• (Auteur : Marceau Piana / Compositeurs : Marceau Piana et Michel Pierozzi)

    La Beauté

    Écouter « La Beauté »

     

    Lorsque par hasard elle se montre

     

    Elle m'oblige à baisser les yeux

     

    Éberlué par cette rencontre

     

    Je crains de ne pouvoir trouver mieux

     

    La beauté c'est vertigineux

     

     

     

    Elle côtoie parfois l'insolence

     

    La cruauté mêlée d'impudeur

     

    Son souvenir est une souffrance

     

    Un douloureux pincement au cœur

     

    La beauté

     

    La beauté c'est ensorceleur

     

     

     

    Quand elle est demeurée insensible

     

    Je me console en me rabâchant

     

    Que c'était un rêve inaccessible

     

    Et fragile aux épreuves du temps

     

    La beauté c'est inconsistant

     

     

     

    Elle s'éloigne un peu dédaigneuse

     

    Comme un idéal concrétisé

     

    Le précipice entre nous se creuse

     

    Et j'ai mal de la laisser passer

     

    La beauté

     

    La beauté c'est démesuré

     

     

     

    Je la sens malgré moi qui m'inspire

     

    Me fascine et pourtant j'en ai peur

     

    C'est un monde inconnu qui m'attire

     

    Quelque chose de moi qui se meurt

     

    La beauté c'est dévastateur

     

     

     

    Mais il faut me rendre à l'évidence

     

    Au risque de paraître méchant

     

    Je dois dire en mon âme et conscience

     

    Que je ne l'ai pas croisée souvent

     

    La beauté

     

    La beauté c'est décourageant

     

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeurs : Marceau Piana et Michel Pierozzi)

    Écouter « Réflexion anatomique »

    Lorsque j'étais enfant curieux de toute chose

     

    Quand j'ai réalisé qu'elle n'était qu'à moi

     

    Je l'ai domestiquée car loin d'être morose

     

    Elle avait des élans si fantasques parfois

     

     

    Bien qu'elle fût rebelle et peu volumineuse

     

    J'appris à m'en servir dès l'âge de raison

     

    Au hasard de mes choix j'avais la main heureuse

     

    Elle atteignait son but avec pénétration

     

     

    Si un jour elle était paresseuse ou paillarde

     

    Moi pour ne pas céder à la médiocrité

     

    Je la tenais au frais je la mettais en garde

     

    Contre les flagorneurs et la vénalité

     

     

    Maintes fois j'ai eu mal de l'arborer si raide

     

    Pour la troquer j'aurais trouvé mille alibis

     

    Pourtant je répugnais à recourir à l'aide

     

    D'une habile prothèse ou de la chirurgie

     

     

    Aujourd'hui je n'ai pas grand sujet de m'en plaindre

     

    Beaucoup l'ont effleurée tendrement de leurs doigts

     

    Par pudeur je n'irais certes pas jusqu'à peindre

     

    Son profil identique à tant d'autres ma foi

     

     

    Puis viendra le moment sénile et pitoyable

     

    Du ramollissement qu'on ne contourne pas

     

    Mais j'espère qu'alors d'un geste charitable

     

    Avant que je la perde on me la coupera

     

     

    Ne regardez pas ma braguette

     

    C'est de ma tête

     

    Qu'il s'agit là

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  • Les Enfants-Démiurges

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeurs : Michel Pierozzi et Marceau Piana)

    Écouter « Les Enfants-Démiurges »

    Ils ont déserté la ville

     

    Tous ensemble à pas feutrés

     

    Servis par la tiédeur tranquille

     

    D'une nuit d'été

     

    Insomnieux à ma fenêtre

     

    Je les ai vus passer

     

    J'aurais dû réagir peut-être

     

    Pourtant je n'ai pas bougé

     

     

    Les angéliques têtes blondes

     

    Ont rejoint les chemins buissonniers

     

    Tous les innocents à la ronde

     

    Ont décidé de se révolter

     

     

    L'autorité citadine

     

    Au seuil de la matinée

     

    En rangs serrés dans les collines

     

    Fut mobilisée

     

    Les adultes solidaires

     

    Et les chiens policiers

     

    Ont interrogé ciel et terre

     

    Mais ils n'ont rien retrouvé

     

     

    Les ténébreuses têtes brunes

     

    Ont choisi l'unique vérité

     

