• (S. Gainsbourg)

    [Avec les rires de Peggy B.]

    Faut savoir s'étendre sans se répandre

    Pauvre Lola

    Faut savoir s'étendre sans se répandre

    C'est délicat

     

    Ne pas la surprendre pas l'entreprendre

    Pauvre Lola

    Ne pas la surprendre pas l'entreprendre

    De but en bas

     

    Il est des mots tendres qu'elle aime entendre

    Tendre Lola

    Oui quelques mots tendres devraient atten-

    drir Lolita

     

    Ce que ça va rendre ça va dépendre

    Pauvre Lola

    Ce que ça va rendre ça va dépendre

    Un peu de toi

     

    On ne peut pas te prendre tu dois t'en rendre

    Compte Lola

    On ne peut pas te prendre jusqu'aux calendes

    Grecques Lola

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  • (C. Aznavour / G. Garvarentz)

    Nous nous reverrons un jour ou l'autre

    Si vous y tenez autant que moi

    Prenons rendez-vous

    Un jour n'importe où

    Je promets que j'y serai sans faute

     

    À Noël comme à la Pentecôte

    À Rio de Janeiro ou à Moscou

    Plus on est de fous

    Plus on rit de tout

    Nous nous reverrons un jour ou l'autre

    J'y tiens beaucoup

     

    Nous nous reverrons un jour ou l'autre

    Le monde est petit profitons-en

    Si votre chemin passe par le mien

    Ma destinée deviendra la vôtre

     

    Car il ne faut pas tenter le diable

    En disant : « À la prochaine fois »

    Faites comme moi et croisez les doigts

    Ou si vous trouvez ça préférable

    Touchez du bois

     

    Le hasard souvent fait bien les choses

    Surtout quand on peut l'aider un peu

    Une étoile file et je fais le vœu

    De nous retrouver un jour ou l'autre

    À nouveau deux

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Guillaume a volé le miroir de sa maman

    Afin de s'y contempler inlassablement

    Il se déguise et se grime à la dérobée

    D'encre bleue de craie blanche et de liège brûlé

     

    Petit Guillaume petit Guillaume

    Aime bien les jeux dangereux

    Petit Guillaume petit Guillaume

    Comme un arlequin capricieux

    Insatisfait dans son costume de flanelle

    Il est déçu de ne pas se trouver plus belle

     

    Guillaume a gardé le miroir de sa maman

    Le soir venu il s'y observe librement

    Il se transforme et se farde en un tour de main

    D'un crayon noir d'un bâton de rouge carmin

     

    Monsieur Guillaume monsieur Guillaume

    Aime tant les jeux amoureux

    Monsieur Guillaume monsieur Guillaume

    Comme un magicien audacieux

    La taille étriquée dans une robe nouvelle

    Le voilà surpris de se trouver presque belle

     

    Guillaume a brisé le miroir de sa maman

    Ses yeux soudain sont devenus moins complaisants

    Trop fatigué pour se démaquiller encore

    Sous sa perruque un peu de travers il s'endort

     

    Le vieux Guillaume le vieux Guillaume

    Ne sait plus se prendre à son jeu

    Le vieux Guillaume le vieux Guillaume

    Comme un pauvre clown ennuyeux

    Dans les replis bien défraîchis de ses dentelles

    Il a perdu tout espoir de se trouver belle 

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  • (C. Piana / M. Pierozzi)

    Il dit qu'il ne veut pas la guerre

    Il dit qu'il ne veut pas de sang

    Qu'on partira sans lui la faire

    Ou bien qu'il sortira des rangs

     

    Et cette chanson me rappelle

    Qu'il est bien facile à vingt ans

    De ne pas risquer sa nacelle

    Lorsque s'annonce un ouragan

     

    Mais de nos fenêtres

    Grandes ouvertes

    Sur le jardin

    Vois-tu mon amour

    L'enfant qui court

    Et tend les mains

     

    Il dit qu'il se fout des honneurs

    Qu'il n'a que mépris pour l'argent

    Qu'il n'a pas besoin du bonheur

    Ni du moindre abri rassurant

     

    Et cette chanson me rappelle

    Qu'il est bien facile à vingt ans

    De vivre comme une sauterelle

    Dans les folles herbes des champs

     

    Mais de nos fenêtres

    Grandes ouvertes

    Sur le jardin

    Vois-tu mon amour

    L'enfant qui court

    Et tend les mains

     

    Il dit qu'il est son propre père

    Qu'il est libre depuis longtemps

    La vie que lui rêvait sa mère

    N'a rien de celle qu'il attend

     

    Et cette chanson me rappelle

    Qu'il est bien facile à vingt ans

    De rester au pied de l'échelle

    Pour ne pas voir trop loin devant

     

    Mais de nos fenêtres

    Grandes ouvertes

    Sur le jardin

    Vois-tu mon amour

    L'enfant qui court

    Et tend les mains

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Un vieux pervers infréquentable

