• La Luronne

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « La Luronne »

     

    Qui va pieds nus

     

    Même en hiver

     

    Qui n'évite pas les ruisseaux de la rue

     

    Ne craint pas les coups de tonnerre

     

    Qui ne fait rien

     

    De ses quinze ans

     

    Qui pousse comme une herbe au creux des chemins

     

    Sans joies sans chagrins simplement

     

     

     

    C'est la luronne

     

    La fanfaronne

     

    Qui se couronne

     

    De boutons-d'or

     

     

     

    Qui fuit le jour

     

    Dès le matin

     

    Qui vit de glanure et baies d'alentour

     

    Fleure le cerfeuil et le thym

     

    Qui parle au vent

     

    Chante avec lui

     

    Qui danse sous la lune au bord de l'étang

     

    Caresse les oiseaux de nuit

     

     

     

    C'est la luronne

     

    La sauvageonne

     

    Qui s'abandonne

     

    Au fil de l'eau

     

     

     

    Qui se tapit

     

    Guette à genoux

     

    Qui fait peur aux enfants à peine endormis

     

    En imitant le cri du loup

     

    Qui sans façon

     

    Choisit sa proie

     

    Puis ouvre son corps au mépris des saisons

     

    Mais n'a jamais voulu de moi

     

     

     

    C'est la luronne

     

    La polissonne

     

    Qui n'a personne

     

    Au fond du cœur

     

     

     

    C'est la luronne

     

    La fanfaronne

     

    La sauvageonne

     

    La polissonne

     

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  • Partir

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Partir »

     

    Prendre le train et dire adieu à sa jeunesse

     

    Jeter la clé du coffret de ses souvenirs

     

    Sans un regret fermer les yeux sur les promesses

     

    Et les espoirs d'un insaisissable avenir

     

     

     

    Et puis partir

     

    Et puis partir

     

     

     

    Tout effacer jusqu'aux témoins de ses victoires

     

    Tout pardonner même ce qui ne compte pas

     

    Tirer un trait sur ses moindres rêves de gloire

     

    Sans s'accrocher à ce qui ne résiste pas

     

     

     

    Et puis partir

     

    Et puis partir

     

     

     

    Chercher plus loin pour oublier un jour peut-être

     

    Qu'on aime en vain depuis bien trop longtemps déjà

     

    Brûler sa vie en la faisant soudain renaître

     

    Apercevoir d'autres saisons entre ses doigts

     

     

     

    Et puis partir

     

    Et puis partir

     

     

     

    Tarir sa peur en contemplant un ciel d'orage

     

    Et réapprendre à se coucher près d'un ruisseau

     

    Calmer sa faim quelques instants ou davantage

     

    Courir le vent comme la voile d'un bateau

     

     

     

    Et puis partir

     

    Enfin partir

     

    Ou bien mourir

     

     

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  • La Bastonnade

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Philippe Kireeff)

    Écouter « La Bastonnade »

     

    Si je m'en vais

     

    Coup de balai

     

    Tu ne dis rien

     

    Puis j'en ai marre

     

    Coup de cafard

     

    Et je reviens

     

    Et je reviens

     

     

     

    À mon réveil

     

    Coup de soleil

     

    Tu n'es plus là

     

    Je pleure un peu

     

    Un coup de vieux

     

    Tant pis pour moi

     

     

     

    Quand tu souris

     

    Coup de roulis

     

    Tu me rassures

     

    J'écris ton nom

     

    Coup de crayon

     

    Sur tous les murs

     

    Sur tous les murs

     

     

     

    Si je me fâche

     

    Coup de cravache

     

    Tu fanfaronnes

     

    Je suis à bout

     

    Coup de bambou

     

    Et j'abandonne

     

     

     

    Quand tu défends

     

    À coups de dents

     

    Ta liberté

     

    Je fais le beau

     

    Coup de chapeau

     

    Pour t'enjôler

     

    Pour t'enjôler

     

     

     

    Alors tu fonds

     

    Coup de chiffon

     

    Au creux des draps

     

    Je te rejoins

     

    D'un coup de reins

     

    Tu es à moi

     

    Je suis à toi

     

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    10 commentaires
  • On dit

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Écouter « On dit »

     

    Parce qu'un mot peut l'attendrir

     

    Un simple geste le meurtrir

     

    Et qu'il ne craint pas de rougir

     

    De honte ou parfois de plaisir

     

    On dit qu'il a les nerfs malades

     

     

     

    Parce qu'il donne sans compter

     

    Qu'il ne voit pas le temps passer

     

    Parce qu'il croit à l'amitié

     

    Qu'il parle d'authenticité

     

    On dit que son esprit gambade

     

     

     

    N'y touchez pas c'est interdit

     

    Je le protège malgré lui

     

    Même s'il ne me demande rien

     

    Je lui tendrai toujours la main

     

     

     

    Parce qu'il fait tout ce qu'il veut

     

    Qu'il a vraiment l'air d'être heureux

     

    Parce qu'il est encore fleur bleue

     

    Et que ça se voit dans ses yeux

     

    On dit qu'il s'attarde en enfance

     

     

     

    Parce qu'il rêve trop souvent

     

    Qu'il ne se montre pas violent

     

    Parce qu'il sait quand on lui ment

     

    Et qu'il a peur du mauvais temps

     

    On dit qu'il côtoie la démence

     

     

     

    Je vous en aurai averti

     

    Ne vous acharnez pas sur lui

     

    Je suis là prenez garde à vous

     

    C'est mon double et je l'aime... beaucoup

     

     

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  •  

    Si j'étais certain de toi

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Si j'étais certain de toi »

     

    Si j’étais certain de toi, des tes sentiments pour moi, je serais capable de patience, de courage, de force, d’abnégation. J’aurais besoin de briller. J’aurais envie d’éclabousser la Terre entière des mille parcelles de mon bonheur, d’embrasser les badauds dans la rue, de leur faire partager mon enthousiasme, ma passion, d'alléger leurs tourments. Je convertirais l’univers à ma religion. Je voudrais que mon regard ne rencontre que sourires, mains ouvertes, visages complices. Je distribuerais par brassées tendresse et gaieté. Si tu m’aimais, j’existerais.

