• (Marc Lavoine / C. Casenave)

    [À mon frère aîné tel que j'eusse voulu qu'il fût s'il n'y avait eu entre nous une ennemie incontournable au nom innommable d'Alzheimer]

    À nos amours à nos amis perdus

    À nos idoles un peu déchues

    À nos combats nos rêves presque nus

    À nos voyages au bout de la rue

     

    À nos silences à nos hivers frileux

    À nos croyances autour du feu

    À nos secrets à nos trains de banlieue

    À nos parents aux jours heureux

     

    Je lève encore mon verre un peu comme une prière

    Sans violons et sans pleurer

    Je marche de travers auprès de toi mon frère

    Peux-tu encore me protéger

    Je me laisse aller

     

    À nos enfants à nos désirs de vivre

    À nos vieux profs et à leurs livres

    À nos princesses charmantes qu'on délivre

    À nos nuits blanches nos bateaux ivres

     

    Je lève encore mon verre un peu comme une prière

    Sans dire un mot et sans pleurer

    Je marche de travers auprès de toi mon frère

    Veux-tu encore me protéger

    Je me laisse aller

     

    À nos chagrins nos bonheurs partagés

     

    Je lève encore mon verre un peu comme une prière

    Sans violons et sans pleurer

    Je marche de travers auprès de toi mon frère

    Peux-tu encore me protéger

    Je me laisse aller

     

    Je me laisse aller

    Auprès de toi mon frère

    Je me laisse aller

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  • (L. Ferré)

    T'es toute nue sous ton pull

    Y a la rue qui est maboule

    Jolie môme

    T'as ton cœur à ton cou

    Et le bonheur par en dessous

    Jolie môme

    T'as le rimmel qui fout le camp

    C'est le dégel des amants

    Jolie môme

    Ta prairie ça sent bon fais-en don aux amis

    Jolie môme

     

    T'es qu'une fleur du printemps

    Qui se fout de l'heure et du temps

    T'es qu'une rose éclatée

    Que l'on pose à côté

    Jolie môme

    T'es qu'un brin de soleil

    Dans le chagrin du réveil

    T'es qu'une vamp qu'on éteint

    Comme une lampe au matin

    Jolie môme

     

    Tes baisers sont pointus

    Comme un accent aigu

    Jolie môme

    Tes petits seins sont du jour

    À la coque à l'amour

    Jolie môme

    Ta barrière de froufrous

    Faut se la faire mais c'est doux

    Jolie môme

    Ta violette est le violon qu'on violente et c'est bon

    Jolie môme

     

    T'es qu'une fleur de passe-temps

    Qui se fout de l'heure et du temps

    T'es qu'une étoile d'amour

    Qu'on entoile aux beaux jours

    Jolie môme

    T'es qu'un point sur les «i»

    Du chagrin de la vie

    Et qu'une chose de la vie

    Qu'on arrose qu'on oublie

    Jolie môme

     

    T'as qu'une paire de mirettes

    Au poker des conquêtes

    Jolie môme

    T'as qu'une rime au bonheur

    Faut que ça rime ou que ça pleure

    Jolie môme

    T'as qu'une source au milieu

    Qui éclabousse du bon dieu

    Jolie môme

    T'as qu'une porte en voile blanc que l'on pousse en chantant

    Jolie môme

     

    T'es qu'une pauvre petite fleur

    Qu'on guimauve et qui meurt

    T'es qu'une femme à repasser

    Quand son âme est froissée

    Jolie môme

    T'es qu'une feuille de l'automne

    Qu'on effeuille monotone

    T'es qu'une joie en allée

    Viens chez moi la retrouver

    Jolie môme

     

    T'es toute nue sous ton pull

    Y a ma rue y a ta bulle

    T'es toute nue sous ton pull

    Y a ma rue y a ta bulle

    Jolie môme

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  • (Barbara)

    Dites-le-moi du bout des lèvres

    Je l'entendrai du bout du cœur

    Vos cris me dérangent et je rêve

    Je rêve

     

    Mais dites-le-moi doucement

    Murmurez-le-moi simplement

    Je vous écouterai bien mieux

    Sans doute

     

    Si vous parlez du bout des lèvres

    J'entends très bien du bout du cœur

    Et je veux continuer mon rêve

    Mon rêve

     

    Que l'amour soit à mon oreille

    Doux comme le chant des abeilles

    En été un jour au soleil

    Au soleil

     

    Regardez dans le soir qui penche

    Là-bas ce voilier qui balance

    Qu'elle est jolie sa voile blanche

    Qui danse

     

    Je vous le dis du bout des lèvres

    Vous m'agacez du bout du cœur

    Vos cris me dérangent et je rêve

    Je rêve

     

    Venez donc me parler d'amour

    À voix basse dans ce contre-jour

    Et faites-moi je vous en prie

    Silence

     

    Prenons plutôt au soir qui penche

    Là-bas ce voilier qui balance

    Qu'elle est jolie sa voile blanche

    Qui danse

     

    Je vous dirai du bout des lèvres

    Je vous aime du bout du cœur

    Et nous pourrons vivre mon rêve

    Mon rêve

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  • (G. Brassens)

    Monseigneur l'astre solaire

    Comme je n' l'admire pas beaucoup

    M'enlève son feu oui mais son feu moi j' m'en fous

    J'ai rendez-vous avec vous

    La lumière que je préfère

    C'est celle de vos yeux jaloux

    Tout le restant m'indiffère

    J'ai rendez-vous avec vous

     

    Monsieur mon propriétaire

    Comme je lui dévaste tout

    Me chasse de son toit oui mais son toit moi j' m'en fous

    J'ai rendez-vous avec vous

    La demeure que je préfère

    C'est votre robe à froufrous

    Tout le restant m'indiffère

    J'ai rendez-vous avec vous

     

    Madame ma gargotière

    Comme je lui dois trop de sous

    M'interdit sa table oui mais sa table moi j' m'en fous

    J'ai rendez-vous avec vous

    Le menu que je préfère

    C'est la chair de votre cou

    Tout le restant m'indiffère

    J'ai rendez-vous avec vous

     