    Une acariâtre aïeule aigrie

    Deviennent-ils gens respectables

    Parce qu'ils ont les cheveux gris

     

    Les anciens parlent sans alarme

    Des bonheurs qui ponctuent la vie

    Je cherche en vain le moindre charme

    Au bouquet de fleurs qui flétrit

     

    Cessons de raconter des fables

    Fermons nos fenêtres sans bruit

     

    On a beau le nommer grand-père

    L'épouvantail le plus gentil

    N'attendrit pas quand il a l'air

    D'un fruit talé d'un pain rassis

     

    Ne vaut-il pas mieux s'abstenir

    D'imposer aux yeux des enfants

    Le calque de leur devenir

    L'insidieux ravage du temps

     

    Cessons de raconter des fables

    Précipitons-nous dans un puits

     

    Peut-on se regarder en face

    L'avoir osé même une fois

    Penché au-dessus d'une glace

    Et ne pas éprouver d'effroi

     

    Vieillir n'a rien de raisonnable

    Ce n'est qu'une lente agonie

    Une maladie incurable

    Un jeu cruel que l'on subit

     

    Cessons de raconter des fables

    N'attendons pas qu'on nous oublie 

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  • (M. Polnareff)

    Il est des mots qu'on peut penser

    Mais à ne pas dire en société

    Moi je me fous de la société

    Et de sa prétendue moralité

     

    J'aimerais simplement faire l'amour avec toi

    J'aimerais simplement faire l'amour avec toi

     

    Bien sûr moi je pourrais te dire

    Que je ne vis que par ton sourire

    Que tes yeux sont de tous les yeux les plus bleus

    Bla-bla-bla bla-bla-bla bla-bla-bla

     

    J'ai juste envie de faire l'amour avec toi

    J'ai juste envie de faire l'amour avec toi

     

    D'aucuns diront qu'on ne peut pas

    Parler à une jeune fille comme ça

    Ceux-là le font mais ne le disent pas

    Moi c'est un rêve et ce soir c'est pour ça

     

    Que moi je veux faire l'amour avec toi

    Que moi je veux faire l'amour avec toi

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Ils s'étaient rencontrés à l'occasion d'un bal

    Elle était couturière et n'avait pas d'amant

    Mais un bassin très large à faire des enfants

    Pour le brave garçon c'était le principal

     

    Il avait hésité avant de l'inviter

    À tourner à son bras au milieu de la piste

    Avait dû se montrer parfait équilibriste

    Elle était assez raide et cachait de grands pieds

     

    Pourtant sa voix faisait comme un bruit de fontaine

    Et sa bouche exhalait un parfum de cannelle

    D'autres filles pouvaient sembler plus jolies qu'elle

    Mais il la préférait pour sa gorge bien pleine

     

    Puis ils s'étaient revus de plus en plus souvent

    À l'heure où il sortait chaque jour de l'usine

    Tout était déjà prêt dans la maigre cuisine

    Où il la rejoignait pour dîner gentiment

     

    Nourrissant en secret une idée fantastique

    Le fruit de tant d'efforts d'argent mis de côté

    Au départ de Cherbourg il avait réservé

    Deux places de bateau en classe économique

     

    Il voulait l'emmener visiter l'Amérique

    Elle accepta sa main et devint son épouse

    C'était au mois d'avril de l'an mil neuf cent douze

    Leur nuit de noces eut lieu à bord du Titanic 

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  • (M. Le Forestier)

    Toi le frère que je n'ai jamais eu

    Sais-tu si tu avais vécu

    Ce que nous aurions fait ensemble

    Un an après moi tu serais né

    Alors on ne se serait plus quittés

    Comme des amis qui se ressemblent

     

    On aurait appris l'argot par cœur

    J'aurais été ton professeur

    À mon école buissonnière

    Sûr qu'un jour on se serait battus

    Pour peu qu'alors on ait connu

    Ensemble la même première

     

    Mais tu n'es pas là

    À qui la faute

    Pas à mon père

    Pas à ma mère

    Tu aurais pu chanter cela

     

    Toi le frère que je n'ai jamais eu

    Si tu savais ce que j'ai bu

    De mes chagrins en solitaire

    Si tu ne m'avais pas fait faux bond

    Tu aurais fini mes chansons

    Je t'aurais appris à en faire

     

    Si la vie s'était comportée mieux

    Elle aurait divisé en deux

    Les paires de gants les paires de claques

    Elle aurait sûrement partagé

    Les mots d'amour et les pavés

    Les filles et les coups de matraque

     

    Mais tu n'es pas là

    À qui la faute

    Pas à mon père

    Pas à ma mère

    Tu aurais pu chanter cela

     

    Toi le frère que je n'aurai jamais

    Je suis moins seul de t'avoir fait

    Pour un instant pour une fille

    Je t'ai dérangé tu me pardonnes

    Ici quand tout vous abandonne

    On se fabrique une famille

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Les ormes du jardin se dessinent dans l'eau