     

     

     

    J’ai l’air d’être indifférent

     

    De me suffire à moi-même

     

    Je me dis indépendant

     

    Mais tu sais bien que je t’aime

     

    Que tu peux d’un simple mot

     

    Me donner raison de vivre

     

    Ou de cesser aussitôt

     

    De t’attendre et de te suivre

     

     

     

    Si j’étais certain de toi, les mots « paresse, ennui, calcul, laideur, rancune, habitude, effort, orgueil, infidélité » ne signifieraient plus rien. Je me surpasserais pour toi. Je sublimerais l’impossible, le néant, la bêtise en ton nom. La gloire et l’admiration, c’est pour toi que je les suscite, pour qu’elles rejaillissent sur toi. C’est l’un des plus prestigieux cadeaux que je souhaiterais t’offrir. Avec mon amour. Mais ce cadeau-là t’est acquis déjà. N’y vois aucun mérite de ma part, il n’est pas assez luxueux pour toi. Pour l’instant j’ai mal, je suis en sursis. M’aimes-tu encore ?

     

     

     

    J’ai l’air d’être indifférent

     

    De me suffire à moi-même

     

    Je me dis indépendant

     

    Mais tu sais bien que je t’aime

     

    Que tu peux d’un simple mot

     

    Me donner raison de vivre

     

    Ou de cesser aussitôt

     

    De t’attendre et de te suivre

     

     

     

    Mais je ne suis pas certain de toi, de tes sentiments pour moi. Prononce-toi. Surtout ne me ménage pas, ne sois pas magnanime. Je ne veux pas de ta pitié, de ta complaisance, de ton respect envers les irremplaçables souvenirs qui nous lient. Même si je ne suis plus rien pour toi, je mérite ta franchise, ta loyauté et ta confiance. Je n’ai pas de temps à perdre. Je n’ai pas non plus la vocation de martyr. Cette incertitude m’assassine peu à peu. J’ai beau pressentir la fin de notre histoire, je voudrais te l’entendre dire pour n’avoir plus rien à regretter. Si tu ne m’aimes plus, je saurai demeurer invisible, inodore et muet. Pas de larmes, pas de lutte, pas de drame. On ne rattrape pas un amour qui s’évade.

     

     

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  • L'Arachnophobe

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « L'Arachnophobe »

     

    L’alligator n’est pas grand-chose

     

    À mes deux yeux exorbités

     

    Auprès de la moindre lycose

     

    Je n’ose pas même y penser

     

    Ne me parlez pas des tropiques

     

    Je n’y mettrai jamais un pied

     

    Tant que la mygale exotique

     

    N’y sera pas exterminée

     

     

     

    Qu’elle soit naine ou bien géante

     

    Rousse et velue ça m’est égal

     

    Équilibriste ou galopante

     

    Je la redoute comme la gale

     

    Il me vient des idées morbides

     

    Depuis que je connais le nom

     

    D’un microscopique arachnide

     

    Sarcopte des démangeaisons

     

     

     

    La pieuvre et ses longs tentacules

     

    Ne m’épouvantent pas autant

     

    Que l’agressive tarentule

     

    Cauchemar de mes nuits d’enfant

     

    De la plus humble tégénaire

     

    Jusqu’au faucheux dégingandé

     

    De la veuve noire à l’épeire

     

    Je n’aime pas les araignées

     

     

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  • Chez toi

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Chez toi »

     

    Pour entrer chez toi

     

    Il fallait trouver le sentier

     

    Grimper à l'assaut d'un rocher

     

    Et enfin se déshabiller

     

    Mais ce n'était pas

     

    Pour plus d'originalité

     

    C'est qu'il nous fallait traverser

     

    La cascade

     

     

     

    Elle tombait devant chez toi

     

    Comme un rideau de perles d'eau

     

    Qui ne se tirait certes pas

     

    Qu'on passait en courbant le dos

     

     

     

    Parvenus chez toi

     

    On s'étendait devant le feu

     

    Et tout en séchant peu à peu

     

    On caressait tes chats frileux

     

    On ne parlait pas

     

    C'était devenu presque un jeu

     

    Arbitré par le rythme de

     

    La cascade

     

     

     

    Tu t'offrais doucement à nous

     

    Qui ne formions plus qu'un seul corps

     

    Lame de fond sur sable doux

     

    Tu nous aimais jusqu'à l'aurore

     

     

     

    Au petit matin

     

    On rallumait le feu de bois

     

    On buvait un verre de lait froid

     

    En riant de n'importe quoi

     

    Mais c'était la fin

     

    D'un monde qu'on laissait chez toi

     

    Qui se terminait chaque fois

     

    En cascade

     

     

     

    Je n'ai jamais su retrouver

     

    Le chemin qui mène chez toi

     

    Mais ce parfum de bois mouillé

     

    Je ne l'ai pas rêvé je crois

     

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  • L'Enfant secret

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Philippe Kireeff)

    Écouter « L'Enfant secret mix »

     

    Quand tu as choisi le silence

     

    Je t'imagine quelquefois

     

    Sur le flanc d'un glacier immense

     

    Plus téméraire qu'un chamois

     

     

     

    As-tu mis ton bonnet de laine

     

    Mon joli pâtre sans troupeau

     

    Soudain je devine ta peine

     

    Tu voudrais retourner là-haut

     

     

     

    Mon enfant secret

     

    Si les gens savaient

     

    Combien tu es bavard

     

    Qu'il suffit d'un regard

     

    Pour bien te comprendre

     

     

     

    Lorsque nous chantons à tue-tête

     

    Alors que notre voisin dort

     

    Ne t'insurge pas s'il tempête

     

    Reconnais que nous avons tort

     

