• La Tombée du jour

    La Tombée du jour

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    [À mon frère, qui ne me reconnaît déjà plus.]

    Écouter « La Tombée du jour »

     

     

    Il a mis bien du temps à trouver sa voiture

    Reprendre le trajet qu'il avait parcouru

    Dans ce grand magasin c'est toute une aventure

    Il a beau les chercher ses clés ont disparu

     

    La viande les journaux le fromage et le vin

    Puis la charcuterie les produits ménagers

    Au détour d'un rayon il aperçoit enfin

    Son trousseau scintiller sur les plats surgelés

     

    Je suis un peu distrait pense-t-il

    Je l'ai toujours été je crois

    Ça l'amusait beaucoup Lucile

    Il y a presque un an ou... trois

     

    Il ne se souvient plus dans quelle direction

    Il devrait s'engager pour aller voir sa mère

    Il est passé cent fois tout près de la maison

    Mais sa jeunesse aussi a perdu ses repères

     

    Perplexe et résigné il a fait demi-tour

    Entre la marche arrière et une marche avant

    Il n'a pas su choisir et la tombée du jour

    L'a surpris endormi le front sur le volant

     

    Je me sens différent pense-t-il

    Insolite et si désarmant

    Dans le regard flou que Lucile

    Pose sur moi quelques instants

     

    Assis à une table avec des inconnus

    Qui ne lui parlent pas ou psalmodient des plaintes

    Mortelles litanies qu'on ne contrôle plus

    Il voudrait tant crier mais sa voix s'est éteinte

     

    Sa révolte s'effondre il a baissé les bras

    Et s'abandonne aux mains qui s'occupent de lui

    Il subit en silence et ne refuse pas

    Ce retour à l'enfance où il se réfugie

     

    Je flotte autour de moi pense-t-il

    Léger fragile évanescent

    Quelle est cette trouble Lucile

    Qui soudain me quitte en pleurant

     

    Lucille... Luce... Lucie... luciole

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  • Commentaires

    1
    DORIA
    Mercredi 18 Mars 2020 à 07:56

    c'est jolie mais trop trste.

    bz andré

      • Mercredi 18 Mars 2020 à 14:18

        Et encore... J'ai choisi de me mettre à sa place et de le faire penser à voix haute. J'ai tenu à éviter l'écueil d'une description clinique, d'un diagnostic. Je me suis dit que ce serait plus touchant que triste. Si j'en crois ton bref commentaire, je me suis trompé. Pardonne-moi.

        Bise.

    2
    Mercredi 18 Mars 2020 à 18:37

    C'est touchant et obligatoirement triste Marceau mais ça n'enlève rien à la beauté de cette chanson intimiste que tu as oser nous dévoiler. Le vie est faite de joie et de tristesse et nous sommes libres de les retranscrire dans nos créations...c'est ce qui nous libère parfois et nous fait se sentir plus léger. Les amis sont aussi là pour écouter.

    N'oublions pas de féliciter Michèle qui a fait une très belle compo.

    Bises mon ami

      • Samedi 21 Mars 2020 à 00:05

        Tu es vraiment très attentionné, cher Phil, et je t'en remercie très chaleureusement. Ce n'était sans doute pas le bon moment pour publier cette chanson, mais c'est peut-être la triste conjoncture que nous vivons qui a déteint sur mon humeur. J'en suis désolé.

        Bises aussi, ami.

    3
    Hélène.R
    Jeudi 19 Mars 2020 à 08:21

    Quelle belle chanson, douce, dure et poignante à la fois. Ça  sent le vécu. Cette chanson me fait l'effet d'un zoom sur une étape de vie avec toute la compation, la compréhension mise en avant pour accompagner un être cher qui perd ses moyens et son autonomie ; malgré une certaine lucidité parfois et sa volonté de vouloir faire quand même... De vraies images réalistes. Cela me fait penser à une pièce de théâtre  ''une partie de tricot''... Que cette période un tantinet inédite permette de nous recentrer sur l'essentiel. Merci Marceau. Belle journée  ensoleillée.

      • Samedi 21 Mars 2020 à 00:11

        Merci de ta sollicitude, chère Hélène. C'est bon de se sentir compris et pardonné. Je ne connais pas la pièce de théâtre dont tu me parles, mais j'irai voir sur Google dès que je le pourrai. Je suis un peu débordé par le travail en ce moment, mais je ne m'en plains pas, cela m'aide à patienter et à attendre la fin de cette guerre virale que nous gagnerons, n'en doutons pas.