    Un rayon de ciel gris traverse mes carreaux

    Si je cesse un instant de me pencher sur moi

    J'entends glisser la nuit sur les tuiles du toit

     

    À mes côtés

    Toi

    Tu n'es qu'à côté

    Tu me parles peu

    À tes côtés

    Moi

    Je viens d'effleurer

    La solitude à deux

     

    Le voisin me salue d'un clin d'œil enfantin

    J'envie sa joie de vivre et son sourire en coin

    La brise dans ses doigts me siffle sa chanson

    Ce soir je ne veux pas reprendre à l'unisson

     

    À mes côtés

    Toi

    Tu n'es qu'à côté

    Tu me vois si peu

    À tes côtés

    Moi

    Je feins d'ignorer

    La solitude à deux

     

    Le chat sur le gazon semble guetter sa proie

    La cloche du beffroi vient de tinter six fois

    Les ormes du jardin se sont couchés dans l'eau

    Un livre entre les mains tu me tournes le dos

     

    À mes côtés

    Toi

    Tu n'es qu'à côté

    Tu m'aimes bien peu

    De mon côté

    Moi

    Je vais déserter

    La solitude à deux

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  • (G. Brassens)

    Les gens qui voient de travers

    Pensent que les bancs verts

    Qu'on voit sur les trottoirs

    Sont faits pour les impotents ou les ventripotents

    Mais c'est une absurdité

    Car à la vérité

    Ils sont là c'est notoire

    Pour accueillir quelque temps les amours débutants

     

    Les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics

    Bancs publics bancs publics

    En se foutant pas mal du regard oblique

    Des passants honnêtes

    Les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics

    Bancs publics bancs publics

    En se disant des « Je t'aime » pathétiques

    Ont des petites gueules bien sympathiques

     

    Ils se tiennent par la main

    Parlent du lendemain

    Du papier bleu d'azur

    Que revêtiront les murs de leur chambre à coucher

    Ils se voient déjà doucement

    Elle cousant lui fumant

    Dans un bien-être sûr

    Et choisissent les prénoms de leur premier bébé

     

    Les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics

    Bancs publics bancs publics

    En se foutant pas mal du regard oblique

    Des passants honnêtes

    Les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics

    Bancs publics bancs publics

    En se disant des « Je t'aime » pathétiques

    Ont des petites gueules bien sympathiques

     

    Quand la sainte famille machin

    Croise sur son chemin

    Deux de ces malappris

    Elle leur décoche hardiment des propos venimeux

    N'empêche que toute la famille

    Le père la mère la fille le fils le Saint-Esprit

    Voudrait bien de temps en temps

    Pouvoir se conduire comme eux

     

    Les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics

    Bancs publics bancs publics

    En se foutant pas mal du regard oblique

    Des passants honnêtes

    Les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics

    Bancs publics bancs publics

    En se disant des « Je t'aime » pathétiques

    Ont des petites gueules bien sympathiques

     

    Quand les mois auront passé

    Quand seront apaisés

    Leurs beaux rêves flambants

    Quand leur ciel se couvrira de gros nuages lourds

    Ils s'apercevront émus

    Que c'est au hasard des rues

    Sur un de ces fameux bancs

    Qu'ils ont vécu le meilleur morceau de leur amour

     

    Les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics

    Bancs publics bancs publics

    En se foutant pas mal du regard oblique

    Des passants honnêtes

    Les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics

    Bancs publics bancs publics

    En se disant des « Je t'aime » pathétiques

    Ont des petites gueules bien sympathiques 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    J'avais la chevelure blonde

    La taille souple et les yeux gris

    Je ne connaissais rien du monde

    Quand on m'a donné un mari

    Je fus heureuse quelques jours

    Comblée une poignée de nuits

    Et puis j'ai guetté son retour

    Tant d'années ont passé depuis

     

    Première femme du sultan

    Sa confidente et son amie

    Je viens de fêter mes trente ans

    Mais suis bien trop vieille pour lui

    Ce n'est pas que ça me dérange

    Je suis lasse et docile aussi

    Désabusée je bois je mange

    Et suis plus grasse qu'une truie

     

    J'ai pourtant été la plus belle

    Des pucelles de mon pays

    Mais ne ressemble plus à celles

    Qui ont les honneurs de son lit

    Il a déjà dix-huit épouses

    La dernière est plutôt jolie

    Je n'ai jamais été jalouse

    À rien cela n'aurait servi

     

    Je règne sur tout le harem

    J'initie les autres à l'amour

    Les apprête comme il les aime

    Et j'en suis remerciée toujours

    Je m'endors auprès d'un eunuque

    Me pelotonne contre lui

    Et c'est son souffle sur ma nuque

    Qui me maintient encore en vie

     