     

     

    Tu passes pour un peu stupide

     

    Avec tes gestes maladroits

     

    Moi je lis dans tes yeux limpides

     

    Ce que les autres ne voient pas

     

     

     

    Mon enfant secret

     

    Si les gens venaient

     

    Les mains tendues vers toi

     

    Ils seraient comme moi

     

    Prêts à te défendre

     

     

     

    Si demain le chagrin te frôle

     

    Si tu te sens découragé

     

    Viens sangloter sur mon épaule

     

    Ou simplement t'y reposer

     

     

     

    Mon enfant secret

     

    Mon enfant secret

     

     

     

    Mon enfant secret

     

    Si les gens pouvaient

     

    Découvrir avec moi

     

    Et suivre avec tes doigts

     

    Ta carte du tendre

     

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    2 commentaires
  • Le Bâtard

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Le Bâtard »

     

    Tu me dis que j'exagère

     

    De me plaindre de mon sort

     

    Quand je n'ai fait pour te plaire

     

    Qu'un imperceptible effort

     

    Mais lorsque tu me regardes

     

    De si près que j'en ai peur

     

    Ce sont mille et une échardes

     

    Qui me lacèrent le cœur

     

     

     

    Bien sûr je ne suis pas Danton

     

    Ni du Guesclin ni D'Annunzio

     

    Bien sûr Gainsbourg n'était pas sans raisons

     

    Plus séduisant qu'un hidalgo

     

    C'est sûr mais la bâtarde position

     

    Que de n'être ni laid ni beau

     

    Entre Lautrec et Rimbaud

     

    Je navigue incognito

     

     

     

    Tu dis que c'est une chance

     

    À condition cependant

     

    D'en garder pleine conscience

     

    Et d'en user finement

     

    C'est réconfortant peut-être

     

    Mais injuste malgré tout

     

    Quand d'autres n'ont qu'à paraître

     

    Pour qu'on tombe à leurs genoux

     

     

     

    Bien sûr je ne suis pas Danton

     

    Ni du Guesclin ni D'Annunzio

     

    Bien sûr Gainsbourg n'était pas sans raisons

     

    Plus séduisant qu'un hidalgo

     

    C'est sûr mais la bâtarde position

     

    Que de n'être ni laid ni beau

     

    Entre Lautrec et Rimbaud

     

    Je navigue incognito

     

     

     

    Tu me dis que j'ai des armes

     

    Que je fourbis bel et bien

     

    Tu appelles ça mon charme

     

    Redoutable et assassin

     

    Même si c'est plus durable

     

    Ne crois pas me consoler

     

    Moi qui me montre implacable

     

    Devant la médiocrité

     

     

     

    Bien sûr je ne suis pas Danton

     

    Ni du Guesclin ni D'Annunzio

     

    Bien sûr Gainsbourg n'était pas sans raisons

     

    Plus séduisant qu'un hidalgo

     

    C'est sûr mais la bâtarde position

     

    Que de n'être ni laid ni beau

     

    Entre Lautrec et Rimbaud

     

    Je navigue incognito

     

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  • Si je pouvais

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Si je pouvais »

     

    Si je pouvais mourir de rire

     

    Avec des larmes plein les yeux

     

    Dans un dernier cri de plaisir

     

    Apoplectique mais heureux

     

     

     

    J'ai l'impression d'être moins seul

     

    Lorsque je t'abandonne un peu

     

     

     

    Si je pouvais mourir de froid

     

    Somnambule en hypothermie

     

    Statue de cristal sur le toit

     

    D'une datcha en Sibérie

     

     

     

    Je me sens de plus en plus seul

     

    Comme en prison entre tes bras

     

     

     

    Si je pouvais mourir de peur

     

    Devant le canon d'un fusil

     

    Victime d'un arrêt du cœur

     

    Par manque d'instinct de survie

     

     

     

    Tu m'as appris à vivre seul

     

    Quand j'ai cru que nous étions deux

     

     

     

    Si je pouvais mourir d'aimer

     

    De luxure et de frénésie

     

    Sous les assauts incontrôlés

     

    D'une voisine inassouvie

     

     

     

    Je suis désespérément seul

     

    Et je m'étiole auprès de toi

     

     

     

    Si je pouvais mourir d'ivresse

     

    D'excès de romanée-conti

     

    Mais j'ai attrapé la tristesse

     

    Une funeste maladie

     

     

     

    Je voudrais tant n'être plus seul

     

    Tu es mon vœu pieux un peu vieux

     

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  •  

    Incertitude

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Incertitude »

     

    Je suis en pleine incertitude

     

    Tel un échassier migrateur

     

    Je préfère au calme du cœur

     

    Cette séduisante inquiétude

     

    De mes quinze ans évanouis

     

    J'ai beau me retracer l'image

     

    Depuis j'ai appris davantage

     

    Mais je n'ai presque rien compris

     

     

     

    Mes ambitions sont très timides

     

    Si je ne connais pas l'ennui

     

    La prudence est mon seul appui

     

    Quand la folie se veut mon guide

     

    Je ne sais plus depuis longtemps

     

    Discerner le meilleur du pire

     

    Un charme insinuant m'attire

     

    Vers l'un et l'autre également

     

     

     

    Mon esprit fabule et s'excuse

     

    Entre le courage et la peur

     

    Lorsqu'il réclame le bonheur

     

    Mon corps assoupi s'y refuse

     

    D'une rencontre à un adieu

     

    Tour à tour j'accuse et pardonne

     

    Je regrette ce que je donne

     

    Et je crains d'accorder trop peu

     

     

     

    Toi mon caprice et ma faiblesse

     

    Toi qui partages mes plaisirs

     

    Toi que malgré moi je désire

     

    J'avoue que souvent tu me blesses

     

    Je n'entrevois pas d'avenir

     

    Dans l'habitude et la paresse

     

    Et si l'amour devient tendresse

     

    La vie à deux le fait mourir

     