    Sa Majesté financière

    Comme je ne fais rien à son goût

    Garde son or or moi son or je m'en fous

    J'ai rendez-vous avec vous

    La fortune que je préfère

    C'est votre cœur d'amadou

    (Doux tout doux tout doux)

    Tout le restant m'indiffère

    J'ai rendez-vous avec vous

    (C'est tout)

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  • (F. Lo / Barbara)

    Jamais la fin d'été n'avait paru si belle

    Les vignes de l'année auront de beaux raisins

    On voit se rassembler déjà les hirondelles

    Mais il faut se quitter pourtant on s'aimait bien

     

    Quel joli temps pour se dire au revoir

    Quel joli soir pour jouer ses vingt ans

    Sur la fumée des cigarettes

    L'amour s'en va mon cœur s'arrête

    Quel joli temps pour se dire au revoir

    Quel joli soir pour jouer ses vingt ans

     

    Les fleurs portent déjà les couleurs de septembre

    Et on entend de loin s'annoncer les bateaux

    Beau temps pour un chagrin que ce temps couleur d'ambre

    Je reste sur le quai mon amour à bientôt

     

    Quel joli temps mon amour au revoir

    Quel joli soir pour jouer ses vingt ans

    Sur la fumée des cigarettes

    L'amour nous reviendra peut-être

    Peut-être un soir au détour d'un printemps

    Quel joli temps le temps de se revoir

     

    Jamais les fleurs de mai n'auront paru si belles

    Les vignes de l'année auront de beaux raisins

    Quand tu me reviendras avec les hirondelles

    Car tu me reviendras dis mon amour à demain

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  • (S. Lama / Y. Gilbert)

    Dans un harem byzantin

    Où pour trouver le paradis

    Je m'étais déguisé en chien

    Une esclave m'a dit :

    « Moi je voudrais des perles lourdes

    Des perles noires des émaux

    Être muette et presque sourde

    Pour que tu me berces de mots

     

    Des mots qui ressemblent à la mer

    Des mots où l'on voit à travers

    Des mots d'amertume et d'amour

    Des mots tendres à contre-jour

     

    Moi je voudrais des chambres pleines

    Où je m'étendrais toute nue

    Cerclée de chiennes et de chaînes

    Buvant des boissons inconnues

     

    Des boissons de vie et de mort

    Des coupes pleines à ras bord

    Où poser mes lèvres mouillées

    Sur des sofas agenouillée

     

    Moi je voudrais un noir esclave

    Aux dents blanches fortes et cruelles

    Qui partagerait mes entraves

    Et qui m'emmènerait au ciel

     

    Dans la moite langueur du soir

    Moi toute blanche et lui tout noir

    Il mordrait mon corps en rampant

    Avec des lenteurs de serpent

     

    Moi je voudrais être une fille

    Qu'on épuiserait de plaisir

    Derrière des vitres et des grilles

    Jusqu'à dormir jusqu'à mourir

     

    Sous mes paupières violacées

    Tu vois je n'ai qu'une pensée

    Être une femme pour de vrai

     Une vraie femme s'il te plaît »

     

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  • (V. Sanson)

    Tu me dis que tu es faite

    Pour une drôle de vie

    Tu as des idées dans la tête

    Tu vas au bout de tes envies

    Tu m'emmènes faire le tour

    De ta drôle de vie

    Je te verrai tous les jours

    Si je te pose des questions

    Qu'est-ce que tu diras

    Et si tu me réponds

    Qu'est-ce que tu diras

    Si on parle d'amour

    Qu'est-ce que tu diras

     

    Si je sais que tu m'aimes

    La vie que tu aimes

    Au fond de moi

    Me donne tous ses emblèmes

    Me touche quand même

    Du bout de ses doigts

    Même si tu as des problèmes

    Tu sais que je t'aime

    Ça t'aidera

    Laisse les autres totems

    Tes drôles de poèmes

    Et viens avec moi

     

    On est partis tous les deux

    Pour une drôle de vie

    On est toujours amoureux

    On va au bout de nos envies

    On a sûrement fait le tour

    De nos drôles de vies

    Je te demanderai toujours

    Si je te pose des questions

    Qu'est-ce que tu diras

    Et si tu me réponds

    Qu'est-ce que tu diras

    Si on parle d'amour

    Qu'est-ce que tu diras

     

    Si je sais que tu m'aimes

    La vie que tu aimes

    Au fond de moi

    Me donne tous ses emblèmes

    Me touche quand même

    Du bout de ses doigts

    Même si tu as des problèmes

    Tu sais que je t'aime

    Ça t'aidera

    Laisse les autres totems

    Tes drôles de poèmes

    Et viens avec moi

     

    Et si tu sais que je t'aime

    La vie que tu aimes

    Au fond de moi

    Me donne tous ses emblèmes

    Me touche quand même

    Du bout de ses doigts

    Même si tu as des problèmes

    Tu sais que je t'aime

    Ça t'aidera

    Laisse les autres totems

    Tes drôles de poèmes

    Et viens avec moi

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  • (P. Bachelet / H. J. Roy)

    Mélodie d'amour chante le cœur d'Emmanuelle

    Qui bat cœur à corps perdu

    Mélodie d'amour chante le corps d'Emmanuelle

    Qui vit corps à cœur déçu

     

    Tu es encore

    Presque une enfant

    Tu n'as connu

    Qu'un seul amant

    Mais à vingt ans

    Pour rester sage

    L'amour est un

    Trop long voyage

     

    Mélodie d'amour chante le cœur d'Emmanuelle

    Qui bat cœur à corps perdu

    Mélodie d'amour chante le corps d'Emmanuelle

    Qui vit corps à cœur déçu

     

    L'amour à cœur

    Tu l'as rêvé

    L'amour à corps

    Tu l'as trouvé

    Tu es en somme

    Devant les hommes

    Comme un soupir

    Sur leur désir

     