    Les affranchis du clair de lune

     

    Ont eu raison de se mutiner

     

     

    Tous les soupçons coïncident

     

    On prétend qu'ils ont fondé

     

    Une souterraine Atlantide

     

    Pour y prospérer

     

    Je les soutiens sans partage

     

    De s'être émancipés

     

    Moi le poltron qui à leur âge

     

    Ne l'aurais jamais osé

     

     

    Les lumineuses têtes rousses

     

    Légataires de la liberté

     

    Sont accourues à la rescousse

     

    De leurs cadets restés prisonniers

     

     

    Les angéliques têtes blondes

     

    Les ténébreuses têtes brunes

     

    Les lumineuses têtes rousses

     

    Tous nos enfants nous ont échappé

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  • Les Huit Merveilles du monde

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeurs : Marceau Piana et Michel Pierozzi)

    Écouter « Les Huit Merveilles du monde »

    La pyramide de Chéops est toujours là

     

    Depuis longtemps elle trône dans le salon

     

    Je me souviens du jour où tu me l'apportas

     

    Gage d'amour à la mesure de ta passion

     

     

    Je possédais déjà le temple d'Artémis

     

    Quand on me livra par coursier babylonien

     

    Accompagné d'un mot signé Sémiramis

     

    Le mode d'emploi pour suspendre ses jardins

     

     

    Mes anniversaires

     

    Me pèsent comme des corvées

     

    Si tu pouvais les oublier

     

    Tu cherches à me plaire

     

    Mais pourquoi ne comprends-tu pas

     

    Que mon plus beau cadeau c'est toi

     

     

    Je reçus la statue de Zeus d'ivoire et d'or

     

    Ce n'est pas pour moi que l'avait sculptée Phidias

     

    Et pour mes vingt-cinq ans que je déplore encore

     

    Tu me donnas le mausolée d'Halicarnasse

     

     

    L'année d'après ce fut le phare d'Alexandrie

     

    Que tu m'offris dans du papier sulfurisé

     

    Au pied du colosse de Rodhes où je m'ennuie

     

    Je ne trouve plus la sortie de mon musée

     

     

    Mes anniversaires

     

    Me font regretter d'être né

     

    Ce n'est pourtant pas compliqué

     

    Si tu veux me plaire

     

    Garde ces merveilles pour toi

     

    Sois la huitième et viens chez moi

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  • Canicule

    (Auteur-compositeur : Marceau Piana)

    Écouter « Canicule »

    Je marche pieds nus et nu-tête

    Étincelle éméchée

    M'embrase comme une allumette

    Aux flammes de l'été

     

    Le vent tournoie dans la poussière

    Le soleil est si bas

    Que les ossements et les pierres

    Éclatent sous mes pas

     

    Il fait déjà très chaud

     

    Sur les rochers des formes sombres

    Dans le ciel un vautour

    Infidèle et fourbe mon ombre

    Fait soudain demi-tour

     

    La touffeur brûle mon visage

    M'effondre et me foudroie

    Mes illusions se font mirage

    Et se moquent de moi

     

    Pourquoi fait-il si chaud

     

    Parvenu au bout de ma route

    Le temps s'arrête là

    Désormais je n'ai plus de doute

    Ailleurs n'existe pas

     

    Moi qui cherchais de l'herbe verte

    Un étang bleu de nuit

    Je ne vois qu'une porte ouverte

    Sur le vide infini

     

    Il fait vraiment trop chaud

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  • Pélagie de Malissoire

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeurs : Marceau Piana et Michel Pierozzi)

    Écouter « Pélagie de Malissoire »

    Pélagie de Malissoire

     

    Vous gouverniez un fortin

     

    Stratégique observatoire

     

    Pour vos funestes instincts

     

    Tels un conquérant ses armes

     

    Un braconnier ses appeaux

     

    Vous utilisiez vos charmes

     

    Pour traquer les jouvenceaux

     

     

    Je ne vous connais Pélagie

     

    Que par un portrait imprécis

     

    À l'instar de vos aventures

     

    Dans le vieux musée Pélagie

     

    Vous m'apparaissez si jolie

     

    Emprisonnée dans votre armure

     

     

    Pélagie de Malissoire

     

    Vos gantelets sont frappés

     

    D'une dague et d'un ciboire

     

    Sous un rameau d'amandier

     