    Et c'est son souffle sur ma nuque

    Qui me maintient encore en vie

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  • (F. Hardy / J. Dutronc)

    Partir quand même

    Pendant qu'elle dort

    Pendant qu'elle rêve

    Et qu'il est temps encore

     

    Partir quand même

    Au moment fort

    Briser les chaînes

    Qui me lient à son sort

    Pour faire de moi un poids mort

    Un objet du décor

     

    Partir quand même

    Avant qu'elle veuille

    Couper mes ailes

    Et dompter mon orgueil

     

    Partir quand même

    Partir d'abord

    Quitter la scène

    Dans un ultime effort

    Avant de dire « Je t'aime »

    Que le piège se referme

    Partir quand même

     

    Rester maître

    De ses jeux

    Et de mes énigmes

    Disparaître

    À ses yeux

    Ne plus donner signe

     

    Avant de ne plus pouvoir

    Revenir en arrière

    Avant qu'il soit trop tard

    Pour éviter la guerre

    Avant de dire « Je t'aime »

    Savoir partir quand même 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Si vous passez près de l'étang

    Ne vous arrêtez pas devant

    Vous risqueriez d'être tentés

    D'y boire ou de vous y baigner

     

    On raconte dans le bocage

    Qu'un jour un garçon disparut

    Victime de sa propre image

    Qu'au fond de l'eau il avait vue

    De lui on n'a rien retrouvé

    Mais là où il s'était penché

    Venait de pousser une fleur

     

    Si vous passez près de l'étang

    N'y faites pas de bouquet blanc

    Ni de gerbe jaune-orangé

    Attendez la fin de l'été

     

    Ce serait tellement dommage

    Que l'adolescent d'autrefois

    Dans votre cueillette sauvage

    S'éteigne une seconde fois

    Car depuis ce mystérieux jour

    Malgré le gel et les labours

    Elle vit toujours cette fleur

     

    Si vous passez près de l'étang

    Ne vous regardez pas dedans

    D'autres que vous s'y sont noyés

    Qui n'ont pas voulu m'écouter

     

    On dit que dans le voisinage

    Quand un garçon a disparu

    Au bord de l'étang du village

    Il y a une fleur de plus 

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  • (S. Gainsbourg)

    Écoute ma voix écoute ma prière

    Écoute mon cœur qui bat laisse-toi faire

    Je t'en prie ne sois pas farouche

    Quand me vient l'eau à la bouche

     

    Je te veux confiante je te sens captive

    Je te veux docile je te sens craintive

    Je t'en prie ne sois pas farouche

    Quand me vient l'eau à la bouche

     

    Laisse-toi au gré du courant

    Porter dans le lit du torrent

    Et dans le mien

    Si tu veux bien

    Quittons la rive

    Partons à la dérive

     

    Je te prendrai doucement et sans contrainte

    De quoi as-tu peur allons n'aie nulle crainte

    Je t'en prie ne sois pas farouche

    Quand me vient l'eau à la bouche

     

    Cette nuit près de moi tu viendras t'étendre

    Oui je serai calme je saurai t'attendre

    Et pour que tu ne t'effarouches

    Vois je ne prends que ta bouche 

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  • Nue

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Je regarde la mer engloutir le soleil

    Comme un poisson volant que dévore un géant

    J'attends le rayon vert qui zébrait mes sommeils

    Et dont on me berçait lorsque j'étais enfant

     

    Près de moi tu es nue

    Tu es barque échouée

    Anonyme statue

    Proue de bateau rouillée

     

    Je regarde le ciel dans ses moindres détours

    J'y guette l'avenir que l'on m'avait prédit

    Je suis sans doute infirme aveuglé par le jour

    J'y cherche encore en vain ce qui m'était promis

     

    Près de moi tu es nue

    Tu es tornade noire

    Éclipse inattendue

    Songe des sombres soirs

     

    Je regarde la terre où s'ébauche la vie

    J'esquisse quelques pas au hasard des chemins

    Falaises quelquefois sables mouvants aussi

    J'étais presque conquis mais je ne trouve rien

     

    Près de moi tu es nue

    Tu es racine morte

    Frêle palme abattue

    Que la bourrasque emporte

     

    Je regarde ton corps étendu contre moi

    Il est pur tel un dieu qu'on vénère à genoux

    J'ai peur de te toucher je ne m'y résous pas

    Qui suis-je qui es-tu après tout je m'en fous

     

    Près de moi tu es nue

    Tu es masque d'amour

    Certitude déçue

    Adieu qui dit bonjour

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  • (Y. Duteil)

    Sous le soleil la terre se fend

    Pour cet homme et pour son enfant

    Après le puits qu'il faut creuser

    Il reste un sillon à tracer

    Sans attendre

     

    Apprendre

    À lire à écrire à compter

    Ouvrir les portes encore fermées

    Sur ce savoir accumulé

    Qu'on lui en donne un jour la clé

    Il a le monde à sa portée

     