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  • Le Saut périlleux

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Le Saut périlleux »

     

    Quand parfois je me laisse aller

     

    Je viens m'insinuer chez vous

     

    Sous le couvert de l'amitié

     

    Je m'impose à toi peu ou prou

     

     

     

    De ton air le plus désarmant

     

    Tu fermes tes doigts sur mon cou

     

    Ma main se hasarde un instant

     

    Sur le galbe de ton genou

     

     

     

    Trop tard

     

    Je suis venu trop tard

     

    Tu ne m'attendais plus

     

    Trop tard

     

    Je t'ai connue trop tard

     

    Tu n'improvisais plus

     

    Trop tard

     

    Je t'ai voulue trop tard

     

    Tu ne changeras plus

     

     

     

    Excédé par nos faux-semblants

     

    Notre incomplète intimité

     

    Je vais clamer ce sentiment

     

    Que tu continues d'exalter

     

     

     

    Je ne peux plus atermoyer

     

    Fétu au centre d'un remous

     

    Tant pis si je dois tout gâcher

     

    Si tu me chasses de chez vous

     

     

     

    Trop tard

     

    Je me livre trop tard

     

    Tu ne t'appartiens plus

     

    Trop tard

     

    Je te parle trop tard

     

    Tu ne m'écoutes plus

     

    Trop tard

     

    Je m'insurge trop tard

     

    Tu ne m'aimeras plus

     

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  •  

    Me voilà devenu

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Écouter « Me voilà devenu »

     

    Me voilà donc devenu

     

    Un de tes précieux souvenirs

     

    Ceux qu'on enjolive à loisir

     

    Témoins de ce que l'on n'est plus

     

     

     

    Tu ne veux pas te décider

     

    À m'éloigner de toi un jour

     

    Quel est cet hermétique amour

     

    Auquel tu m'as subordonné

     

     

     

    Me voilà donc devenu

     

    Le havre de paix de chaleur

     

    Où tu viens épancher ton cœur

     

    Et soigner tes déconvenues

     

     

     

    Tu as lentement fait de moi

     

    Le parangon de l'homme-objet

     

    Le confident le plus discret

     

    Celui qui ne te blâme pas

     

     

     

    Me voilà donc devenu

     

    Un de tes piètres souvenirs

     

    De ceux dont on ne peut guérir

     

    Débris de ce que l'on n'est plus

     

    Tu ne sais pas te résigner

     

    À m'abandonner pour toujours

     

    Mais... quel est cet insondable amour

     

    Dans lequel tu m'as séquestré

     

     

     

    Me voilà donc devenu

     

    L'otage de ton bon plaisir

     

    De tes improbables désirs

     

    De tes visites imprévues

     

     

     

    Je suis l'esclave attentionné

     

    Qui te satisfait pleinement

     

    Je suis l'esclave attentionné

     

    Qui te satisfait pleinement

     

    Je suis l'esclave attentionné

     

    Qui te satisfait pleinement

     

     

     

    Quant à toi... dérivatif intermittent

     

    Tu as le don... de m'amuser

     

     

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  •  

    Trois Mots

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Philippe Kireeff)

    Écouter « Trois Mots »

     

    Je t'aime

     

    Comme on crie au secours

     

    Je t'aime

     

    Je me raccroche à toi

     

    Je t'aime

     

    Tu es mon seul recours

     

    Je t'aime

     

    Ou c'est du moins ce que je crois

     

     

     

    Je t'aime

     

    Quand je m'ennuie de toi

     

    Je t'aime

     

    Je fais ce que je peux

     

    Je t'aime

     

    J'y parviens quelquefois

     

    Je t'aime

     

    Pour ne pas te haïr un peu

     

     

     

    Je t'aime

     

    J'en ai pris l'habitude

     

    Je t'aime

     

    Avec lucidité

     

    Je t'aime

     

    Telle une incertitude

     

    Je t'aime

     

    À quoi bon vouloir en douter

     

     

     

    Je t'aime

     

    Par simple convoitise

     

    Je t'aime

     

    Je n'ai pas d'autre choix

     

    Je t'aime

     

    Jusqu'à ce qu'on me dise

     

    Je t'aime

     

    Trois mots que je ne connais pas

     

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  • Paroles et Musique

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Paroles et Musique »

     

    Séduit un jour par ta musique

     

    J'ai voulu te connaître mieux

     

    Moi d'habitude si pudique

     

    J'ai mis un pont entre nous deux

     

    Tu l'as franchi sans réticence

     

    Poussé par la curiosité

     

    Ta réserve et mon insolence

     

    Presque aussitôt se sont mariées

     

     

     

    Je t'ai raconté mes histoires

     

    Tu as joué à l'unisson

     

    Mes confidences et ta guitare

     

    Ont fait mes plus jolies chansons

     

    Chaque fois que je les fredonne

     

    L'humeur badine ou le cœur lourd

     

    Ce que j'éprouve et qui m'étonne

     

    Ressemble beaucoup à l'amour

     

     

     

    Pour demeurer sur mon rivage

     

    Tu trouveras d'autres accords

     

    J'userai d'un nouveau langage

     

    Afin de t'écouter encore

     

    Quand ton inspiration s'anime

     

    Lorsque tu poses prudemment

     

    Tes quelques notes sur mes rimes

     

    Nous faisons ensemble un enfant

     

     

     

    Nous faisons ensemble un enfant

     

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    4 commentaires
  •  

    Conseil de famille

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Philippe Méoni)

    Écouter « Conseil de famille »

     

    Je voudrais dire à mon père

     

    S'il ne le sait pas déjà

     

    Que ses yeux et sa voix sévères

     

    M'ont brisé parfois

     

     

     

    Serais-tu folle ma mère

     

    Je n'ose soupçonner

     

    Que tu aies choisi de te taire

     

    Et fait semblant de m'aimer

     

     

     

    Ne croyez pas que je plaisante

     

    Quand je ne suis que sincérité

     

