il en soit reprenez votre fille

     

    Bien gentille

     

    Mais celle que j'aime c'est vous

     

     

     

    Je sais très bien pourquoi j'hésite

     

    Depuis que je vous ai connue

     

    Votre fille a grandi trop vite

     

    Et ne vous ressemblera plus

     

    Vous avez la voix des sirènes

     

    Qui peuplaient mes rêves d'enfant

     

    La tendre fraîcheur des fontaines

     

    La douceur des blés sous le vent

     

     

     

    Madame

     

    Je ne sais pas si dois vous le dire

     

    Vous l'écrire ou ne rien faire du tout

     

    Madame

     

    Quoi qu'il en soit reprenez votre fille

     

    Bien gentille

     

    Mais celle que j'aime c'est vous

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    2 commentaires
  • Lundi je t'aime

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Philippe Kireeff)

    Écouter « Lundi je t'aime »

     La fin de la semaine

     

    Ne m'apporte rien de bon

     

    Je soupire et je traîne

     

    Je flâne et je tourne en rond

     

    La fin de la semaine

     

    Prend ses vacances chez moi

     

    Espiègle et souveraine

     

    Elle pavoise mon toit

     

     

     

    Lundi je t'aime

     

    L'autre dit mardi

     

    Mercredi aussi

     

    Tu dis je t'aime

     

    On s'aime jeudi

     

     

     

    La fin de la semaine

     

    Me donne froid dans le dos

     

    Les heures qui s'égrènent

     

    Alourdissent mon fardeau

     

    La fin de la semaine

     

    M'inocule son ennui

     

    Et mes pensées m'emmènent

     

    Dans les profondeurs d'un puits

     

     

     

    Lundi je t'aime

     

    L'autre dit mardi

     

    Mercredi aussi

     

    Tu dis je t'aime

     

    On s'aime jeudi

     

     

     

    La fin de la semaine

     

    Sans relâche me poursuit

     

    S'installe diluvienne

     

    Dans les veilles de mes nuits

     

    La fin de la semaine

     

    Se faufile entre mes draps

     

    Au rythme des migraines

     

    Qui m'abattent sans combat

     

     

     

    Lundi je t'aime

     

    L'autre dit mardi

     

    Mercredi aussi

     

    Tu dis je t'aime

     

    On s'aime jeudi

     

     

     

    La fin de la semaine

     

    Me terrasse au pied du lit

     

    Où j'épargne avec peine

     

    Ce qu'il me reste de vie

     

    La fin de la semaine

     

    Me fait grâce le lundi

     

    Mais comme une rengaine

     

    Me revient le vendredi

     

     

     

    Lundi je t'aime

     

    L'autre dit mardi

     

    Mercredi aussi

     

    Tu dis je t'aime

     

    On s'aime on s'aime à tout vent

     

    On s'aime... souvent

     

     

     

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    6 commentaires
  • Le Cynique

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Écouter « Le Cynique »

     

    Combien de temps

     

    Combien de temps

     

    Combien de temps durera ma patience

     

    Jusqu'à quel point aurai-je encore envie

     

    De m'ennuyer de bâiller en silence

     

    De supporter mon instinct de survie

     

     

     

    J'entrevois la solution du suicide

     

    Sans conviction j'en cherche le moyen

     

    Quelques cachets l'eau le gaz ou le vide

     

    M'élancer à la rencontre d'un train

     

     

     

    À moins qu'un soir

     

    À moins qu'un soir

     

    À moins qu'un soir le hasard ne me serve

     

    Au coin d'un bois sous les traits d'un dément

     

    Qui me tuerait pour peu que je l'énerve

     

    N'importe qui pourvu qu'il soit violent

     

     

     

    Je prends l'avion le plus souvent possible

     

    Je fais du stop les matins de verglas

     

    Je risque tout avec un soin paisible

     

    En espérant ne pas rentrer chez moi

     

     

     

    Il se pourrait

     

    Il se pourrait

     

    Il se pourrait qu'avec ce que je mange

     

    Ce que je bois ce que je fume aussi

     

    J'attrape enfin grâce à ce doux mélange

     

    Une incurable et brève maladie

     

     

     

    Mais négligé par la moindre malchance

     

    Je peux très bien vieillir à petits pas

     

    Ou retomber chaque jour en enfance

     

    Et même vivre une seconde fois

     

     

     

    Cynique, moi ?... etc. 