    4
    Jeudi 19 Mars 2020 à 18:55

    Quelle chanson magnifique. Je parlerai tout d'abord de la mélodie et du piano de Michèle qui s'affole et se pose comme peut, peut-être, le faire l'esprit d'une personne "étourdie".... Ton interprétation déchirante m'a touchée au plus profond de moi... Comment en est-il possible autrement. Mais surtout comme il m'aurait été difficile de savoir écrire de façon si terriblement jolie la tombée du jour d'un proche. Je t'embrasse fort Marceau.....

      • Samedi 21 Mars 2020 à 00:14

        Ton ressenti de cette chanson est très juste, et Michèle a parfaitement épousé mon texte, ses méandres et ses caprices. Merci de ta présence. Je t'embrasse aussi, petite Lyne.

    5
    françoise tissier
    Vendredi 27 Mars 2020 à 09:19

    Cher Marceau, j'aime les paroles et la musique de cette chanson même si elle est triste.

    Bisous

      • Samedi 28 Mars 2020 à 00:21

        Tu me combles de plaisir, merci, chère Françoise, je craignais d'avoir raté ma cible. En te lisant, je me demande tout à coup si tu te souviens de mon frère... Eugénie et toi avez dû souvent le croiser, le rencontrer, mais il est vrai qu'il était plus âgé que nous et que nous ne devions pas l'intéresser plus que ça. Son cercle d'amis n'était pas le nôtre.

        Gros bisou.

    6
    françoise tissier
    Samedi 28 Mars 2020 à 09:17

    Oui je me souviens de ton frère, pour nous c'était un "grand" c'est vrai nous ne devions pas trop l'intéresser. Nous nous voyons assez souvent puisque nous habitions à côté les uns des autres. Je me souviens quand vous habitiez dans la maisonavec la petite cour et la grande treille, la maison avez des barreaux aux fenêtres dans toutes les pièces qauf la cuisine et le salle de bains. Cette maison nous l'avons habités nous aussi plus tard. Vous avez aussi habités la maison derrière où les Camilleri ont aussi habités un temps. souvenirs souvenirs

    Gros bisous

      • Samedi 28 Mars 2020 à 13:36

        Exact. Je me souviens aussi de cette grande treille de raisin muscat surplombant la cour et une partie du jardin. Nous l'appelions "l'abri du vent"... Et vous habitiez juste en face, il me semble. Puis nous avons en effet déménagé pour aller dans la maison juste derrière, plus vaste. Mais je crois qu'avant nous elle était occupée par la famille Duchâteau (je jouais avec leur fille Monique). Pour ce qui concerne les Camilieri, ce devait être encore plus ancien, je ne me souviens pas d'eux à cet endroit. Que c'est bon d'évoquer tous ces souvenirs avec toi !

        Prenez soin de vous. Grosses bises.

    7
    françoise tissier
    Dimanche 29 Mars 2020 à 09:33

    c'est ça, mais nous habitions juste la maison à côté, après la treille, dès le début de la montée vers l'école des filles. Et c'est vrai les Camilieri sont venus après. Nous passions des moments à jouer devant chez toi avec ton vélo rouge. Te souviens-tu de la tabacop où nous allions faire des scénettes pout chanter et danser ?

    Bisous, Bisous

    8
    françoise tissier
    Lundi 30 Mars 2020 à 09:15

    oui c'est vrai, mais nous habitions la maison à côté de la vôtre au début de la montée vers l'école des filles. nous étions devant chez toi à jouer avec ton vélo rouge. Oui les Camilieri sont arrivés après. Tu souviens tu de la tabacoop où avec les autre enfants nous faisions des scénettes et nous chantions aussi. Je me souviens aussi derrière la cité EGA les cours de tennis où nous venions voir tes parents (je crois) les Thomas et autres jouer

    Que de souvenirs qui reviennent Gros bisous mon Cher Marceau

      • Lundi 30 Mars 2020 à 22:15

        Tu as visiblement plus de mémoire que moi. Je ne me souviens ni de ce vélo rouge, ni des saynètes que nous jouions ensemble dans la Tabacoop. C'est incroyable que j'aie oublié ça ! Mais je me souviens très bien des courts de tennis où s'entraînaient mes parents, mes soeurs et leurs amis pendant que mon frère et moi nous exercions au fronton. Je me régale avec tes souvenirs. Peut-être un jour arriverons-nous à raccorder nos bribes respectives pour revivre d'un seul trait cette enfance merveilleuse. 

        Merci, chère Françoise. Je t'embrasse affectueusement.

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