    Et si quelque remords vous hante

     

    Je suis à vous pour en discuter

     

     

     

    Je voudrais dire à ma femme

     

    Que je vais partir sous peu

     

    Que j'ai beau souffler sur les flammes

     

    Elles font long feu

     

     

     

    Je la rêvais belle encore

     

    Brûlante en plein hiver

     

    Des cendres pleuvent sur nos corps

     

    Le Vésuve est mort hier

     

     

     

    Vous pensez que je suis bien lâche

     

    Ou que j'ai peur de la vérité

     

    Pourtant si mes propos vous fâchent

     

    C'est qu'après tout ils vont ont touchés

     

     

     

    Je voudrais dire à mon fils

     

    Qu'il cesse de me pleurer

     

    Qu'il m'oublie vite et qu'il agisse

     

    Sans se retourner

     

     

     

    Je n'ai pas su lui léguer

     

    L'insouciance et la joie

     

    Saura-t-il un jour pardonner

     

    À moi qui n'en voulais pas

     

     

     

    D'aucuns jugeront condamnable

     

    De fuir ses responsabilités

     

    Si leur verdict est implacable

     

    C'est leur façon de se disculper

     

     

     

    D'aucuns jugeront condamnable

     

    De fuir ses responsabilités

     

    Leur verdict est irrévocable

     

    Mais qui osera me lapider

     

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    4 commentaires
  • Le Vent du large

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Écouter « Le Vent du large »

     

    Sur les lignes de ta main

     

    Je vois glisser des bateaux

     

    Jolis vaisseaux sous ta peau

     

    Goélette ou brigantin

     

     

     

    Le vent

     

    Le vent du large te ressemble

     

    Imite l'or de tes cheveux

     

    Dérobe le bleu de tes yeux

     

    Le vent

     

    Le vent du large te ressemble

     

    Il charrie des senteurs de miel

     

    De fleur de lune en arc-en-ciel

     

    Le vent au large se rassemble

     

     

     

    Tu m'emmènes quelquefois

     

    Vers des horizons marins

     

    Et m'abandonnes en chemin

     

    Entre Charybde et Scylla

     

     

     

     

     

    Le vent

     

    Le vent du large t'éparpille

     

    Pour que tu lui ouvres les bras

     

    Sans doute a-t-il besoin de toi

     

    Le vent

     

    Le vent du large t'éparpille

     

    Pose une brume sur ton cœur

     

    Et ton regard devient songeur

     

    Le vent au large s'éparpille

     

     

     

    Je ne veux plus succomber

     

    À tes chansons de sirène

     

    Alors au mât de misaine

     

    Je me suis fait ligoter

     

     

     

     

     

    Le vent

     

    Le vent du large s'impatiente

     

    Tu l'as rejoint sans résister

     

    Me laissant seul et naufragé

     

    Le vent

     

    Le vent du large s'impatiente

     

    Cela ne lui a pas suffi

     

    Faut-il que je me noie aussi

     

    Le vent au large s'impatiente

     

    Le vent du large m'impatiente

     

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    7 commentaires
  • Hypnose

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Hypnose »

     

    Une affreuse fourmi

     

    Me traînant par un pied

     

    S’escrime à me glisser

     

    Dans un trou trop petit

     

     

     

    Je suis hypnotisé

     

    Privé de réaction

     

    Alors que du talon

     

    Je devrais l’écraser

     

     

     

    Mon navire a sombré

     

    Vaincu par le typhon

     

    Je vais toucher le fond

     

    De l’océan nacré

     

     

     

    Je suis hypnotisé

     

    Parmi les goémons

     

    Un monstrueux poisson

     

    Me convoite affamé

     

     

     

    Une bande d’enfants

     

    Dans un jargon narquois

     

    Me désignent du doigt

     

    Me malmènent en hurlant

     

     

     

    Je suis hypnotisé

     

    Le cœur en pâmoison

     

    Lancé comme un ballon

     

    À demi dégonflé

     

     

     

    Me voici devant vous

     

    Dominé par la peur

     

    Je rêve d’être ailleurs

     

    Mais je chante debout

     

     

     

    Je suis hypnotisé

     

    Le trac au diapason

     

    Quand je pourrais d’un bond

     

    Sagement me sauver

     

     Hypnotisé... hypnotisé... hypnotisé

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    4 commentaires
  •  

    L'Incartade

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Philippe Kireeff)

    Écouter « L'Incartade »

     

    Pour elle vous resterez

     

    Une erreur singulière

     

    Un souvenir léger

     

    Le vol d'un éphémère

     

    Elle gardera de vous

     

    Un parfum flou et tendre

     

    Un souffle sur son cou

     

    Des mots fous à entendre

     

     

     

    Celui qu'elle aime ne bouge pas

     

    Celui qu'elle aime ne sourit pas

     

    Celui qu'elle aime n'écoute pas

     

    Sait-il lui-même s'il changera

     

     

     

    Il faut vous dire aussi

     

    Qu'elle n'avait rien à faire

     

    Si elle vous a suivi

     

    C'était pour se distraire

     

    Elle se sentait perdue

     

    Vous avez su lui plaire

     

    Une nuit rien de plus

     

    Vous l'oublierez j'espère

     

     

     

    Celui qu'elle aime ne tremble pas

     

    Celui qu'elle aime n'applaudit pas

     

    Celui qu'elle aime ne blêmit pas

     

    Sait-il lui-même s'il l'aimera

     

     

     

    Elle ne sera pour vous

     

    Qu'un oiseau de passage

     

    Vous laissera le goût

     

    D'un étrange voyage

     

    Elle regrette d'avoir

     

    Gravi vos cinq étages

     

    Et fait toute une histoire

     

    D'un simple enfantillage

     

     

     

     

    Celui qu'elle aime ne parle pas

     

    Celui qu'elle aime ne faiblit pas

     

    Celui qu'elle n'en revient pas

     

    Celui quelle aime ce n'est que moi

     