    Tu es si belle

    Emmanuelle

    Cherche le cœur

    Trouve les pleurs

    Cherche toujours

    Cherche plus loin

    Viendra l'amour

    Sur ton chemin

     

    Mélodie d'amour chante le cœur d'Emmanuelle

    Qui bat cœur à corps perdu

    Mélodie d'amour chante le corps d'Emmanuelle

     Qui vit corps à cœur déçu

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  • (G. D. Weiss / B. Thiele)

    I see skies of blue and clouds of white

    The bright blessed day the dark sacred night

    And I think to myself

    What a wonderful world

     

    I see trees of green red roses too

    Il see them bloom for me and you

    And I think to myself

    What a wonderful world

     

    The colours of the rainbow so pretty in the sky

    Are also on the faces of people going by

    I see friends shakin' hands saying « How do you do ? »

    They're really saying « I love you »

     

    I hear babies cryin' I watch them grow

    They'll learn much more than I'll ever know

    And I think to myself

    What a wonderful world

     

    The colours of the rainbow so pretty in the sky

    Are also on the faces of people going by

    I see friends shakin' hands saying « How do you do ? »

    They're really saying « I love you »

     

     

    I hear babies cryin' I watch them grow

    They'll learn much more than I'll ever know

    And I think to myself

    What a wonderful world

    Yes I think to myself

     

    What a wonderful world

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  • (J.-J. Goldman)

    Je rêve son visage je décline son corps

    Et puis je l'imagine habitant mon décor

    J'aurais tant à lui dire si j'avais su parler

    Comment lui faire lire au fond de mes pensées

     

    Mais comment font ces autres à qui tout réussit

    Qu'on me dise mes fautes et mes chimères aussi

    Moi j'offrirais mon âme mon cœur et tout mon temps

    Mais j'ai beau tout donner tout n'est pas suffisant

     

    S'il suffisait qu'on s'aime s'il suffisait d'aimer

    Si on changeait les choses un peu

    Rien qu'en aimant donner

    S'il suffisait qu'on s'aime s'il suffisait d'aimer

    Je ferais de ce monde un rêve une éternité

     

    J'ai du sang dans mes songes un pétale séché

    Quand des larmes me rongent que d'autres ont versées

    La vie n'est pas étanche mon île sous le vent

    Les portes laissent entrer les cris même en fermant

     

    Dans un jardin d'enfants sur un balcon des fleurs

    Ma vie paisible où j'entends battre tous les cœurs

    Quand les nuages foncent présagent des malheurs

    Quelles armes répondent aux pays de nos peurs

     

    S'il suffisait qu'on s'aime s'il suffisait d'aimer

    Si on changeait les choses un peu

    Rien qu'en aimant donner

    S'il suffisait qu'on s'aime s'il suffisait d'aimer

    Je ferais de ce monde un rêve une éternité

     

    S'il suffisait qu'on s'aime s'il suffisait d'aimer

    Si on pouvait changer les choses

    Et tout recommencer

    S'il suffisait qu'on s'aime s'il suffisait d'aimer

    Nous ferions de ce rêve un monde

     

    S'il suffisait d'aimer

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  • (G. Brassens)

    Au marché de Brive-la-Gaillarde

    À propos de bottes d'oignons

    Quelques douzaines de gaillardes

    Se crêpaient un jour le chignon

    À pied à cheval en voiture

    Les gendarmes mal inspirés

    Vinrent pour tenter l'aventure

    D'interrompre l'échauffourée

     

    Or sous tous les cieux sans vergogne

    C'est un usage bien établi

    Dès qu'il s'agit de rosser les cognes

    Tout le monde se réconcilie

    Ces furies perdant toute mesure

    Se ruèrent sur les guignols

    Et donnèrent je vous l'assure

    Un spectacle assez croquignol

     

    En voyant ces braves pandores

    Être à deux doigts de succomber

    Moi je bichais car je les adore

    Sous la forme de macchabées

    De la mansarde où je réside

    J'excitais les farouches bras

    Des mégères gendarmicides

    En criant « Hip hip hip hourra »

     

    Frénétique l'une d'elles attache

    Le vieux maréchal des logis

    Et lui fait crier « Mort aux vaches

    Mort aux lois vive l'anarchie »

    Une autre fourre avec rudesse

    Le crâne d'un de ces lourdauds

    Entre ses gigantesques fesses

    Qu'elle serre comme un étau

     

    La plus grasse de ces femelles

    Ouvrant son corsage dilaté

    Matraque à grands coups de mamelles

    Ceux qui passent à sa portée

    Ils tombent tombent tombent tombent

    Et selon les avis compétents

    Il paraît que cette hécatombe

    Fut la plus belle de tous les temps

     

    Jugeant enfin que leurs victimes

    Avaient eu leur content de gnons

    Ces furies comme outrage ultime

    En retournant à leurs oignons

    Ces furies à peine si j'ose

    Le dire tellement c'est bas

    Leur auraient même coupé les choses

    Par bonheur ils n'en avaient pas

    Leur auraient même coupé les choses

     Par bonheur ils n'en avaient pas

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  • (C. Trénet)

     

    Fidèle fidèle je suis resté fidèle

    À des choses sans importance pour vous

    Un soir d'été le vol d'une hirondelle

    Un sourire d'enfant un rendez-vous

    Fidèle fidèle je suis resté fidèle

    À des riens qui pour moi font un tout

    Un vieux toutou une boîte d'aquarelle

    Le port de La Nouvelle au mois d'août

     

    Fidèle fidèle je suis resté fidèle

    À des lieux et des amis très doux

    Un drôle d'Albert et sa sœur en dentelles

    Un Castillet tout neuf un Canigou

    Une rue de Béziers une tante Émilie

    Une maman partant pour Budapest

    Ma vieille maison avec sa tonnellerie

    Près de la gendarmerie les express

     