    Lire

    Apprendre à lire entre les lignes

    Découvrir la magie des signes

    Et les trésors inépuisables

    Qu'on emporte dans son cartable

     

    Comprendre

    C'est comme un mur que l'on traverse

    C'est la brume qui se disperse

    Une promesse encore plus belle

    La connaissance universelle

     

    Compter

    Apprendre à compter sur soi-même

    À compter pour ceux qui vous aiment

    Pour faire aussi partie du nombre

    Pouvoir enfin sortir de l'ombre

     

    Comprendre

    Combien la vie peut être belle

    Et se mettre à compter pour elle

    Faire la somme de sa différence

    Et se soustraire à l'ignorance

     

    Écrire

    Apprendre à écrire son histoire

    À la plume et au crayon noir

    En appliquant son écriture

    Raconter sa propre aventure

     

    Surprendre

    Cueillir ses mots comme des fleurs

    Semer des graines au long des cœurs

    Confier son âme et sa mémoire

    À celui qui viendra plus tard

     

    Pour cet enfant à son pupitre

    Tirer la langue sur le titre

    Écrire son nom sur son cahier

    C'est plonger vers sa liberté

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    J'ai envie d'être inutile

    Comme un rituel pompeux

    Une antiquité fragile

    Un bois précieux

    Une horloge infatigable

    Bête et placide à la fois

    N'importe quoi de cassable

    Mais qui se voie

     

    Être un objet quelques heures

    Insensible et luxueux

    Imperméable au bonheur

    Voilà tout ce que je veux

    Être un objet fier et froid

    Une armure un pont-levis

    Auquel personne ne croit

    Parce qu'il n'a pas de prix

     

    J'ai envie d'être une chose

    Qui ne se marchande pas

    Une fresque noire et rose

    Ou un bouddha

    Je voudrais que l'on m'admire

    Par comble de mauvais goût

    Tel un parfum qu'on respire

    Et qui rend fou

     

    Être un objet quelques heures

    Imbécile et prétentieux

    Indifférent au bonheur

    Voilà tout ce que je veux

    Être un objet dur et froid

    Un fossile une momie

    Qu'on jalouse malgré soi

    Parce qu'il n'a pas de prix

     

    J'ai envie d'être une pierre

    Dont l'inimitable éclat

    Fasse baisser les paupières

    Un tanagra

    Être une flèche au curare

    Que l'on n'ose pas toucher

    Le trésor d'un roi barbare

    Millésimé

     

    Être un objet quelques heures

    Utopique et fabuleux

    Qui se moque du bonheur

    Voilà tout ce que je veux

    Être un objet lourd et froid

    Un gisant de marbre gris

    Qu'on patine avec émoi

    Parce qu'il n'a pas de prix

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  • (M. Berger)

    Un soir

    Tu trouveras des brouillons dans leur cachette

    Pour voir

    Tu sortiras les disques de leur pochette

    Notre histoire

    Tu la verras défiler dans ta tête

     

    Alors chut

    Pose doucement un doigt devant ta bouche

    Et lutte

    Efface de ta mémoire ces mots qui nous touchent

    Brûle

    Ces images qui nous plongent dans la solitude

     

    Écoute ce qu'il reste de nous

    Immobile et debout

    Une minute de silence

    Ce qu'il reste c'est tout

    De ces deux cœurs immenses

    Et de cet amour fou

    Et fais quand tu y penses

    En souvenir de nous

    Une minute de silence

     

    Écoute passer mes nuits blanches

    Dans tes volutes de fumée bleue

    Cette minute de silence

    Est pour nous deux

     

    Écoute ce qu'il reste de nous

    Immobile et debout

    Cette minute de silence

    Ce qu'il reste c'est tout

    De ces deux cœurs immenses

    Et de cet amour fou

    Et fais quand tu y penses

    En souvenir de nous

    Une minute de silence

     

    Écoute passer mes nuits blanches

    Dans tes volutes de fumée bleue

    Cette minute de silence

    Est pour nous deux

     

    Cette minute de silence

    Est pour nous deux 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Je me consume sous tes yeux

    Comme un sorcier sur un bûcher

    Tu m'as immolé par le feu

    À ton intouchable beauté

     

    Aurais-je un jour offensé

    Un dieu sans compassion

    Pour avoir mérité

    La mort par combustion

     

    Je suis pendu à ton sourire

    Un nœud de corde autour du cou

    Tu peux m'étrangler ou bien pire

    Ouvrir la trappe sur le trou

     

    Mais que n'ai-je donc pas fait

    À ce dieu sans pardon

    Qui m'envoie au gibet

    Pourrir à Montfaucon

     

    Je m'écartèle sur ton corps

    Lié aux quatre coins du lit

    Tu as décidé de mon sort

    M'as condamné au pilori

     