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    4 commentaires
  •  

    Épilogue

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Épilogue »

     

    Tu m'as réduit en servitude

     

    Et je ne sais pas m'affranchir

     

    Mais j'ai acquis la certitude

     

    Que tu n'es pas loin de faiblir

     

     

     

    Convaincue que tu es sincère

     

    Tu régentes ma vie privée

     

    Moi je voudrais pouvoir me faire

     

    À ton sommeil à poings fermés

     

     

     

    Je sens très bien

     

    Que c'est la déroute

     

    La débandade la défaite

     

    Maussade lendemain de fête

     

    L'affrontement que l'on redoute

     

    La débâcle avant le dédain

     

     

     

    Tu qualifies de monotones

     

    Ma constance et mon désarroi

     

    Si je m'insurge tu t'étonnes

     

    Je suis trop nébuleux pour toi

     

     

     

    Je sens très bien

     

    Que c'est la déroute

     

    La débandade la défaite

     

    Sinistre lendemain de fête

     

    La décision que l'on redoute

     

    La débâcle j'en suis certain

     

     

     

    Pour te devenir nécessaire

     

    J'alimente complaisamment

     

    Ton instinct de propriétaire

     

    Désormais c'est insuffisant

     

     

     

    Je sens très bien

     

    Que c'est la déroute

     

    La débandade la défaite

     

    Lugubre lendemain de fête

     

    L'isolement que l'on redoute

     

    La débâcle, bref... c'est la fin

     

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  • Cardiogramme

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Cardiogramme »

     

    Tu avais le cœur si tendre

     

    Que tu m'as prêté ton cœur

     

    Moi j'étais un cœur à prendre

     

    Tu m'as cloué sur ton cœur

     

     

     

    Perdus au cœur de la ville

     

    Nous nous apprenions par cœur

     

    Le cœur blessé mais docile

     

    Je t'ai entrouvert mon cœur

     

     

     

    Moi le cœur au bord des lèvres

     

    Toi toujours la bouche en cœur

     

    J'écoutais le cœur en fièvre

     

    Ce qui te tenait à cœur

     

     

     

    J'étais au cœur du problème

     

    Toi que je prenais à cœur

     

    Le cœur sur la main quand même

     

    Tu me visais droit au cœur

     

     

     

    Pour en avoir le cœur net

     

    Et me redonner du cœur

     

    J'ai mis mon cœur dans ma tête

     

    Te l'ai offert de bon cœur

     

     

     

    Sans avoir un cœur de pierre

     

    Tu m'apparaissais sans cœur

     

    La rage au cœur le cœur fier

     

    Je t'aimais de tout mon cœur

     

     

     

    Aujourd'hui mon cœur s'en fout

     

    Tu m'as fait trop mal au cœur

     

    Toi ton cœur saigne après coup

     

    Dans des duels cœur à cœur

     

     

     

    Je n'ai pas le cœur à rire

     

    Mais c'est tant pis pour ton cœur

     

    Et ton cœur peut bien mourir

     

    Il a brisé tant de cœurs

     

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    6 commentaires
  • Quant à moi

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Philippe Kireeff)

    Écouter « Quant à moi »

     

    Si la cigale stridule

     

    Et bouboule le hibou

     

    La mésange zinzinule

     

    Et coucoule le coucou

     

    Que fait donc la tarentule

     

    Pour se choisir un époux

     

    Ce serait bien ridicule

     

    D'imiter le kangourou

     

     

     

    Quant à moi

     

    J'ai beau danser l'aéroplane

     

    Le sirtaki et le tango

     

    Le rigaudon ou la pavane

     

    Le menuet le flamenco

     

    La bamboula ou la sardane

     

    Tu me tournes toujours le dos

     

     

     

    Si le rossignol gringotte

     

    Et barète l'éléphant

     

    Le petit moineau chuchote

     

    Et criaille le faisan

     

    Sais-tu que le rat chicote

     

    Que pleure le goéland

     

    Et si le pingouin jabote

     

    On entend brailler le paon

     

     

     

    Quant à moi

     

    J'ai beau chanter La Paimpolaise

     

    La Vie en rose ou C'est extra

     

    Tata Yoyo La Javanaise

     

    Riquita Mexico Mirza 

     

    Le Métèque ou La Marseillaise

     

    Tu ne m'écoutes même pas

     

     

     

    Si gémit la tourterelle

     

    Et grésille le grillon

     

    Le gros sanglier grommelle

     

    Il glougloute le dindon

     

    Et gazouille l'hirondelle

     

    Il réclame le faucon

     

    Le papillon bat des ailes

     

    Caracoule le pigeon

     

     

     

    Quant à moi

     

    J'ai beau te parler en anglais

     

    En grec en turc en mandarin

     

    En espagnol en polonais

     

    En russe en arabe en roumain

     

    En italien en portugais

     

    Tant pis si tu n'y comprends rien

     

     

     

    Je te dis « Je t'aime » en français

     

     

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    6 commentaires
  •  

    Cyrano

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Écouter « Cyrano »

     

    J'aime tant ton visage

     

    Sillonné de canaux

     

    Luxuriant paysage

     

    De vals et de coteaux

     

     

     

    Arcades sourcilières

     

    Sans cesse en mouvement

     

    Visite familière

     

    Dont le guide est absent

     

     

     

    Au creux de leurs orbites

     

    Tes yeux semblent nichés

     

    J'y perçois des pépites

     

    Serties dans la rosée

     

     

     

    Du haut de tes pommettes

     

    Dignes d'un pharaon

     

    Quarante années nous guettent

     

    Dirait Napoléon

     

     

     

    Ta bouche est une vague

     

    Un rictus indigo

     

    Taillé à coups de dague

     

    J'y vogue à pédalo

     

     

     

    Je fais de l'escalade

     

    Sur ton menton fuyant

     

    J'y glisse ou j'y gambade

     

    Comme au pied du mont Blanc

     

     

     

    Certaines demoiselles

     