    Fidèle fidèle je suis resté fidèle

    Au souvenir d'un soir à Montauban

    Candides ardeurs nos cœurs je me rappelle

    S'étaient donnés si jeunes sur un vieux banc

    J'étais parti dans la nuit des vacances

    Plus léger qu'un elfe au petit jour

    Mais à présent à présent quand j'y pense

    Je pleure toujours mon premier amour

     

    Fidèle fidèle pourquoi rester fidèle

    Quand tout change et s'en va sans regrets

    Quand on est seul debout sur la passerelle

    Devant tel ou tel monde qui disparaît

    Quand on regarde tous les bateaux qui sombrent

    Emportant les choses qu'on espérait

    Quand on sait bien que l'on n'est plus qu'une ombre

    Fidèle à d'autres ombres à jamais 

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  • (V. Sanson)

    Comme je n'ai plus le temps

    De savoir si j'ai du courage

    Puisque j'ai mis vingt ans

    À identifier les mirages

    Je tire ma révérence

    Ma révérence

     

    Puisque mon fils est grand

    Et qu'il n'a plus besoin de moi

    Que les gens qui m'aimaient

    S'effondrent tous autour de moi

    Je leur tire ma révérence

    Ma révérence

     

    Et ma vie endormie doucement

     

    Mon cœur est presque froid

    Il ne sait même plus s'affoler

    Il n'est plus déjà

    Qu'une pauvre horloge à réparer

    Il n'y aura plus de flammes

    Il n'y aura plus de charmes

    Il n'y aura plus de larmes

     

    Et mes amis fidèles

    Disparaissent tous un par un

    Eux qui disaient que j'étais tel

    Que les détours de mon chemin

    Alors j'ai honte de mes mains

    Je ne reconnais pas mes mains

     

    Comme je n'ai plus le temps

    De savoir si j'ai du courage

    Puisque j'ai mis vingt ans

    À démasquer tous mes mirages

    Bien sûr j'entends au fond de moi

    Une petite voix qui sourd et gronde

     

    Que je suis seul au monde

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  • (Y. Montane / C. Aznavour)

    Le soleil brille à pleins feux

    Mais je ne vois que tes yeux

    La blancheur de ton corps nu

    Devant mes mains éperdues

    Viens ne laisse pas s'enfuir

    Les matins brodés d'amour

    Viens ne laisse pas mourir

    Les printemps nos plaisirs

     

    L'amour c'est comme un jour

    Ça s'en va ça s'en va l'amour

    C'est comme un jour de soleil en ripaille

    Et de lune en chamaille

    Et de pluie en bataille

    L'amour c'est comme un jour

    Ça s'en va ça s'en va l'amour

    C'est comme un jour d'un infini sourire

    D'une infinie tendresse

    D'une infinie caresse

    L'amour c'est comme un jour

    Ça s'en va mon amour

     

    Notre été s'en est allé

    Et tes yeux m'ont oublié

    Te souviens-tu de ces jours

    Où nos cœurs parlaient d'amour

    Nous n'avons pu retenir

    Que des lambeaux de bonheur

    S'il n'y a plus d'avenir

    Il nous reste un souvenir

     

    L'amour c'est comme un jour

    Ça s'en va ça s'en va l'amour

    C'est comme un jour de soleil en ripaille

    Et de lune en chamaille

    Et de pluie en bataille

    L'amour c'est comme un jour

    Ça s'en va ça s'en va l'amour

    C'est comme un jour d'un infini sourire

    D'une infinie tendresse

    D'une infinie caresse

    L'amour c'est comme un jour

    Ça s'en va mon amour 

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  • (B. Mitzi / J.-P. Mirouze / A. Georget)

    Je suis ruisseau fleuve rivière

    Je suis la neige et la pluie

    Je suis l'ombre et la lumière

    Je suis la vie

     

    Je suis l'ouragan sur la dune

    Je suis une symphonie

    Je suis un noyau de prune

    Je suis le fruit

     

    C'est peut-être l'automne

    C'est peut-être l'hiver

    C'est peut-être l'été

    Il fait si chaud

     

    Je suis l'onde sur la grève

    Je suis feuille au gré du vent

    Je suis lumière et ténèbres

    Je suis le temps

     

    Je suis l'esprit l'étincelle

    Je suis l'espace infini

    Je suis la petite abeille

    Je suis la nuit

     

    C'est peut-être l'automne

    C'est peut-être l'hiver

    C'est peut-être l'été

    Il fait si chaud

     

    Je suis l'unique le glorieux

    Je suis la fleur sous l'érable

    Je suis le silence impalpable

    Je suis l'oubli

     

    C'est peut-être l'automne

    C'est peut-être l'hiver

    C'est peut-être l'été

    Il fait si chaud

    Si chaud

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  • (F. Welgryn / Pauline)

    Il paraît que les nouvelles ne sont pas si bonnes

    Que le moral descend et que les forces t'abandonnent

    J'entends tous les gens parler de tes histoires

    Que l'avenir qui t'attend se joue au fil du rasoir

     

    Qu'en est-il de l'amour

    Des larmes et de la peine

    De la vie de tous les jours

    Et de la paix sereine

     

    Allô le monde

    Est-ce que tout va bien

    Allô le monde

    Je n'y comprends plus rien

    Allô le monde

    Prends soin de toi

    Allô le monde

    Ne te laisse pas aller comme ça

    Comme ça

     

    Quel est le nom du mal dont tu subis la fièvre

    Les étranges idéaux les hystéries funèbres

    Dis-moi ce que je peux faire de ma petite place

    Quels sont les actes et les mots qui peuvent t'aider à faire face

     

    Pousser à la révolte

    Pour faire le premier pas

    Semer pour qu'on récolte

    Pour crier mon effroi

     

    Allô le monde

    Est-ce que tout va bien

    Allô le monde

    Je n'y comprends plus rien

    Allô le monde

    Prends soin de toi

    Allô le monde

    Ne te laisse pas aller comme ça

    Comme ça

     

    Allô le monde

    Allô le monde

    Allô le monde

    Allô le monde

    Allô le monde

     

    Allô le monde

    Est-ce que tout va bien

    Allô le monde

    Je n'y comprends plus rien

    Allô le monde

    Prends soin de toi

    Allô le monde

    Ne te laisse pas aller comme ça

    Comme ça

     

    Allô le monde

    Est-ce que tout va bien

    Allô le monde

     

    Allô le monde

    Prends soin de toi

    Allô le monde

     

    Allô le monde...