    Qui est ce dieu sans pitié

    Est-il devenu fou

    Suffirait-il d'aimer

    Pour encourir la roue

     

    Je vis cloué à tes caresses

    À tes fourches patibulaires

    Du bout des ongles tu me laisses

    Les bras en croix rue du Calvaire

     

    Quel est le mode d'emploi

    De ce dieu sans merci

    Mais Dieu n'existe pas

    Non Dieu n'existe pas

    C'est lui qui me l'a dit 

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  • (K. A. Zeidel / B. Biolay)

    Je voudrais du soleil vert

    Des dentelles et des théières

    Des photos de bord de mer

    Dans mon jardin d'hiver

     

    Je voudrais de la lumière

    Comme en Nouvelle-Angleterre

    Je veux changer d'atmosphère

    Dans mon jardin d'hiver

     

    Ta robe à fleurs sous la pluie de novembre

    Mes mains qui courent je n'en peux plus de t'attendre

    Les années passent qu'il est loin l'âge tendre

    Nul ne peut nous entendre

     

    Je voudrais du Fred Astaire

    Revoir un Latécoère

    Je voudrais toujours te plaire

    Dans mon jardin d'hiver

     

    Je veux déjeuner par terre

    Comme au long des golfes clairs

    T'embrasser les yeux ouverts

    Dans mon jardin d'hiver

     

    Ta robe à fleurs sous la pluie de novembre

    Mes mains qui courent je n'en peux plus de t'attendre

    Les années passent qu'il est loin l'âge tendre

    Nul ne peut nous entendre

     

    Dans mon jardin d'hiver

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Nous ne vivrons pas ensemble

    Je ne veux pas devenir

    Celui qui trop te ressemble

    Qui ne te voit pas vieillir

    Je renie la tolérance

    L’habitude invétérée

    Et la sourde indifférence

    Qui mène à la cécité

     

    Nous ne vivrons pas ensemble

    Apprenons à nous manquer

    Qui se déchire s’assemble

    Je suis là pour t’apaiser

    Épargne-moi tes migraines

    Je tairai mes maux de dents

    On a recours à la haine

    Quand on s’ennuie vaguement

     

    Nous ne vivrons pas ensemble

    Cultivons nos célibats

    Je t’affirme que je tremble

    Si tu t’endors dans mes bras

    Tu continueras ta route

    À l’écart de mes soupçons

    Je te mentirai sans doute

    Mais toujours par omission

     

    Nous ne vivrons pas ensemble

    Nous n’aurons pas le talent

    Ni l’inconscience il me semble

    De nous encombrer d’enfants

    J’ai la tendresse indocile

    Tu préserves tes secrets

    Faisons d’un bonheur facile

    Une fête à temps complet

     

    Nous ne vivrons pas ensemble 

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  • (M. et A. Bergman/ E. Marnay / M. Legrand)

    [Un humble hommage à Michel Legrand qui vient de nous quitter et que j'admirerai toujours]

    Comme une pierre que l'on jette

    Dans l'eau vive d'un ruisseau

    Et qui laisse derrière elle

    Des milliers de ronds dans l'eau

    Comme un manège de lune

    Avec ses chevaux d'étoiles

    Comme un anneau de Saturne

    Un ballon de carnaval

     

    Comme le chemin de ronde

    Que font sans cesse les heures

    Le voyage autour du monde

    D'un tournesol dans sa fleur

    Tu fais tourner de ton nom

    Tous les moulins de mon cœur

     

    Comme un écheveau de laine

    Entre les mains d'un enfant

    Ou les mots d'une rengaine

    Pris dans les harpes du vent

    Comme un tourbillon de neige

    Comme un vol de goélands

    Sur des forêts de Norvège

    Sur des moutons d'océan

     

    Comme le chemin de ronde

    Que font sans cesse les heures

    Le voyage autour du monde

    D'un tournesol dans sa fleur

    Tu fais tourner de ton nom

    Tous les moulins de mon cœur

     

    Ce jour-là près de la source

    Dieu sait ce que tu m'as dit

    Mais l'été finit sa course

    L'oiseau tomba de son nid

    Et voilà que sur le sable

    Nos pas s'effacent déjà

    Et je suis seul à la table

    Qui résonne sous mes doigts

     

    Comme un tambourin qui pleure

    Sous les gouttes de la pluie

    Comme les chansons qui meurent

    Aussitôt qu'on les oublie

    Et les feuilles de l'automne

    Rencontrent des ciels moins bleus

    Et ton absence leur donne

    La couleur de tes cheveux

     

    Une pierre que l'on jette

    Dans l'eau vive d'un ruisseau

    Et qui laisse derrière elle

    Des milliers de ronds dans l'eau

    Au vent des quatre saisons

    Tu fais tourner de ton nom

    Tous les moulins de mon cœur

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Je me rappelle un château

    Mémoire ou réminiscence

    Filigrane en transparence

    Diaphane reflet dans l'eau

     