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  • Marcescence

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Marcescence »

    [Connaissez-vous le langage des fleurs ?]

     

     

    Faut-il croire à ton gardénia

     

     Si tu repousses ma glycine

     

     Serait-ce un de tes hortensias

     

     Cette soudaine capucine

     

     

     

    Je t’aimais bien

     

    Noces d’étain

     

    Je t’aimais tant

     

    Noces d’argent

     

    Je t’aime encore

     

    Noces d’or

     

     

     

    Au lieu d’user d’amaryllis

     

    Et d’abuser de ton muguet

     

    Dissimule un peu ton narcisse

     

    Essaie d’ébranler mon œillet

     

     

     

    Je t’aimais bien

     

    Noces d’étain

     

    Je t’aimais tant

     

    Noces d’argent

     

    Je t’aime encore

     

    Noces d’or

     

     

     

    Moi qui montrais trop d’azalée

     

    Qui piétinais les pétunias

     

    Je compare ma giroflée

     

    À ton vertigineux zinnia

     

     

     

    Je t’aimais bien

     

    Noces d’étain

     

    Je t’aimais tant

     

    Noces d’argent

     

    Je t’aime encore

     

    Noces d’or

     

     

     

    Lorsque durcira mon iris

     

    Quand s’éteindra mon orchidée

     

    Je garderai le myosotis

     

    D’un tendre et fragile églantier

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  • Petit Matin

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Petit Matin »

     

    Le soleil est déjà là

     

    Le lit est chaud de tes rêves

     

    Au rythme d'un cœur qui bat

     

    Sur toi le drap se soulève

     

     

     

    Pareil à l'oiseau de proie

     

    Bientôt je me sens coupable

     

    Penché au-dessus de toi

     

    De te voir si vulnérable

     

     

     

    J'ai envie de te toucher

     

    Mais réfrène mes caresses

     

    Je voudrais te réveiller

     

    Avec tact et gentillesse

     

     

     

    Dans un geste maladroit

     

    Tu me repousses et soupires

     

    Je m'égare au fil de toi

     

    Te survole et te respire

     

     

     

    Je perds la notion du temps

     

    Mon désir devient palpable

     

    Ton corps se cabre un instant

     

    Sous mes doigts incontrôlables

     

     

     

    Je languis au bord de toi

     

    M'impatiente à la lisière

     

    De ton généreux sous-bois

     

    Entrouvre-moi ta clairière 

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  • Sur la table

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Écouter « Sur la table »

     

    Ta main se pose sur la table

     

    Je l'entends me faire un discours

     

    Et je l'écoute impénétrable

     

    Tandis que tu parles toujours

     

     

     

    Pendant ce temps près des nuages

     

    Un vent fou

     

    Guide l'appel des oies sauvages

     

    Jusqu'à nous

     

     

     

    Ma main se pose sur la table

     

    Avec l'air de n'y penser pas

     

    Elle contemple imperturbable

     

    La tienne qui ne comprend pas

     

     

     

    Pendant ce temps sur la rivière

     

    Un vent fou

     

    Lance des gouttes de lumière

     

    Jusqu'à nous

     

     

     

    Nos mains se touchent sur la table

     

    Laquelle a fait le premier pas

     

    Peu importe la responsable

     

    Puisqu'elles s'étreignent déjà

     

     

     

    Pendant ce temps sur la colline

     

    Un vent fou

     

    Souffle des pensées libertines

     

    Jusqu'à nous 

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  • Faits l'un pour l'autre

    (Auteur : Marceau Piana : Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Faits l'un pour l'autre »

     

    Je me souviendrai toujours

     

    De ce soir tant attendu

     

    Où l'on t'a confié à moi

     

    Petit garçon sans amour

     

    Tu avais les yeux battus

     

    Il m'a fallu bien des mois

     

    Pour dissiper ton désarroi

     

     

     

    Désarmé par ta méfiance

     

    Je ne savais que sourire

     

    À l'affût d'un mot de toi

     

    Petit garçon sans défense

     

    Tu ne songeais qu'à t'enfuir

     

    Quand je t'ouvrais grands mes bras

     

    Tu ne comprenais pas pourquoi

     

     

     