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  • (M. Vidalin / G. Bécaud)

    Les mauvais coups les lâchetés

    Quelle importance

    Laisse-moi te dire

    Laisse-moi te dire et te redire ce que tu sais

    Ce qui détruit le monde c'est

    L'indifférence

     

    Elle a rompu et corrompu

    Même l'enfance

    Un homme marche

    Un homme marche tombe crève dans la rue

    Eh bien personne ne l'a vu

    Indifférence

     

    L'indifférence

    Elle te tue à petits coups

    L'indifférence

    Tu es l'agneau elle est le loup

    L'indifférence

    Un peu de haine un peu d'amour

    Mais quelque chose

    L'indifférence

    Chez toi tu n'es qu'un inconnu

    L'indifférence

    Tes enfants ne te parlent plus

    L'indifférence

    Même tes parents n'écoutent plus

    Tes propres mots

     

    Vous vous aimez et vous avez

    Un lit qui danse

    Mais elle vous guette

    Elle vous guette et joue au chat à la souris

    Mon jour viendra elle se dit

    L'indifférence

     

    L'indifférence

    Elle te tue à petits coups

    L'indifférence

    Tu es l'agneau elle est le loup

    L'indifférence

    Un peu de haine un peu d'amour

    Mais quelque chose

    L'indifférence

    Tu es cocu et tu t'en fous

    L'indifférence

    Elle fait ses petits dans la boue

    L'indifférence

    Y a plus de haine y a plus d'amour

    Y a plus grand-chose

     

    L'indifférence

    Avant qu'on en soit tous crevés

    D'indifférence

    Je voudrais la voir crucifiée

    L'indifférence

    Qu'elle serait belle écartelée

    L'indifférence

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  • (F. Hardy / J. Clerc)

    Fais-moi une place

    Au fond de ta bulle

    Et si je t'agace

    Si je suis trop nul

    Je deviendrai tout pâle tout muet tout petit

    Pour que tu m'oublies

     

    Fais-moi une place

    Au fond de ton cœur

    Pour que je t'embrasse

    Lorsque tu pleures

    Je deviendrai tout fou tout clown gentil

    Pour que tu souries

     

    Je veux que t'aies jamais mal

    Que t'aies jamais froid

    Et tout m'est égal

    Tout à part toi

    Je t'aime

     

    Fais-moi une place

    Dans ton avenir

    Pour que je ressasse

    Moins mes souvenirs

    Je serai jamais éteint hautain lointain

    Pour que tu sois bien

     

    Fais-moi une place

    Dans tes urgences

    Dans tes audaces

    Dans ta confiance

    Je serai jamais distant distrait cruel

    Pour que tu sois belle

     

    Je veux pas que tu t'ennuies

    Je veux pas que t'aies peur

    Je voudrais que tu oublies

    Le goût du malheur

    Je t'aime

     

    Une petite place

    Ici maintenant

    Car le temps passe

    À pas de géant

    Je me ferai tout neuf tout beau tout ça

    Pour être à toi

    Je me ferai tout beau tout neuf tout ça

    Pour être à toi

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  • (B. Biolay)

    On reste Dieu merci à la merci d'un conifère

    D'un silence inédit d'une seule partie de jambes en l'air

    Le soleil est assis du mauvais côté de la mer

    Quelle aventure quelle aventure

     

    On reste Dieu merci à la merci d'un Abribus

    Ne reste pas ici on entend sonner l'angélus

    Le soleil est jauni plus triste que le cirque Gruss

    Quelle aventure quelle aventure

     

    On reste Dieu merci à la merci d'un engrenage

    D'un verre de Campari du bon vouloir de l'équipage

    Paris est si petit quand on le regagne à la nage

    Quelle aventure quelle aventure

     

    On flâne on flaire

    On flaire la flamme

    Singulière

    On gagne on perd

    On perd la gagne

    La superbe

     

    On reste Dieu merci à la merci de l'amour crasse

    D'un simple démenti d'une mauvaise vie d'une mauvaise passe

    Le silence est aussi pesant qu'un porte-avions qui passe

    Quelle aventure quelle aventure

     

    On reste Dieu merci à la merci d'un sacrifice

    D'une mort à crédit d'un préjugé d'un préjudice

    Et le soleil s'enfuit comme un savon soudain qui glisse

    Quelle aventure quelle aventure

     

    On flâne on flaire

    On flaire la flamme

    Singulière

    On gagne on perd

    On perd la gagne

    La superbe

     

    On reste Dieu merci à la merci d'un Nembutal

    Du plafond décrépit qu'on observe à l'horizontale

    Le soleil est parti la neige tombe sur les dalles

    Quelle aventure quelle aventure

     

    On reste Dieu merci à la merci d'un lampadaire

    D'une douleur endormie d'un chasse-spleen un soir d'hiver

    La vieillesse ennemie reste la seule pierre angulaire

    Quelle aventure quelle aventure

     

    On flâne on flaire

    On flaire la flamme

    Familière

    On gagne on perd

    On perd la gagne

    La superbe

     

    Quelle aventure quelle aventure

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  • (N. Chassagne / Fl. Dubos / Fa. Dubos / B. Poher)

    Regarde-toi assise dans l'ombre

    À la lueur de nos mensonges

    Les mains glacées jusqu'à l'ongle

     

    Regarde-toi à l'autre pôle

    Fermer les yeux sur ce qui nous ronge

    On a changé à la longue

     