    Y a-t-il parfois au fond de soi

    Un berceau de prédilection

    Qui n'est pas si souvent qu'on croit

    Issu de l'imagination

     

    Quand finissait l'oraison

    Du vent qui courbait la plaine

    Était-ce bien la fontaine

    Qui murmurait sa chanson

     

    Y a-t-il encore des troubadours

    Qui parce qu'ils ont trop aimé

    Se voient condamnés pour toujours

    À vivre une autre éternité

     

    Si je n'avais jamais vu

    Ce donjon et ces murailles

    Je sais qu'en cotte de mailles

    J'y avais déjà vécu

     

    Y a-t-il au hasard de la nuit

    Des rêves qui ne le sont pas

    Des souvenirs d'une autre vie

    Qui resurgissent çà et là

     

    Je me rappelle un château

    Moyen Âge ou Renaissance

    Périple autour d'une enfance

    Je n'ai rien vu de plus beau

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  • (M. et C. Le Forestier)

    Comme un arbre dans la ville

    Je suis né dans le béton

    Coincé entre deux maisons

    Sans abri sans domicile

    Comme un arbre dans la ville

     

    Comme un arbre dans la ville

    J'ai grandi loin des futaies

    Où mes frères des forêts

    Ont fondé une famille

    Comme un arbre dans la ville

     

    Entre béton et bitume

    Pour pousser je me débats

    Mais mes branches volent bas

    Si près des autos qui fument

    Entre béton et bitume

     

    Comme un arbre dans la ville

    J'ai la fumée des usines

    Pour prison et mes racines

    On les recouvre de grilles

    Comme un arbre dans la ville

     

    Comme un arbre dans la ville

    J'ai des chansons sur mes feuilles

    Qui s'envoleront sous l'œil

    De vos fenêtres serviles

    Comme un arbre dans la ville

     

    Entre béton et bitume

    On m'arrachera des rues

    Pour bâtir où j'ai vécu

    Des parkings d'honneur posthume

    Entre béton et bitume

     

    Comme un arbre dans la ville

    Ami fais après ma mort

    Barricades de mon corps

    Et du feu de mes brindilles

    Comme un arbre dans la ville 

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    [À mon frère]

    Il a mis bien du temps à trouver sa voiture

    Reprendre le trajet qu'il avait parcouru

    Dans ce grand magasin c'est toute une aventure

    Il a beau les chercher ses clés ont disparu

     

    La viande les journaux le fromage et le vin

    Puis la charcuterie les produits ménagers

    Au détour d'un rayon il aperçoit enfin

    Son trousseau scintiller sur les plats surgelés

     

    Je suis un peu distrait pense-t-il

    Je l'ai toujours été je crois

    Ça l'amusait beaucoup Lucile

    Il y a presque un an ou... trois

     

    Il ne se souvient plus dans quelle direction

    Il devrait s'engager pour aller voir sa mère

    Il est passé cent fois tout près de la maison

    Mais son enfance aussi a perdu ses repères

     

    Perplexe et résigné il a fait demi-tour

    Entre la marche arrière et une marche avant

    Il n'a pas su choisir et la tombée du jour

    L'a surpris endormi le front sur le volant

     

    Je me sens différent pense-t-il

    Insolite et si désarmant

    Dans le regard flou que Lucile

    Pose sur moi quelques instants

     

    Assis à une table avec des inconnus

    Qui ne lui parlent pas ou psalmodient des plaintes

    Mortelles litanies qu'on ne contrôle plus

    Il voudrait tant crier mais sa voix s'est éteinte

     

    Sa révolte s'effondre il a baissé les bras

    Et s'abandonne aux mains qui s'occupent de lui

    Il subit en silence et ne refuse pas

    Ce retour à l'enfance où il se réfugie

     

    Je flotte autour de moi pense-t-il

    Léger fragile évanescent

    Quelle est cette trouble Lucile

    Qui soudain me quitte en pleurant

     

    Lucille... Luce... Lucie... luciole

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  • (M. Berger)

    Derrière des barreaux

    Pour quelques mots

    Qu'il pensait si fort

     

    Dehors dehors il fait chaud

    Des milliers d'oiseaux

    S'envolent sans effort

     

    Quel est ce pays

    Où frappe la nuit

    La loi du plus fort

     

    Diego libre dans sa tête

    Derrière sa fenêtre

    S'endort peut-être

     

    Et moi qui danse ma vie

    Qui chante et qui ris

    Je pense à lui

     

    Diego libre dans sa tête

    Derrière sa fenêtre

    Déjà mort peut-être

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Pour entrer chez toi

    Il fallait trouver le sentier

    Grimper à l'assaut d'un rocher

    Et enfin se déshabiller

    Mais ce n'était pas

    Pour plus d'originalité

    C'est qu'il nous fallait traverser

    La cascade

     