    N'ont pas le nez si gros

     

    Mais c'est toi que j'appelle

     

    Ma belle Cyrano

     

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    4 commentaires
  • C'est le tien

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « C'est le tien »

     

    Il a des couleurs

     

    Que n'égalera pas l'automne

     

    Que ne prendront jamais les murs de Carcassonne

     

    Ni les falaises d'Étretat ni Pont-sur-Yonne

     

    Ni les yeux du Dauphin à Varennes-en-Argonne

     

     

     

    Et c'est le tien

     

    Il est coquin

     

     

     

    Il a des douceurs

     

    Qui ont gercé la peau des prunes

     

    Ont rayé de la carte Pilat et sa dune

     

    Dissuadé d'aller se poser sur la Lune

     

    Noyé tous les pêcheurs de perles des lagunes

     

     

     

    Et c'est le tien

     

    Il est divin

     

     

     

    Il a des chaleurs

     

    À démotiver les volcans

     

    À rendre un été plus modéré qu'un printemps

     

    À convertir une année de jours désolants

     

    En trois cent soixante-cinq nuits de la Saint-Jean

     

     

     

    Et c'est le tien

     

    N'y change rien

     

     

     

    Il a des rondeurs

     

    Qui font pâlir d'envie la Terre

     

    Qui découragent de gonfler les montgolfières

     

    Aucun mot ne pourra se révéler vulgaire

     

    Qu'on le nomme cul fessier coccyx ou derrière

     

     

     

    Et c'est le tien

     

    Prends-en grand soin

     

    Oui c'est le tien

     

    Je l'aime bien

     

    Je l'aime... bien

     

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    8 commentaires
  • Mes muses

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Philippe Kireeff)

    Écouter « Mes muses »

     

    Euterpe avait les yeux vairons

     

    Et me composait des musiques

     

    C’étaient mes plus jolies chansons

     

    Depuis son départ je m’étrique

     

    Où est la rêveuse Uranie

     

    Plus lointaine que la Grande Ourse

     

    Et plus inaccessible aussi

     

    Qu’un météore dans sa course

     

     

     

    Je n’étais pas très amoureux

     

    De l’élégante Terpsichore

     

    Qui m’enseignait le pas de deux

     

    Moi qui ne bouge pas encore

     

    Puis on m’a présenté Thalie

     

    Et je l’ai trouvée si comique

     

    Que je ris toujours aujourd’hui

     

    De ses théâtrales mimiques

     

     

     

    La plus secrète à sa façon

     

    C’est Polymnie fragile et belle

     

    Qui chante sous un autre nom

     

    Pourtant vous ne connaissez qu’elle

     

    Je ne regrette pas du tout

     

    Les colères de Melpomène

     

    Ni ses diatribes ni ses coups

     

    D’inégalable tragédienne

     

     

     

    Tous mes hommages à Érato

     

    Ma poétesse au regard triste

     

    Qui me grisait de nobles mots

     

    C’est la plus tendre de ma liste

     

    Je me souviens d’une égérie

     

    Que j’avais surnommée Calliope

     

    Trop éloquente à mon avis

     

    Pour ne pas être un peu salope

     

     

     

    Enfin j’ai rencontré Clio

     

    Fabulatrice et mythomane

     

    Elle écrivait des scénarios

     

    Que la moralité condamne

     

    Je vous ai dit de but en blanc

     

    Ce qui me passait par la muse

     

    Je me suis amusé vraiment

     

    Mais il ne faut pas que j’abuse

     

     

     

    Non il ne faut pas que j'abuse

     

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    12 commentaires
  • Le Tournesol

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Le Tournesol »

     

    Lorsque passe la théorie

     

    De vos prénoms dans ma mémoire

     

    Presque toujours je m'attendris

     

    Vous me racontez mon histoire

     

    J'essaie de vous imaginer

     

    Qu'êtes-vous devenues ce soir

     

    Qui dans vos bras m'a remplacé

     

    Quels sont vos regrets vos espoirs

     

     

     

    Il est bien le même

     

    Celui que vous avez connu

     

    N'a pas changé n'a pas voulu

     

    Devenir chauve ni ventru

     

    Oui c'est bien le même

     

    Celui qui vous servait d'ami

     

    Malgré le temps passé depuis

     

    Le tournesol des jours d'ennui

     

     

     

    Lorsque se croisent par hasard

     

    Nos chemins pourtant différents

     

    La tendresse de vos regards

     

    Ne m'échappe pas un instant

     

    Je ne sais si je dois souffrir

     

    Ou me réjouir à jamais

     

    De n'être plus qu'un souvenir

     

    Que vous chérissez en secret

     

     

     

    Il est bien le même

     

    Celui que vous avez connu

     

    N'a pas changé n'a pas voulu

     

    Devenir sage ni joufflu

     

    Oui c'est bien le même

     

    Celui qui reste votre ami

     

    Malgré les bourrasques de pluie

     

    Le tournesol des soirs d'ennui

     

     

     

    Pour n'être pas pris au sérieux

     

    Je suis voué au célibat

     

    Vos maris disent que c'est mieux

     

    Mais je vois bien qu'ils n'y croient pas

     

    Toi le dernier de mes amours

     

    Qui leur ressembles tout autant

     

    Tu me fuiras sans demi-tour

     

    Ne t'en fais pas je m'y attends

     

     

     

    Il est bien le même

     

    Celui que tu n'as pas connu

     

    N'a pas changé n'a pas voulu

     

    Devenir blasé ni fessu

     

    Oui c'est bien le même

     

    Celui qui sera ton ami

     

    Malgré les coups les pleurs les cris

     

    Ton tournesol des nuits d'ennui

     

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    19 commentaires
  •  

    La Dernière Lettre

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michèle Garance)

    Écouter « La Dernière Lettre »

     

    Je sais trop le mal que je vais te faire

     

    M'accorderas-tu jamais ton pardon

     

    Je croyais pouvoir t'épargner ma mère

     