    On a parcouru les chemins

    On a tenu la distance

    Et je te hais de tout mon corps

    Mais je t'adore

    On a parcouru les chemins

    On a souffert en silence

    Et je te hais de tout mon corps

    Mais je t'adore encore

     

    Je vis dans une maison de verre

    À moitié remplie de ton eau

    Sans s'arrêter le niveau monte

     

    Je suis le fantôme qui s'égare

    Je suis étranger à ton cœur

    Seulement regarde comme on est seuls

     

    On a parcouru les chemins

    On a tenu la distance

    Et je te hais de tout mon corps

    Mais je t'adore

    On a parcouru les chemins

    On a souffert en silence

    Et je te hais de tout mon corps

    Mais je t'adore encore

     

    Regarde-toi encore

     

    On a parcouru les chemins

    On a tenu la distance

    Et je te hais de tout mon corps

    Mais je t'adore

    On a parcouru les chemins

    On a souffert en silence

    Et je te hais de tout mon corps

    Mais je t'adore

    On a parcouru les chemins

    On a tenu la distance

    Et je te hais de tout mon corps

    Mais je t'adore

    On a parcouru les chemins

    On a souffert en silence

    Et je te hais de tout mon corps

    Mais je t'adore encore

    Encore

    Encore

    Encore 

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  • (M. Miro / E. Starczan)

    La pluie peut couler

    Il me va bien ce temps de chien

    Tu m'as laissé tomber

    Depuis le vide depuis plus rien

    Plus rien à brûler

    Nos photos vivent une drôle de fin

    Tu pars en fumée

    Je ne sens même plus ton parfum

    Je t'ai longtemps cherchée

    Dans les moindres recoins

    Dans mon cœur brisé

    Ton sourire je l'ai cherché en vain

    Plus rien n'a d'effet

    Rien n'apaise mon chagrin

    Mais dans mon lit défait

    Je ferme les yeux en espérant

     

    Que cette nuit tu reviennes

    Te blottir contre moi

    Rallumer l'étincelle

    Me faire l'amour une dernière fois

    Donne-moi de tes nouvelles

    Le silence me rend fou

    À genoux les yeux au ciel

    Je hurle comme un loup

    Mais la lune s'en fout

     

    Ne rien regretter

    Après tout nous deux c'était bien

    L'orage est passé

    Mes larmes coulent

    Mais de moins en moins

    Je me laisse aimer

    Je frôle d'autres mains

    Mais le soir tombé

    Je ferme les yeux en espérant

     

    Que cette nuit tu reviennes

    Te blottir contre moi

    Rallumer l'étincelle

    Me faire l'amour une dernière fois

    Donne-moi de tes nouvelles

    Le silence me rend fou

    À genoux les yeux au ciel

    Je hurle comme un loup

    Mais la lune s'en fout

     

    Que chaque nuit tu reviennes

    Te blottir contre moi

    Rallumer l'étincelle

    Faire l'amour une dernière fois

    Donne-moi de tes nouvelles

    Ton silence me rend fou

    À genoux les yeux au ciel

    Je hurle comme un loup

    Mais la lune s'en fout

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  • (J. Renard / F. Gérald)

    Le premier bonheur du jour

    C'est un ruban de soleil

    Qui s'enroule sur ta main

    Et caresse mon épaule

     

    C'est le souffle de la mer

    Et la plage qui attend

    C'est l'oiseau qui a chanté

    Sur la branche du figuier

     

    Le premier chagrin du jour

    C'est la porte qui se ferme

    La voiture qui s'en va

    Le silence qui s'installe

     

    Mais bien vite tu reviens

    Et ma vie reprend son cours

    Le dernier bonheur du jour

    C'est la lampe qui s'éteint 

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  • (M. Miro)

    Un SMS vient d'arriver

    J'ai dix-huit ans

    Envolée ma virginité

    Je ne suis plus un enfant

    L'horloge tourne

    Les minutes sont torrides

    Et moi je rêve d'accélérer le temps

     

    Dam dam dé oh oh oh oh

    Dam dam dé oh oh oh oh oh

     

    Un SMS vient d'arriver

    J'ai vingt ans

    On l'a fait sans se protéger

    Mais je ne veux pas d'un enfant

    L'horloge tourne

    Les minutes infanticides

    Et moi je rêve de remonter le temps

     

    Dam dam dé oh oh oh oh

    Dam dam dé oh oh oh oh oh

     

    Un SMS vient d'arriver

    J'ai vingt et un ans

    Neuf mois se sont écoulés

    Et toujours pas d'enfant

    L'horloge tourne

    Les minutes se dérident

    Et moi je rêve tranquille je prends mon temps

     

    Dam dam dé oh oh oh oh

    Dam dam dé oh oh oh oh oh

     

    Un SMS vient d'arriver

    J'ai vingt-cinq ans

    Un tsunami a tout emporté

    Même les jeux d'enfants

    L'horloge tourne

    Les minutes sont acides

    Et moi je rêve que passe le mauvais temps

     

    Dam dam dé oh oh oh oh

    Dam dam dé oh oh oh oh oh

     

    Un SMS vient d'arriver

    J'ai vingt-huit ans

    Mamie est bien fatiguée

    Mais je ne suis plus un enfant

    L'horloge tourne

    Mais son cœur se suicide

    Et moi je rêve je rêve du bon vieux temps

     

    Dam dam dé oh oh oh oh

    Dam dam dé oh oh oh oh oh

    Dam dam dé oh oh oh oh

    Dam dam dé oh oh oh oh oh

     

    Un SMS va arriver

    J'aurai trente ans

    Trente ans de liberté

    Et soudain le bilan

    L'horloge tourne

    Les minutes sont des rides

    Et moi je rêve je rêve d'arrêter le temps

     

    Dam dam dé oh oh oh oh

    Dam dam dé oh oh oh oh oh

    Dam dam dé oh oh oh oh

    Dam dam dé oh oh oh oh oh

    Dam dam dé oh oh oh oh

    Dam dam dé oh oh oh oh oh 

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  • (Y. Duteil)