    Elle tombait devant chez toi

    Comme un rideau de perles d'eau

    Qui ne se tirait certes pas

    Qu'on passait en courbant le dos

     

    Parvenus chez toi

    On s'étendait devant le feu

    Et tout en séchant peu à peu

    On caressait tes chats frileux

    On ne parlait pas

    C'était devenu presque un jeu

    Arbitré par le rythme de

    La cascade

     

    Tu t'offrais doucement à nous

    Qui ne formions plus qu'un seul corps

    Lame de fond sur sable doux

    Tu nous aimais jusqu'à l'aurore

     

    Au petit matin

    On rallumait le feu de bois

    On buvait un verre de lait froid

    En riant de n'importe quoi

    Mais c'était la fin

    D'un monde qu'on laissait chez toi

    Qui se terminait chaque fois

    En cascade

     

    Je n'ai jamais su retrouver

    Le chemin qui mène chez toi

    Mais ce parfum de bois mouillé

    Je ne l'ai pas rêvé je crois

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  • (N. Peyrac)

    Quelques lueurs d'aéroport

     L'étrange fille aux cheveux d'or

     Dans ma mémoire traîne encore

     C'est l'hiver à San Francisco

     Mais il ne tombe jamais d'eau

     Aux confins du Colorado

     

    Et le Golden Gate s'endort

     Sur Alcatraz où traîne encore

     Des sanglots couleur de prison

     Monsieur Caryl Chessman est mort

     Mais le doute subsiste encore

     Avait-il raison ou bien tort

     

    So far away from L.A.

     So long ago in Frisco

     I'm no one but a shadow

     But a shadow

     A shadow

     

    Le Queen Mary est un hôtel

     Au large de Beverley Hills

     Et les collines se souviennent

     Des fastes de la dynastie

     Qui de Garbo jusqu'à Bogie

     Faisait résonner ses folies

     

     So far away from L.A.

     So long ago in Frisco

     I'm no one but a shadow

     But a shadow

     A shadow

     

     So far away from L.A.

    So long ago in Frisco

     I'm no one but a shadow

     But a shadow

     A shadow

     

     Pauvre madame Polanski

     D'un seul coup on t'a pris deux vies

     Mais qui donc s'en souvient ici

     C'est l'hiver à San Francisco

     Je ne trouverai le repos

     Qu'aux confins du Colorado

     

    So far away from L.A.

     So long ago in Frisco

     I'm no one but a shadow

     But a shadow

     A shadow

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur / Michèle Garance)

     Parce qu'un mot peut l'attendrir

     Un simple geste le meurtrir

     Et qu'il ne craint pas de rougir

     De honte ou parfois de plaisir

     On dit qu'il a les nerfs malades

     

     Parce qu'il donne sans compter

     Qu'il ne voit pas le temps passer

     Parce qu'il croit à l'amitié

    Qu'il parle d'authenticité

     On dit que son esprit gambade

     

     N'y touchez pas c'est interdit

     Je le protège malgré lui

     Même s'il ne me demande rien

     Je lui tendrai toujours la main

     

    Parce qu'il fait tout ce qu'il veut

     Qu'il a vraiment l'air d'être heureux

     Parce qu'il est encore fleur bleue

     Et que ça se voit dans ses yeux

     On dit qu'il s'attarde en enfance

     

     Parce qu'il rêve trop souvent

     Qu'il ne se montre pas violent

     Parce qu'il sait quand on lui ment

     Et qu'il a peur du mauvais temps

     On dit qu'il côtoie la démence

     

     Je vous en aurai averti

     Ne vous acharnez pas sur lui

     Je suis là prenez garde à vous

     C'est mon double et je l'aime... beaucoup  

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Philippe Kireeff)

    [En duo avec Philippe Kireeff]

     Je suis un canari

     Oiseau des plus banals

     Ton choix mon pauvre ami

     N'a rien d'original

     

     

    De quoi aurais-tu l'air

     S'il me venait soudain

     La sage envie de faire

     La grève de la faim

     

     

    J'aime tant la douceur

     De tes plumes dorées

     Et ton trille enchanteur

     M'a toujours envoûté

     

     

     Tu vois je t'ai offert

     Une jolie maison

     Aux barreaux grands ouverts

     Sur les quatre horizons

     

     

     Elle est si minuscule

     Sans vouloir te vexer

     Quelque peu ridicule

     Et très efféminée

     

     

     Toi qui veux me complaire

     Change-moi de logis

     Et donne-moi mon frère

     Une petite amie

     

     

     Je suis fier d'héberger

     Un parfait spécimen

     Un lauréat doublé

     D'un sacré phénomène

     

     

     Car dans ton pedigree

     On a inscrit «femelle»

     Tu viens de révéler

     Ton penchant sexuel

     

     

     Tu vas bien déchanter

     On s'est payé ta tête

     Je peux te le prouver

     Mais chausse tes lunettes

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