    Votre innocence impassible

     

    Se teinte en vos yeux pourtant

     

    D'ironie imperceptible

     

    Sous la patine du temps

     

     

    Je ne vous connais Pélagie

     

    Que par un portrait indécis

     

    Dédaigné par les antiquaires

     

    Mais je ne vois pas Pélagie

     

     De femme qui soit aujourd'hui

     

     Plus fascinante de mystère

     

     

     

     Pélagie de Malissoire

     

     Quand ils vous avaient comblée

     

    Vos amants bien provisoires

     

     Étaient tous assassinés

     

     Par vos soins expiatoires

     

    Se retrouvaient embaumés

     

    Dans votre laboratoire

     

    D'herboriste consommée

     

     

    Je ne vous connais Pélagie

     

    Que par un portrait incompris

     

    Qu'aucun historien ne célèbre

     

    Mais pour vous aimer Pélagie

     

    J'aurais volontiers fait partie

     

    De votre collection funèbre

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeurs : Marceau Piana et Jacqueline Vanhoorde)

    Écouter « Que dira-t-elle ? »

    Une larme sous les yeux

     

    Les mains autour de son cou

     

    Elle chante et dans ses yeux

     

    Je vais plonger tout à coup

     

     

    Mais que dira-t-elle ensuite

     

    Lorsqu'elle s'arrêtera

     

    Je lui ferai prendre fuite

     

    Non je ne plongerai pas

     

     

    Le soleil dans ses cheveux

     

    Dénoués par le grand vent

     

    Elle dort et dans ses cheveux

     

    Je vais m'étendre un moment

     

     

    Mais que dira-t-elle ensuite

     

    Lorsqu'elle s'éveillera

     

    Je lui ferai prendre fuite

     

    Non je ne m'étendrai pas

     

     

    Quelques fleurs sur ses genoux

     

    De ces frêles fleurs des champs

     

    Elle rêve et sur ses genoux

     

    Je vais m'asseoir un instant

     

     

    Mais que dira-t-elle ensuite

     

    Lorsqu'elle m'apercevra

     

    Je lui ferai prendre fuite

     

    Non je ne m'assiérai pas

     

     

    Si elle ne me disait rien

     

    Et si j'écoutais mon cœur

     

    Si elle s'en trouvait bien

     

    Elle aurait raison d'ailleurs

     

     

    Alors tant pis si je plonge

     

    Si je m'étends et m'assois

     

    C'est facile quand j'y songe

     

    Mais... personne n'y croira

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  • Mozabite

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeurs : Marceau Piana et Michel Pierozzi)

    Écouter « Mozabite »

    Mozabite

     

    À croupetons dans ta gandoura qui se mite

     

    Tu médites

     

    Les murs de ta pauvre chambre d'hôtel s'effritent

     

    Malgré le papier peint jonché de marguerites

     

    Sans limite

     

    Ta solitude a fait de toi un vieil ermite

     

    Qui se contente des litanies qu'il débite

     

     

    Mozabite

     

    Tu t'es perdu dans cette France où tu habites

     

    Dans ta fuite

     

    Cramponne-toi toujours à l'espoir qui t'abrite

     

    Ton oasis en plein désert que tu mérites

     

    Tu hésites

     

    Ce que les gens t'ont raconté n'était qu'un mythe

     

    Tu la voyais tout autrement ta réussite

     

     

    Mozabite

     

    Dans ton lit où chaque soir tu te précipites

     

    Tu t'agites

     

    Tu fais le tour de tes amours bien insolites

     

    Brèves étreintes qui ne sont jamais gratuites

     

    Tu invites

     

    Cette matrone ou cet éphèbe parasites

     

    Qui jouent le jeu de la tendresse et qui te quittent

     

     

    Mozabite

     

    Ne reste pas dans cet univers hypocrite

     

    Rentre vite

     

    Prends ton burnous ta gargoulette de terre cuite

     

    Songe au gourbi où Yasmina te ressuscite

     

    Tout de suite

     

    Avant que ta joie d'exister ne soit détruite

     

    Ghardaïa c'est plus riant que Maisons-Laffite

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  • Généalogie

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeurs : Marceau Piana et Michel Pierozzi)

    Écouter « Généalogie »