    Toi l'enfant indésirable

     

    Laissé-pour-compte encombrant

     

    Moi le père inconsolable

     

    De n'avoir pas eu d'enfant

     

    Nous étions faits l'un pour l'autre

     

    Je t'ai ouvert le bonheur

     

    Nous étions faits l'un pour l'autre

     

    Tu m'as rajeuni le cœur

     

     

     

    Comme un chiot abandonné

     

    Que l'on recueille en passant

     

    Tu t'es chauffé à mon feu

     

    Petit garçon égaré

     

    Apprivoisé doucement

     

    J'ai l'impression par moments

     

    Que nous nous ressemblons un peu

     

     

     

    Tu ignorais tout d'un père

     

    Je m'inventais un enfant

     

    Toi l'inopportun sur terre

     

    Moi l'adulte imprévoyant

     

    Nous étions faits l'un pour l'autre

     

    Je t'ai appris le bonheur

     

    Nous étions faits l'un pour l'autre

     

    Et ne formons qu'un seul cœur

     

     

     

    Nous ne sommes qu'un seul cœur

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    2 commentaires
  • Léa

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Écouter « Léa »

     

    Dès que tu t'es mise à chanter

     

    J'ai eu besoin de t'écouter

     

    Nous ne nous étions jamais vus

     

    Bien sûr je ne me doutais pas

     

    Que j'allais te rencontrer là

     

    Toi que j'avais tant attendue

     

     

     

    Léa la belle

     

    Belle Léa

     

    Belle Léa

     

     

     

    Derrière le rideau tiré

     

    De tes cheveux entremêlés

     

    Je ne comprenais pas toujours

     

    Ce que cachaient tes yeux baissés

     

    Je me noyais dans tes pensées

     

    J'ai cru que c'était ça l'amour

     

     

     

    Léa la sombre

     

    Sombre Léa

     

    Sombre Léa

     

     

     

    Je t'ai connue de mieux en mieux

     

    Je t'ai apprise peu à peu

     

    Tu me ressembles étrangement

     

    C'est moi qui ris quand tu es gaie

     

    C'est toi qui pars quand je m'en vais

     

    Nous ne nous quittons pas longtemps

     

     

     

    Léa la douce

     

    Douce Léa

     

    Douce Léa

     

     

     

    Toute en mystère tu t'ennuies

     

    Tu fais en sorte qu'on t'oublie

     

    Et t'endors un verre à la main

     

    J'essaie d'éclairer ton sommeil

     

    En l'éclaboussant de soleil

     

    Il pleut souvent le lendemain

     

     

     

    Léa la folle

     

    Folle Léa

     

    Belle Léa

     

    Sombre Léa

     

    Douce Léa

     

    Mon aléa 

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  • Qui voudrait ?

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Philippe Kireeff)

    Écouter « Qui voudrait ? »

     

    Qui voudrait avoir eu envie

     

    De l'incomparable Garbo

     

    Mais succomber bien malgré lui

     

    Au charme insolent de Brando

     

     

     

    Qui voudrait être un bonobo

     

    Dont le voisin lui semble triste

     

    Qui lui sauterait sur le dos

     

    Pour lui montrer que l'autre existe

     

     

     

    Qui le voudrait

     

    Qui en jouerait

     

    Qui me dirait que je suis seul

     

     

     

    Qui voudrait former une ronde

     

    Où ceux qui ne sauraient pas suivre

     

    Seraient rejetés de ce monde

     

    Où ils n'étaient pas faits pour vivre

     

     

     

    Qui voudrait allumer un feu

     

    Où se consumeraient les cons

     

    Dont les plus nombreux seraient ceux

     

    Qui ne savent pas qu'ils le sont

     

     

     

    Qui le voudrait

     

    Qui jouirait

     

    De s'avouer qu'il est le seul

     

     

     

    Qui voudrait se tenir tranquille

     

    Pour ne pas être un jour déçu

     

    De passer pour un imbécile

     

    Dont personne n'aurait voulu

     

     

     

    Qui voudrait chérir ses parents

     

    D'une indiscernable ferveur

     

    Même si l'un n'est pas aimant

     

    Et que l'autre inspire la peur

     

     

     

    Qui le voudrait

     

    Qui m'envierait

     

    De n'être rien de moins que seul

     

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