    Quand il me restait quelques illusions

     

    Sache que la vie n'a pas su me plaire

     

    Que je n'en peux plus de tourner en rond

     

     

     

    Quant à vous mes sœurs quant à toi mon frère

     

    Qui certainement ne comprendrez pas

     

    Si je n'avais pas choisi de me taire

     

    Vous m'auriez trouvé singulier parfois

     

    Lorsque nous avons perdu notre père

     

    La mort n'a plus eu de secret pour moi

     

     

     

    Et vous mes amis qu'aujourd'hui je laisse

     

    Je vous remercie de votre douceur

     

    Vous m'avez comblé de tant de tendresse

     

    Que j'en oubliais mes peines de cœur

     

    Je gardais pour moi ma folle détresse

     

    Si j'avais parlé vous auriez eu peur

     

     

     

    Toi mon non-amour pour qui je bascule

     

    N'aie pas de remords tu n'y pouvais rien

     

    Tu ne m'aimais pas j'étais ridicule

     

    D'espérer encore et d'attendre en vain

     

    Je ferme les yeux et je capitule

     

    Un peu de répit me fera du bien

     

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  • Le Chardon et la Fleur de coton

    [Film de Hal Ashby, 1971]

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Le Chardon et la Fleur de coton »

     

    Le petit vieux n'a pas vingt ans

     

    Il se suicide tout le temps

     

    Et s'ennuie à longueur de jour

     

    Il manque d'air et puis d'amour

     

    La fillette a quatre-vingts ans

     

    Elle renaît à chaque instant

     

    Ses jours lui paraissent trop courts

     

    Cousus de joies tissés d'amour

     

     

     

    Dans une prairie voisine

     

    Poussait un tendre chardon

     

    Qui tenait dans ses épines

     

    Une vraie fleur de coton

     

    Sur le flanc de la colline

     

    Dans le plus total abandon

     

     

     

    Le vieil enfant fume le cigare

     

    Boit des cocktails un peu bizarres

     

    Il a deux rides entre les yeux

     

    Ses lendemains ne sont pas bleus

     

    La jeune vieille aime les pralines

     

    Boit du sirop de grenadine

     

    Ses joues se plissent quand elle rit

     

    Ses rêves ne sont jamais gris

     

     

     

    Dans une prairie voisine

     

    Poussait un tendre chardon

     

    Qui serrait dans ses épines

     

    Une vraie fleur de coton

     

    Oubliés par les machines

     

    Épargnés par les fenaisons

     

     

     

    Lui la regarde s'amuser

     

    Tandis qu'elle a le dos tourné

     

    Et ferme les volets sans bruit

     

    Dès qu'elle s'endort sur le tapis

     

    Elle redoute de lui manquer

     

    Pourtant ça ne saurait tarder

     

    Et voudrait qu'il se lasse avant

     

    Qu'elle ne s'éteigne doucement

     

     

     

    Dans une prairie voisine

     

    Poussait un tendre chardon

     

    Qui griffait de ses épines

     

    Un cœur de fleur de coton

     

    Tout le reste on le devine

     

    N'est que pure imagination

     

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  • (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Madame Antoine

    Écouter « Madame Antoine »

     

    Elle a mis ses plus beaux bijoux

     

    Poudré son cou et ses épaules

     

    Son miroir la trouve à son goût

     

    Noble et si digne de son rôle

     

     

     

    Madame Antoine est belle

     

    Bergère et frivole dit-on

     

    Paris amoureux d'elle

     

    Lui clame déjà sa passion

     

    L'étrangère est pucelle

     

    Ses doigts crispés sur le balcon

     

     

     

    Dans sa camisole rayée

     

    La captive a perdu son charme

     

    Sous sa charlotte elle a caché

     

    Ses cheveux blanchis par les larmes

     

     

     

    Madame Antoine est vieille

     

    Elle entend chanter son mitron

     

    Si les Français la veille

     

    Ont mêlé du sang à son nom

     

    La reine qui s'éveille

     

    N'en connaît pas bien la raison

     

     

     

    Une simple robe de deuil

     

    Sous une nuque rase et sage

     

    Plus la moindre trace d'orgueil

     

    Sur la pâleur de son visage

     

     

     

    Madame Antoine est veuve

     

    Sur la charrette de Sanson

     

    La condamnée sans preuves

     

    Affronte le sombre horizon

     

    De sa dernière épreuve

     

    L'échafaud le panier de son

     

    Place de la Révolution

     

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  •  

    Je voulais

    (Auteur : Marceau Piana / Compositeur : Michel Pierozzi)

    Écouter « Je voulais »

     

    Je voulais vivre seul avec mes souvenirs

     

    Et m'enterrer vivant dans mon fol univers

     

    Je voulais m'exiler pour ne plus revenir

     

    Dans l'étrange clarté d'un éternel hiver

     

     

     

    Je voulais simplement disposer de ma vie

     

    Et rire un peu de tout avant que d'en pleurer

     

    Je voulais m'enivrer quand j'en avais envie

     

    Et m'assoupir aussi en toute liberté

     

     

     

    Mais il vous a suffi de croiser mon chemin

     

    Mais il vous a suffi de me tendre la main

     

    Pour que je ne veuille plus rien

     

     

     

    Je voulais qu'on m'oublie dans ma prison debout

     

    Et qu'on me laisse enfin jouer au vagabond

     

    Je voulais découvrir la peur par petits bouts

     

    J'avais appris l'ennui et je trouvais ça bon

     

     

     

    Je voulais m'étourdir au bruit de mes pensées

     

    Et m'étendre un matin sous l'aile d'un buisson

     

    Je voulais m'enhardir et m'entendre glisser

     

    Dans le vide infini de mes pauvres chansons

     

     

     

    Mais il vous a suffi de me parler de vous

     

    Mais il vous a suffi de m'attacher à vous

     

    Pour que je ne veuille que vous

     

    Pour que je vous suive à genoux

     

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