    Qui sont tes parents ma mère

    Quelle histoire ont-ils vécue

    Je me souviens que ta mère

    D'Aragon était venue

    Souvent je te la rappelle

    Lorsque mon œil devient noir

    Et qu'alors je bats des ailes

    Comme un sombre oiseau du soir

     

    Qui sont tes parents ma mère

    Je les ai si peu connus

    Tu racontes que ton père

    De Lorraine était issu

    On dit que je lui ressemble

    Quand je m'amuse d'un rien

    Ce curieux menton qui tremble

    C'est de lui que je le tiens

     

    J'aurais pu naître nancéien

    Être nancéien

    Mais voilà ce n'est pas de chance

    Pas de chance

    Je suis un peu saragossin

    Un véritable enfant de France

     

    Qui sont tes parents mon père

    De quel amour es-tu né

    De l'Auvergne de ta mère

    Quel penchant m'as-tu légué

    Tu m'as donné son courage

    Et puis sa ténacité

    Mais à l'instant du partage

    Tu t'es sans doute lésé

     

    Qui sont tes parents mon père

    Tu m'en as si peu parlé

    Je sais pourtant que ton père

    Du Piémont s'est exilé

    Il était l'intelligence

    La probité incarnées

    Ça m'inquiète quand j'y pense

    De quoi donc ai-je hérité

     

    J'aurais pu naître clermontois

    Être clermontois

    Mais voilà ce n'est pas de chance

    Pas de chance

    J'ai un quart de sang turinois

    Bref !

    Je suis un pur enfant de France

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    6 commentaires
  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeurs : Marceau Piana et Michel Pierozzi)

    Écouter « L'Apprenti chanteur »

    Dans le froid de sa chambre il songe

    Devant sa feuille de papier

    La peur du lendemain le ronge

    Il ne peut plus s'en libérer

    Malgré la faim et les blessures

    Il ne regrette rien vraiment

    Voilà des années que ça dure

    Il ne sait pas faire autrement

    L'apprenti chanteur

     

    On le regarde quand il passe

    Il est la star de son quartier

    Pourtant tous ses amis se lassent

    De le voir ainsi végéter

    Dans cet équilibre incommode

    Il accumule des chansons

    Qui de jour en jour se démodent

    Au fil de son inspiration

    D'apprenti chanteur

     

    Depuis le temps qu'on le refuse

    Il a perdu quelques cheveux

    Il sent que sa jeunesse s'use

    Qu'attend-il donc pour être heureux

    Il ne recherche plus la gloire

    N'a pas la notion de l'argent

    Mais il voudrait encore y croire

    Et vivre un peu de son talent

    L'apprenti chanteur

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  • Il ne me manquait plus que ça

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeurs : Marceau Piana et Michel Pierozzi)

    Écouter « Il ne me manquait plus que ça »

    Je suis un chien à ce qu'on dit

     

    Je monte la garde et je chasse

     

    Bien que fidèle et tendre aussi

     

    Je sais mordre si l'on m'agace

     

    Je me souviens d'une autre vie

     

    Hasard de la métempsycose

     

    Où lévrier d'Anatolie

     

    Je rêvais de métamorphose

     

     

    Né sous le signe des Gémeaux

     

    Ascendant Bélier de surcroît

     

    Pour parachever le tableau

     

    Il ne te manquait plus que ça

     

     

    Je suis un chien de compagnie

     

    Mais je n'ai pas trouvé de maître

     

    Bien que caressant et gentil

     

    J'inspire la crainte peut-être

     

    Pourtant si vous avez envie

     

    De saisir le bout de ma laisse

      

    Sachez que j'ai un parti pris

     

    Contre les coups de pied aux fesses

     

     

    Né sous le signe des Gémeaux

     

    Ascendant Bélier de surcroît

     

    Pour parachever le tableau

     

    Il ne te manquait plus que ça

     

     

    Je suis un chien bien élevé

     

    Pourvu qu'on m'aime et m'encourage

     

    Mais je perds toute dignité

     

    Pour peu que l'on me mette en rage

     

    Alors que tigres et dragons

     

    Seraient de ceux qui m'apprivoisent

     

    Je n'ai connu que des cochons

     

    Selon l'astrologie chinoise

     

     

    Né sous le signe des Gémeaux

     

    Ascendant Bélier de surcroît

     

    Pour parachever le tableau

     

    Il ne te manquait plus que ça

     

     

    Il ne me manquait plus que ça

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