    Prendre un enfant par la main

    Pour l'emmener vers demain

    Pour lui donner la confiance en son pas

    Prendre un enfant pour un roi

     

    Prendre un enfant dans ses bras

    Et pour la première fois

    Sécher ses larmes en étouffant de joie

    Prendre un enfant dans ses bras

     

    Prendre un enfant par le cœur

    Pour soulager ses malheurs

    Tout doucement sans parler sans pudeur

    Prendre un enfant sur son cœur

     

    Prendre un enfant dans ses bras

    Mais pour la première fois

    Verser des larmes en étouffant de joie

    Prendre un enfant contre soi

     

    Prendre un enfant par la main

    Et lui chanter des refrains

    Pour qu'il s'endorme à la tombée du jour

    Prendre un enfant par l'amour

     

    Prendre un enfant comme il vient

    Et consoler ses chagrins

    Vivre sa vie des années puis soudain

    Prendre un enfant par la main

    En regardant tout au bout du chemin

    Prendre un enfant pour le sien

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  • (A. Sylvestre)

    J'aime les gens qui doutent

    Les gens qui trop écoutent

    Leur cœur se balancer

    J'aime les gens qui disent

    Et qui se contredisent

    Et sans se dénoncer

    J'aime les gens qui tremblent

    Que parfois ils ne semblent

    Capables de juger

    J'aime les gens qui passent

    Moitié dans leurs godasses

    Et moitié à côté

     

    J'aime leur petite chanson

    Même s'ils passent pour des cons

     

    J'aime ceux qui paniquent

    Ceux qui sont pas logiques

    Enfin pas comme il faut

    Ceux qui avec leurs chaînes

    Pour pas que ça nous gêne

    Font un bruit de grelot

    Ceux qui n'auront pas honte

    De n'être au bout du compte

    Que des ratés du cœur

    Pour n'avoir pas su dire

    Délivrez-nous du pire

    Et gardez le meilleur

     

    J'aime leur petite chanson

    Même s'ils passent pour des cons

     

    J'aime les gens qui n'osent

    S'approprier les choses

    Encore moins les gens

    Ceux qui veulent bien n'être

    Qu'une simple fenêtre

    Pour les yeux des enfants

    Ceux qui sans oriflamme

    Et daltoniens de l'âme

    Ignorent les couleurs

    Ceux qui sont assez poires

    Pour que jamais l'histoire

    Leur rende les honneurs

     

    J'aime leur petite chanson

    Même s'ils passent pour des cons

     

    J'aime les gens qui doutent

    Mais voudrais qu'on leur foute

    La paix de temps en temps

    Et qu'on ne les malmène

    Jamais quand ils promènent

    Leurs automnes au printemps

    Qu'on leur dise que l'âme

    Fait de plus belles flammes

    Que tous ces tristes culs

    Et qu'on les remercie

    Qu'on leur clame on leur crie

    Merci d'avoir vécu

     

    Merci pour la tendresse

    Et tant pis pour vos fesses

    Qui ont fait ce qu'elles ont pu 

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  • (G. Brassens)

    La femme qui possède tout en elle

    Pour donner le goût des fêtes charnelles

    La femme qui suscite en nous tant de passion brutale

    La femme est avant tout sentimentale

    Main dans la main les longues promenades

    Les fleurs les billets doux les sérénades

    Les crimes les folies que pour ses beaux yeux on commet

    La transportent mais

     

    Sauf quand elle aime un homme avec tendresse

    Toujours sensible alors à ses caresses

    Toujours bien disposée toujours encline à s'émouvoir

    Elle s'emmerde sans s'en apercevoir

    Ou quand elle a des besoins tyranniques

    Qu'elle souffre de nymphomanie chronique

    C'est elle qui fait alors passer à ses adorateurs

    De fichus quarts d'heure

     

    Quatre-vingt-quinze fois sur cent

    La femme s'emmerde en baisant

    Qu'elle le taise ou le confesse

    C'est pas tous les jours qu'on lui déride les fesses

    Les pauvres bougres convaincus

    Du contraire sont des cocus

    À l'heure de l'œuvre de chair

    Elle est souvent triste peuchère

    S'il n'entend le cœur qui bat

    Le corps non plus ne bronche pas

     

    Les «encore» les « c'est bon » les «continue»

    Qu'elle crie pour simuler qu'elle monte aux nues

    C'est pure charité les soupirs des anges ne sont

    En général que de pieux monson(ges)

    C'est à seule fin que son partenaire

    Se croie un amant extraordinaire

    Que le coq imbécile et prétentieux perché dessus

    Ne soit pas déçu

     

    J'entends aller bon train les commentaires

    De ceux qui font des châteaux à Cythère

    « C'est parce que tu n'es qu'un malhabile un maladroit

    Qu'elle conserve toujours son sang-froid »

    Peut-être mais si les assauts vous pèsent

    De ces petits m'as-tu-vu-quand-je-baise

    Mesdames en vous laissant manger le plaisir sur le dos

    Chantez in petto

     

    Quatre-vingt-quinze fois sur cent

    La femme s'emmerde en baisant

    Qu'elle le taise ou le confesse

    C'est pas tous les jours qu'on lui déride les fesses

    Les pauvres bougres convaincus

    Du contraire sont des cocus

    À l'heure de l'œuvre de chair

    Elle est souvent triste peuchère

    S'il n'entend le cœur qui bat

    Le corps non plus ne bronche pas 

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  • (J. Brel / G. Jouannest)

    De chrysanthèmes en chrysanthèmes

    Nos amitiés sont en partance

    De chrysanthèmes en chrysanthèmes

    La mort potence nos dulcinées

     

    De chrysanthèmes en chrysanthèmes

    Les autres fleurs font ce qu'elles peuvent

    De chrysanthèmes en chrysanthèmes

    Les hommes pleurent les femmes pleuvent

     

    J'arrive j'arrive

    Mais qu'est-ce que j'aurais bien aimé

    Encore une fois traîner mes os

    Jusqu'au soleil jusqu'à l'été

    Jusqu'au printemps jusqu'à demain

     

    J'arrive j'arrive

    Mais qu'est-ce que j'aurais bien aimé

    Encore une fois voir si le fleuve

    Est encore fleuve voir si le port

    Est encore port m'y voir encore

     

    J'arrive j'arrive

    Mais pourquoi moi pourquoi maintenant

    Pourquoi déjà et où aller

    J'arrive bien sûr j'arrive

    N'ai-je jamais rien fait d'autre qu'arriver

     

    De chrysanthèmes en chrysanthèmes

    Chaque fois plus solitaire

    De chrysanthèmes en chrysanthèmes

    Chaque fois surnuméraire

     

    J'arrive j'arrive

    Mais qu'est-ce que j'aurais bien aimé

    Encore une fois prendre un amour

    Comme on prend le train pour plus être seul

    Pour être ailleurs pour être bien

     

    J'arrive j'arrive

    Mais qu'est-ce que j'aurais bien aimé

    Encore une fois remplir d'étoiles

    Un corps qui tremble et tomber mort

    Brûlé d'amour le cœur en cendres

     

    J'arrive j'arrive

    C'est même pas toi qui es en avance

    C'est déjà moi qui suis en retard

    J'arrive bien sûr j'arrive

    N'ai-je jamais rien fait d'autre qu'arriver 

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  • (L. Plamondon / R. Cocciante)

    La nuit est si belle

    Et je suis si seul

    Je n'ai pas envie de mourir

    Je veux encore chanter

    Danser et rire

    Je ne veux pas mourir

    Mourir

    Avant d'avoir aimé

     

    Vivre

    Pour tous ceux qu'on aime

    Aimer

    Plus que l'amour même

    Donner

    Sans rien attendre en retour

     

    Libre

    De choisir sa vie

    Sans un anathème

    Sans un interdit

    Libre

    Sans dieu ni patrie

    Avec pour seul baptême

    Celui de l'eau de pluie

     

    Vivre

    Pour tous ceux qu'on aime

    Aimer

    Plus que l'amour même

    Donner

    Sans rien attendre en retour

     

    Ces deux mondes qui nous séparent

    Un jour seront-ils réunis

    Je voudrais tellement y croire

    Même s'il me faut donner ma vie

    Donner ma vie

    Pour changer l'histoire

     

    Vivre

    Pour tous ceux qu'on aime

    Aimer

    Plus que l'amour même

    Donner

    Sans rien attendre en retour

     

    Aimer

    Comme la nuit aime le jour

    Aimer

    Jusqu'à en mourir d'amour

    Jusqu'à en mourir d'amour 

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  • (B. Vian / H. Berg)

    Monsieur le Président

    Je vous fais une lettre

    Que vous lirez peut-être

    Si vous avez le temps

     

    Je viens de recevoir

    Mes papiers militaires

    Pour me rendre à la guerre

    Avant mercredi soir

     

    Monsieur le Président

    Je ne veux pas la faire

    Je ne suis pas sur terre

    Pour tuer de pauvres gens

     

    C'est pas pour vous fâcher

    Il faut que je vous dise

    Ma décision est prise

    Je m'en vais déserter

     

    Depuis que je suis né

    J'ai vu mourir mon père

    Disparaître mes frères

    Et mes enfants pleurer

     

    Ma mère a tant souffert

    Qu'elle est dedans sa tombe

    Et se moque des bombes

    Du froid et puis des vers

     

    Quand j'étais prisonnier

    On m'a volé ma femme

    On a détruit mon âme

    Et tout mon cher passé

     

    Demain de bon matin

    Je fermerai ma porte

    Au nez des années mortes

    J'irai par les chemins

     

    Je mendierai mon temps

    Sur les routes de France

    De Bretagne en Provence

    Et je dirai aux gens

     

    Refusez d'obéir

    Ne vous laissez pas faire

    N'allez pas à la guerre

    Refusez de partir

     

    S'il faut verser le sang

    Allez verser le vôtre

    Monsieur le bon apôtre

    Monsieur le Président

     

    Si vous me poursuivez

    Prévenez vos gendarmes

    Que je n'aurai pas d'arme

    Et qu'ils pourront tirer

    Ils pourront tirer

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  • (G. Brassens)

    J'avais le plus bel amandier du quartier

    J'avais le plus bel amandier du quartier

    Et pour la bouche gourmande

    Des filles du monde entier

    Je faisais pousser des amandes

    Le beau le joli métier

     

    Un écureuil en jupon dans un bond

    Un écureuil en jupon dans un bond

    Vint me dire je suis gourmande

    Et mes lèvres sentent bon

    Si tu me donnes une amande

    Je te donne un baiser fripon

     

    Grimpe aussi haut que tu veux que tu peux

    Grimpe aussi haut que tu veux que tu peux

    Et tu croques et tu picores

    Puis tu grignotes et puis tu

    Redescends plus vite encore

    Me donner le baiser dû

     

    Quand la belle eut tout rongé tout mangé

    Quand la belle eut tout rongé tout mangé

    Je te paierai me dit-elle

    À pleine bouche quand les

    Nigauds seront pourvus d'ailes

    Et que tu sauras voler

     

    Monte m'embrasser si tu veux si tu peux

    Monte m'embrasser si tu veux si tu peux

    Mais dis-toi que si tu tombes

    Je n'aurai pas la larme à l'œil

    Dis-toi que si tu succombes

    Je ne porterai pas le deuil

     

    Les avait bien entendu toutes mordues

    Les avait bien entendu toutes mordues

    Toutes grignotées mes amandes

    Ma récolte était perdue

    Mais sa jolie bouche gourmande

    En baisers m'a tout rendu

     

    La fête dura autant que le beau temps

    La fête dura autant que le beau temps

    Mais vint l'automne et la foudre

    Et la pluie et les autans

    Ont changé mon arbre en poudre

    Et mon amour en même temps

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